‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 209 sur 343 · I. De Forosta, Lettres sur la Sicile, I, p · texte numérisé non relu

I. De Forosta, Lettres sur la Sicile, I, p

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L'iltî lit» CaprtM» cl \v Cap dolia Cainpaiiella resserrent la nier et ue laissent au pih»le (|irun passaj?e étroit et dangereux, dépendant, grâce à l'habileté de nos niariniei's et à la connaissance qu'ils ont de tout*» cette cAte, nous avons doublé le Cap sans accidcnl et nous avons débarqué, après avoir fait trente milles, en un endroit assez chétif nommé Donna Oveia, servant de retraite à quelques misérables occupés de la pèche du thon.

N'allez pas croire que ce soit l'agrément du lieu qui nous ait engagés au débarquement : rien moins que cela; c'est la prévoyance de notre patron, qui, lisant dans les cieux une tempête prociiaine, nous a exilés sur ce rivage. Que le mol d'exil ne vous paraisse pas trop fort : nous nous trouvons dans un endroit vraiment désert, sans pain, sans viande, avec de mauvais vin, point de lit et forcés de couciier sur le spéronaiv. i.a prédiction de notre ï)atron a été acconqilie. Nous avons eu toute la nuit une tempête elfroyable. Tn moment la mer était si grosse et ses vagues s'élevaient si forlemeni, que nos mariniers ont été obligés de tirer leur bâtiment encore plus haut sur le riva^rc de huit à neuf pieds.

Le sc/iiroc, qui souffle avec violence, relâche nos fibres et nos nerfs au point qu'on se sent une espèce de dégoût général pour toute espèce de travail. D'après le voyage et la relation de M. Brydonne, je croyais que ce vent destmcteur et malfaisant no régnait que dans le fort des chaleurs; mais sur ces parages <m est accoutumé à \v sentir dans toutes les saisons. Le désagrément même de ces mers, en hiver, est de voir subitement naître ce courant dans les airs et étendre sa puissance avec la plus grande violence pendant quinze ou vingt jours; il enchaîne, pour ainsi dire, à une côte souvent inculte le voyageur surpris tout à coup par cet ouragan. Voici déjà trois jours qu'il nous retient ici; (jui sait pour combien nous en avons?

Tout le long de la c(Me, à la distance d'un mille l'une de l'autre, sont élevées des tours en maçoimerie, dont chacune renferme quatre invalides et un sergent, destinés à épier les descentes que les Turcs pourraient faire et à en aveilir aussitôt les garnisons voisines par des signaux placés à cet usage au haut de ces tours.

Nous avons été obligés de nous arrêter à Donna Overa depuis le t25 novembre jusqu'au 28. Nous en sommes enlin partis le 29 avec un vent favorable, cjui nous a fait traverser en peu de temps le golfe de Salerne, qu'on regarde comme très périlleux, à cause des courants d'eau qui y régnent et qui auraient pu facilement faire chavirer notre bâtiment. Mais sur les huit heures du soir, le 29, le vent devint si violent, que nous fûmes obligés de relâcher et d'aborder à Garouflle, l'ancienne Agropolis, qui n'es! plus qu'un misérable bourg. La triste apparence de ce nouveau séjour nous effraya beaucou[) d'abord, lorsque notre patron nous annon<;a le soir que de quelques jours nous ne pourrions nous remettre en mer. Nous nous consolâmes bientôt de ce contretemps en apprenant qu'à quatre milles seulement d'Agropolis, étaient situés les fameux temples de Paestum....

Ayant achevé notre tournée de Paeslum, et le vent s'étant déclaré favorable, nous nous sommes remis le 2 décembre en mer. Mais une petite bourrasque nous a obligés d'aborder de crainte de chavirer.... Enfin après avoir trois fois descendu sur le rivage, nous sommes enfin arrivés aujourd'hui (h décembre) à la rade de Messine *.

Si les bateaux, qui descendent vers Messine, trouvent aux Bouches de Capri les rafales contraires du sirocco (vent du Sud), inversement les bateaux qui montent vers Naples y trouvent les interminables courants de mistral : aux uns et aux autres, il faut un reposoir. Faute de prévoir les coups de vent, le capitaine

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