MwjKK&cn, Hanoukafi, loc. cit
3. JosÈPUiî, Àntiq., liv. XII, ch. xvu; ~ I Macchabées, cli. xvii, 22,
142 LES PilAUlSIENS.
Oïl ne sait pas ce qui advint du côté des Perses. Mais le parti liassidéen éprouva une grande irritation du dédain avec lequel ses réclamations étaient reçues et de la façon dont désormais il paraissait écarté des affaires. Il se retira sous sa tente, rentrant, comme autrefois, dans sa vie d'études à laquelle l'élan du patriotisme l'avait un moment arraché. Cette attitude, plus que réservée sinon complètement hostile, exerça une fâcheuse influence sur l'opinion publique. Juda Macchabée vit considérablementbaisser son autorité morale et une circonstance désastreuse lui montra bientôt à quel point s'était amoindrie la confiance qu'il inspirait.
Alkimos ne s'était pas tenu pour vaincu. A force d'intrigues , il obtint encore du roi de Syrie qu'une nouvelle expédition serait dirigée contre la Judée. Connaissant l'opposition des Hassidim, il crut, sans doute, que le moment était favorable pour tenter un eflbrt décisif, en profitant des dissentiments qui existaient au sein du parti vainqueur. Bacchides fut encore investi du commandement des troupes qui s'élevaient à 20,000 combattants. L'armée d'invasion assiégea d'abord et prit Masaloth ; puis elle s'avança sur Jérusalem. Juda se trouvait alors à Bézeth, d'après Josèphe, à Ëléasa, d'après le UVre des Macchabées, ayant avec lui à peine 3^000 hommes. Jadis aucun de ses soldats n'aurait reculé devant cette lutte dispropor-
tionnée,' certains que la victoire leur serait donnée par , le secours duTout-Puissant. Mais, cette fois, les pieux Hassidim n'étaient plus là pour soutenir leur courage et leurs espérances. La plupart désertèrent *. Il, ne resta que 800 hommes en face de 20,000 Syriens. L'issue de cette lutte inégale ne pouvait être douteuse. Le héros' juif ne voulut pas fuir et Josèphe met en sa bouche, à ce moment suprême, des paroles dignes de sa valeur et de son caractère. 11 fallut céder au nombre. Le vaillant champion de l'indépendance juive, mortellement atteint, expira au milieu de ses héroïques compagnons. Bacchides put entrer en triomphateur à Jérusalem, où il imposa de nouveau Alkimos.
Pendant une trêve, Simon et Jonathan enlevèrent le corps de leur frère et l'ensevelirent à Modiin, au sépulcre de leurs ancêtres. Tout le peuple porta le deuil du glorieux vaincu, avec tous les honneurs qu'Israël avait coutume de rendre à la mémoire des hommes illustres, s'écriant dans une douleur profonde : « Hélas ! » hélas ! comment est mort le puissant qui délivrait » Israël! ^ » Vaines lamentations ! Le trépas de Juda Macchabée fit perdre, en un jour, le fruit de tant de victoires. Le parti helléniste, avec Alkimos à sa tête, reprit le pouvoir, exerçant partout les plus cruelles représailles, et les Hassidim purent éprouver rudement
1. 1 Macchabées, ch. ix, 6; — Joskphe, Anliq.^ liv. XII, cli, xviii.