‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 103 sur 277 · L'ILE DE LA CACHETTE · texte numérisé non relu

L'ILE DE LA CACHETTE

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Odyaa., V. 55.

Il<-. i nombrils de la mer », caverne, sources, prairie, oiseaux marins, les mouillages el la ville de Mégare remplissent huiles les conditions de notre paradis homérique el gardent tous les souvenirs d'un débarquemenl phénicien. Sur le pourtour de la Méditerranée, il esl probable que d'autres siles pourraient, m nous connaissions très bien leur histoire, fournir les mêmes témoins de la môme thalassocratie. De Tyr à Cadix, de Carthage à Chalcédoine, ce site typique peul se retrouver en nombre d'endroits, el partout les Phéniciens ont dû relâcher el s'établir. Car nous verrons qu'une thalassocratie primitive, ;i cause du faible tonnage "le ^c^ barques, suppose une multitude de points d'appui — Mais l'Ile homérique de Kalypso est précisément localisée comme elle est iidèlemenl décrite. Elle ne f >« *t 1 1 se trouver qu'en une certaine région de la Méditerranée, aux extrémités du monde, -tj.'Ji èoûffa, dans la parenté, c'està-dire dans le voisinage, du Pilier du Ciel. Elle est fille d'Atlas, l'Homme aux Colonnes qui séparent le ciel et la terre. .Nous savons maintenant la juste valeur *\r ces filiations anthropomorphiques. Les Hellènes personnifiaient les colonnes <\r leurs temples : ils onl personnifié de même le Pilier Céleste que les premiers navigateurs avaient découvert au boni du monde méditerranéen. A cet Vtlas, ils ont donné pour fille une Ile toute voisine, comme ils ont donné lu Koehe, Skylla, pour fille à l'Épervier, Nisos, ou la Source, Ino, pour mère au Roi de la \illr. Mélikertès. Il sul'lil de découvrir le sile exact de l'Atlas homérique : l'Ile "le Kalypso devra se trouver à ses pieds.

Dans l'antiquité comme aujourd'hui, le nom d'Atlas a pu s'appliquer à différentes choses. Les raphes gréco-romains comprennent dans Atlas toute la chaîne cùtière de l'Afrique mineure. Cette appellation subsiste encore dans nos m. d-. S Ira bon, comme nos traités t\<- géographie actuels, pense que l'Atlas

v. BERARD. — I.

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étend de l 'Atlantique au golfe do li 1 1 1 1 • < > 1 1 1 . m t m ■ . < 1 1 1 ..i|i Kuti (Sparlcl aux Syrtos'. C'esl bien l'ensemble du ces mêmes chaînes parallèle que non appclon <- 1 h 1 1 1 * - aujourd liui Ulas. M. us relie extension iln nom h toute la < haine m • i von ne qu'assez tanl. V l'origine, Ulas est nu monti nu pic, non pa une < lialm \ travers la Libye, de Thèbes l'hgyptieuno aux Colonnes d Hercule, /. -- '->/•, - .,/

>.'/ \'.--jttt'.Mv ,'n II //./ / 2 -':/,/ '-. entre le désert cl le rivage peuplé de laHes fauves, la Libye S> ipmôSti;, Hérodote trace un Rempart des Sables jalonné, de dix jours en dix jours de route, par une butte de sel à pins cristaux, d nù jaillit une fraîche eau douce; la dernière de ces buttes près «les Colonnes d Hercule est attenante à l'Atlas, montagne étroite et toute ronde, raivôv xal xuxXo Tspàç, si haute que l'on ne saurait en voir les sommets, u'ir,Xàv ai outw or, ti XéYcrai w<; tàtç xopucpàî xutoû oux otà t: tivat loityflai. Cet Ulas, que jamais, été comme hiver, les nuages ne découvrent, ouoéxoxs y^p xutîw àTcoXeîireiv vlcpcot outs 8ipeo; outc vetaûvoç, les indigènes l'appellent la Colonne «lu Ciel, tojtov xîovoc toû oupavoû Xévouo'i oi Eittvtôptoi sivai*. .Nous retrouvons ici notre Ulas-Colonne Céleste de l'Odyssée. La Colonne d'Atlas est, pour Hérodote, voisine des Colonnes d'Hercule : dans la légende, Hercule vient soulager Atlas et prendre un instant sa place. Or voici comment nos marins décrivent aujourd'hui ces parages :

Pour les navires venant de la Méditerranée, les points d'atterrage du détroit de Gibraltar, disent les Instructions nautiques, sont le morne de Gibraltar sur la côte d'Espagne, le Mon! aux Singes e1 la presqu'île de Ceuta sur la côte d'Afrique. Si le temps est clair, on pourra voir à une grande dislance le morne de Gibraltar et le .Mont aux Singes. Ces terres apparaissent I»' plus souvent comme «les îles d'une reconnaissance facile par les formes qu'elles affectent. Le morne de Gibraltar présente à son sommet une arête assez étendue, s'inclinant légèremenl du Nord au Sud. Le Mont aux Singes

présente deux sommets coniques très rapprochés \. Gibraltar les vents d'Est dominent

pendant les mois de juillet, août el septembre. Ce sont des vents très humides; ils amènent toujours avec eux des bruines sur les terres, et ces brumes deviennent d'autant plus épaisses que la brise est plus fraîche. Les rosées abondantes, la brume sur les terres el principalement des pannes de brume, qui se forment sur le sommet du morne de Gibraltar et sur celui du Mont aux Singes ou sur le liane de cette montagne, sont les indices à peu prés certains de la venue des vents d'Est. Ces caractères se présentent pendant toute la durée de ces vents. Pendant la belle saison, les vents d'Est amènent rarement de la pluie dans le détroit. Toutefois ces vents étant plus humides à son entrée orientait» qu'à son entrée occidentale, il arrive souvent que les brumes humides qui se forment au sommet de Gibraltar et du Mont aux Singes donnent de la pluie au pied de ces bailleurs, tandis que dans le détroit le ciel reste pur3.

Ce Mont aux Singes, dont la tête se cache dans les brumes du ciel est >< la Colonne du Ciel », comme disent les indigènes, « le Pilier », àkXaç, atlas, comme

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