CHAPITRE I
L'ILE AIOLIË
Marc. Heracl., Geog. Graec. Min., I, p. 565.
De là nous naviguons au plus loi, le cœur navré, conlenls d'échapper à la mort, mais pleurant nos chers compagnons.
Nous arrivons dans Tile Aioliè. Là demeurait Aiolos Hippoladès, cher aux dieux immortels, dans une île flottante, qu'un mur de bronze infrangible ceignait tout autour; une pierre chauve s'en élançait vers le ciel :
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Pour ce voyage entre les Kyklopes et Tile Aioliè, le poème ne nous donne encore aucune indication précise de temps, de distance, de vent ni de marche. Mais les Anciens s'accordaient à retrouver celle île Aioliè dans la plus orientale des Lipari, dans Tlle Ronde que les Grecs nommèrent Strongulè : les Italiens en ont fait Sfromboli. Nous ouvrons les Instructions nautiques :
Celle île, la plus N.-E. du groupe des Iles Lipari, s'élève en forme de cône à 9iO mètres au-dessus de la mer. Tout dans son ensemble indique qu'elle est le produit des feux souterrains. Le cratère, qui fait face au N.-O., est à peu près au tiers de la montagne, à partir du sommet. Il est continuellement en ignition, avec de fréquentes explosions, et il vomit constamment des matières enflammées. D'après le dire des insulaires, les perturbations atmosphériques auraient une grande influence sur le volcan; ainsi les tempêtes, particulièrement celles venant du Sud, sont précédées d'épaisses niasses de fumée. Malgré l'existence de ce volcan, Slromboli est très fertile et produit un des meilleurs vins de la Méditerranée, du froment, de l'orge, du coton, des raisins, des flgues, etc. Les cultures sont belles et s'étendent assez haut sur la monlagne.
Le principal bourg, défendu par une batterie, est sur le côté Est de l'île. Il est