‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 104 sur 277 · Instruit, ntiiit .. n' 259, p. 53-54, (i · texte numérisé non relu

Instruit, ntiiit .. n' 259, p. 53-54, (i

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disent les Hellènes. I «• personnage d'i4//mi n'est qu'un nom commun personnifié. Itans l.i langui1 «li"- Ioniens, alla*, ïrXaç, esl \cportant : -/.*(•>. porter1. C'esl un synonyme de telamon, nu équivalent de /./<<//. qui Ions deux désignent «les sup- |M)rts d'une forme particulière. Le légendaire ^Uas se nomme aussi Télamon. Dans les inscriptions du Pont Kuxin, telamon esl **t»i |»l«»x t* couramment aux lieu il place de colonne', kmov ou tty/.y. diraient les autres Grecs. Le commerce ionien, qui ;i\.iii transporté le mol dans ces colonies milésiennes, le lil prévaloir aussi dans les colonies de la Grande Grèce cl. par elles, dans toute l'Italie : les architectes romains appellent telamones les supports à figure humaine que les Hellènes nomment atlantes, ixXavTe;. Atlas n'est doue bien que le Pilier, H ce Pilier, c'esl le Monl aux Singes.

Venus de l'Orient, les navigateurs de la Méditerranée primitive ne pouvaient enliler le détroit que par des vents d'Est. Ils ne naviguaient d'ailleurs que pen-

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il.inl les mois «I été où ces vents dominent cl ■ amènent a\cc eux des brumes -m les terres ». IU n apercevaient donc les deux sommets du Mont aux Singes. -.) : /.'j-.j-.j: ■)>-.', j. dit Hérodote, que perdus dans la brume et couronnés d'un chapiteau de nues sur lequel reposait le ciel. <m comprend mieux alors la phrase d Hérodote : la montagne est, dit-on, m haute que jamais on n'en peut Mm les sommets, v\>vXv* oè outw v/ -: /.ï-'i-'v. uc ?àr xosusàc kutoû oux olà ~i ..t'jv..

Le phénomène devait paraître d'autant plus étrange a ces navigateurs orientaux que leurs montagnes a eux peuvent durant l'hiver s'encapuchonner de nuages, mais dès que l'été revient ci tant que l'été dure, sauf quelques orages, leurs sommets étincellenl dans les cieux dégagés. Ici. c'est été comme hiver, • esl même été plus qu'hiver, que le mont s'enveloppe : • jamais, été connue hiver, les lu murs ne l'abandonnent i. Pour illustrer le texte d'Hérodote, les Instruction* nautiques américaines nous fournissent un dessin. Vovcz comment

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Nos Instructions nautiques ajoutent Loi qu'on aperçoit le met iln

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rci i.iiii qui! les vcuts d'Ouest no tarderont pas h s élahlii l'ai lu vent il Due i. le Moiii ;m\ Singes perd sou chapiteau de brumes. Il resse d être In Colonne du Ciel. Voilà i|in nous explique, je crois, l'histoire il Ulos durant I antiquité' plus récente : Itlas, à l'époque classique, émigré du détroil vers la côte atlantique. C'est que les marines «le In Méditerranée gréco-romaine, familiarisées avec le détroit, prirent l'habitude d'un trafic régulier vers les ciHes atlantiques ri surtout vers Gades : elles eurent doue à se servir des vents d'Ouest pour leur rentrée dans la mer Intérieure, aussi souvent que des vents d'Est pour leur sortie vers la mer du Couchant. Le Moni aux Singes cessa de leur apparaître continûment enveloppé de brumes.

\ l'entrée occidentale du détroit de Gibraltar, entre Cadix cl le cap Trafalgar, le vent d'Est est sci' cl à rafales; le ciel est généralement pur. lie légers nuages se montrent parfois cl lorsqu'ils s'amoncellent au sommet des montagnes voisines, ils indiquent que le vent d'Est règne dans le détroit. En même temps un brouillard blanc plane au-dessus des terres, s'épaississant vers l'horizon. Ce brouillard dure autant que le vent d'Est et annonce même son approche. Mans l,i belle saison, les venis d'Est suiii plus constants ci plus Irais que les vents d'Ouest. Ces vents d'Ouest n'ont pas les mêmes caractères dans les diverses parties du détroit. Ils amoncellent des nuages sur les côtes atlantiques à l'entrée Ouest, à Ici poinl qu'on aperçoil difficilement ces côtes. Le ciel s'éclaircil à mesure que Ton pénètre dans le détroit, (in le trouve pur dans la Méditerranée. Lorsque les sommets du Moni aux Singes et de Gibraltar deviennent clairs et viables après avoir été enveloppés de nuages, on peut être à peu près certain de l'approche du Poniente, surtoutsi les nuages disparaissent complètement, liés que le vent d'Ouest est établi, les montagnes et le ciel deviennent clairs1.

Que l'on regarde maintenant les vues de côtes publiées dans nos Instructions nautiques. Les marines classiques, rentrant de l'Atlantique vers la Méditerranée, voguaient d'Ouest ou Ksi. Pendant cotte traversée d'Ouest en Kst du détroit, le Mont aux Singes esl toujoursà l'horizon dé droite ; jamais il ne disparaît derrière ou devant d'autres terres : sa colonne ronde et étroite. ttsivov xal xuxXoTîpèç -àvTr,, est toujours dégagée, toujours au premier plan. Le détroit a donc toujours sa colonne. .Mais ce n'est plus la colonne du ciel. le pilier des nues, car les vents d'Ouest brisent et dispersent le chapiteau de bruines. Or les navigateurs des âges classiques connaissaient, par la légende homérique et par tous les manuels de géographie, le Pilier dos Nuages, « la Colonne de Bronze inaccessible, voilée d'é'paisses nuées ».

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