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partagé en deux parties, formant les paroisses de San Vincenzo et de San Rarlolomeo. Les maisons sont basses et à terrasses. Quelques-unes ont deux étages. On voit encore des traces d'anciens édifices et de tombeaux. A San Vincenzo, il y a une fontaine alimentée par une petite source de la montagne. La plage, placée au-dessous dos maisons, est de sable noir brillant et se termine par la pointe rocheuse délia Scaro, où il y a une grande caverne appelée Grotta dei Bovi Marini ou Grotte des Veaux Marins. Cette caverne a 25 mètres de long, iO mètres de large h l'entrée et 2 mètres de Ijaut. L'extrémité Nord de l'île est composée de lave rugueuse. La côte N.-O. forme une petite baie, qui se trouve immédiatement au-dessous du cratère, et le volcan y projette fréquemment une pluie de pierres incandescentes. La côte Ouest de l'île est également composée de lave rugueuse. L'extrémité Sud est une pointe basse de galets. Le long de la côte, de ce point à San Vincenzo, il y a plusieurs excavations. L'une dans la colline, un peu au-dessus de la Funta del Uomo, est remarquable parce qu'on y trouve le beau et brillant minerai de fer appelé fer spéculaire*.
Cette page des Instnictions nautiques nous offre de nouveau, en raccourci, toute Thistoire véridique du Kyklope qui gronde, vomit et lance des pierres : c'est quelque Instruction semblable sur les volcans de la Campanic qui servit de modèle au poète odysséen. Mais cette page nous offre aussi la fidèle peinture de File Aioliè. Stromboii, qui surgit de la mer, au Nord du détroit de Messine, est un cône volcanique. Vue du sommet ou des pentes de la montagne elle-même, Tile se présente aux insulaires comme faite au tour, toute ronde dans un cercle d'eau : on comprend le nom que lui donnèrent ses colons grecs, Strongulè, la Ronde. Mais si les insulaires la peuvent voir ainsi, les navigateurs l'aperçoivent autrement : avant de la voir ronde, ils la voient haute, très haute. Elle atteint presque mille mètres d'altitude et, de son cratère, monte une colonne de fumée durant le jour, une lueur de feux intermittents durant la nuit, si bien qu'on aperçoit cette île de tous les rivages voisins :
Étant parti de Naples pour me rendre en Sicile le 24 août 1 788 et ayant dépassé, à l'entrée de la nuit, les bouches de Capri [c'est la sortie du golfe des Kyklopes], je commençai à découvrir ce phénomène bien que j'en fusse éloigné de cent milles. Il apparaissait comme une légère bouffée de flammes, qui, à l'improviste, frappait, mais faiblement, les yeux, durait deux ou trois secondes et disparaissait tout d'un coup. Au bout de dix ou douze minutes, la flamme reparaissait, puis s'éteignait de nouveau. Les matelots regardaient ces feux avec plaisir; ils me disaient que, sans eux, ils courraient souvent risque, dans les nuits obscures ou orageuses, ou de faire naufrage en pleine mer ou de se briser sur les côtes voisines de la Calabre. Quand le jour fut venu, je me trouvai très près de l'île volcanique. La vive clarté du soleil avait fait disparaître la lumière du volcan. Je ne voyais plus à la place des flammes que des fumées.... J'avais devant moi Stromboii. Sa cime était couverte d'une fumée très épaisse*.
Cette Ile Haute n'offre aux navigateurs qu'une seule plage de galets. Partout ailleurs, c'est un talus abrupt, une muraille presque droite, avec des coulées de
i. Inslnict. naut., n» 708, p. 236-237.
2. Spailaiizani, Voyage des Deux-Sicilcs, trad. G. Toscan, II, p. 57.
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