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« Tout autour des paupières et des sourcils, montait la vapeur de la pupille brillante, dont les racines bruissaient au feu. » Cet œil rond de la Solfatare, à d'autres égards encore, ressemble au Kyklope odysséen. Comme Polypheme, il sommeille parfois et ronfle, et parfois, en |)lein sommeil, il se met à vomir des matières liquides et des morceaux plus denses. H rote aussi et parfois, s'éveillant, il entre en de terribles colères, hurle, gémit et lance des pierres grosses comme des monts. Voici une page de géologie, qui me semble commenter assez lidèlement certains vers odysséens :
Le type normal de l'aclivité volcanique est une succession de paroxysmes ou éruptions, scparés les uns des autres par des périodes de repos plus ou moins complet :
aÙTao kizs}. Kuxaco']/ jxsyxXTjv ètxTrXr^daTO vy,oÙv,
X£it' £vto<76' àvTûoto TavuccâitÊvo; ùik {jly,X(ov
6 o'eusiTQt yoAcuffaTO x'/i&ôOi [Jia/vXov...
Tj xaî avaxXivôslç ttÉcev utttio;, aùrko eTcsiTot xeiT^ airooo/fxcofjy.ç 7:a/ùv OLÙyi^x, xào 8é ^iv utcvo; y,s£t TravoajJLâTcDp.
Chaque paroxysme met en évidence d'une i)art la force élastique des gaz intérieurs, capable de provoquer de violentes explosions,
(îaspôaAEOv oè [xsy' oj{JLct);ÊV, 7r£p\ o' Ta/E ttetst,,
(l'autre part la tendance à l'ascension des matières fluides sous l'ccorce. Ces deux sortes de manifestations se produisent quelquefois l'une sans l'autre. Mais, d'ordinaire, elles ont lieu toutes les deux, le phénomène explosif précédant toujours l'ascension de la lave. Les signes précurseurs d'une éru[»tion consistent dans l'accroissement des émissions de vapeur et dans la production d'ébranlements du sol avec bruits souterrains :
K'jxAco'^ 0£ fjTîvâ/tov T£ xai tLoi'vo)v... Le fait capilal d'une éruption volcanique est l'émission de la lave. Le mot lave désigne
sinipleiDont une roche en fusion et peut s'appliquer à des produits très différents par leur texture, leur densité, leur aspect et leur composition. La lave est toujours caractérisée par la présence de matières vitreuses, c'est-à-dire amorphes, et de cristaux, qui s'écoulent avec la masse liquide en perdant quelquefois, par l'effet de la température, la netteté de leurs arêtes. Au Vésuve, en 1887), un courant de lave avait à sa surface une couche vitreuse remarquablement fluide, où se trouvaient de nombreux cristaux, bien développés, de leucite :
cpâpuyo; o'ÈÇsçfjuTO otvo;
'W[JLOl t' àvopÔjJLECt.
iMais, avant l'émission de lave, il y a des préliminaires, des explosions, des projeclions de vapeurs, de pierres, de cendres et de débris.] L'éruption proprement dite eonmiencc par des craquements dans le cratère, dont les parois internes s'écroulent en partie. Leurs fragments, mêlés à des blocs de lave incandescente, formeront les bombes et les lapilli ou rapilli. Le bruit des érupti(»ns est tantôt intermittent,
60' egsuvêto olvoêapsuov.
tantôt continu comme un roulement de tonnerre. La clieîninée du volcan, pendant l'éruption, peut être considérée connue une mine en charge continue (cf. l'estomac du Kyklope après le repas). Les explosions produites par la vapeur d'eau projettent en l'air la lave de la surface et les écumes qui la recouvrent. Ces éléments, devenus solides dans leur course aérienne et mêlés aux fragments que les explosions enlèvent aux parois du cratère, retombent en partie dans la cheminée pour être de nouveau projetés; mais la plupart viennent tomber h l'extérieur du cratère. La grosseur des blocs rejetés varie habituellement de celle de la tête humaine à la dimension du poing. Mais on en peut voir de beaucoup plus gros. Ainsi, en 1555, le Cotopaxi a rejeté des masses de 5 mètres et, en 1825, le Vésuve a lancé des morceaux d'un conglomérat de scories ayant jusqu'à 2", 50 de diamètre. La force de projection des volcans est énorme. Les blocs lancés par l'Etna peuvent aller jusqu'à 2000 mètres. La projection des matières solides n'a pas toujours lieu uniquement par la cheminée centrale. On a vu des fissures latérales donner issue à des jets horizontaux de pierre et de cendres*.
— En arrivant dans l'île de Stromboli, raconte Spillanzani, j'avais choisi mon logement dans une maisonnette située à deux milles du volcan. Le vent du Sud-Ouest soufflait avec impétuosité. Le ciel, qui était serein et que la lune n'éclairait pas, brillait au-des.sus du volcan. On eut dit d'une aurore boréale, qui, de temps en temps devenait plus rouge et plus resplendissante. Alors les jets de pierres enflanunées s'él(»vaient plus haut, les grêles étaient plus épaisses et le bruit qui les suivait plus retentissant. Les habitants me disaient que ces éruptions-là étaient peu de chose en comparaison de plusieurs autres, qui, en peu d'heun»s, avaient lancé des pierres sur l'Ile entière, au grand dommage des vignobles et des bois voisins du volcan.... Le volcan éclata : un jet énorme de laves embrasées, teintes d'un rouge obscur et enveloppées de fumée partit subitement du sonmiet de la côte et s'élança dans les airs, l'ne partie de ces matières retomba sur la pente et roula (mi débris. Les plus gros s'échappaient en larges bonds, se précipitaient dans la nier et au moment de leur innnersion, produisaient Uîi son aigu semblable à celui du fer rouge quand le forgeron le plonge dans l'eau*....