CHAPITRE
Ce mol de coursatres ost bien entendu os régions méditerranéennes. P. Belon, les Singularilez, II. p. 10.
Ulysse commence le récit de son Retour, de son Nosfofi, dans l'assemblée des Phéaciens :
Je vais raconter mon noslos et les maux que Zeus m'envoya depuis le départ de Troie.
En partant dJlion, la brise me portait. Elle m'approcha d'Ismare chez les Kikones. Là, je pillai une ville : nous tuâmes les hommes; nous enlevâmes les femmes et les objets de valeur en grand nombre, et nous fîmes la distribution en parts si égales que personne de mes équipages n'eût rien à dire. Alors j'aurais voulu que nous prissions la fuite. Mes équipages, de grands enfants, ne voulurent pas m'écouter. On se mit à boire, et beaucoup, et du vin pur. On rôtit sur la plage nombre de moutons et de grands bœufs lents aux cornes recourbées. Tant et si bien que les fuyards s'en allèrent prévenir les Kikones du voisinage. Plus nombreux et plus braves, les gens de l'intérieur envoient leur infanterie montée, qui savait combattre à pied ou à cheval suivant le besoin. A l'aube, les voici qui surgissent dans la plaine, comme les feuilles et les fleurs du printemps. Hélas ! pauvres de nous ! le mauvais vouloir de Zeus combat avec eux pour nous accabler de malheurs. Ils viennent engager la bataille jusqu'auprès des croiseurs [échoués à la plage]. On en arrive aux coups de lance. Ils étaient les plus nombreux. Sans défaillance, nous tenons bon tout le matin et tant que croît la sainte lumière. Mais quand le soleil se mit à décliner vers le couchant, les Kikones l'emportèrent et firent plier nos Achéens. Chacun de nos vaisseaux perdit six hommes à cnémides. Les autres, nous pinnes échapper à la mort.
De là nous reprenons la mer, le cœur navré, contents d'échapper à la mort, mais pleurant la perle de nos camarades*.
En ce premier épisode du Nostos, on peut étudier de près la vie des corsaires aux temps homériques. Or, il faut étudier cette « course » de très près, si Ton