I. Avien., IN
■1. instruct. iniiit.. n' 259, p. 29-50.
i. Iiisiiini. mini., ir 259, i). 78-79.
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un !•» m mouillage que nous étudierons i « >i 1 1 ;i l'heure. Cel abri sons le seul de
I Ile .i valu à toute lo rade el au porl voisin le nom qu'ils portent depuis les
Vrabes, la Bade de l'Ile, le Porl de l'Ile, Al-Djezire, Ugésiras. M;iis Pile elle-
même n'est |»;is irès hospitalière aux marins: « On ne doil pas s'approcher de
I Ile Nerte poui éviter la basse de ce nom, roche isolée au nord de l'Ile. Les
roches de In Calera rouvrenl el découvrent à chaque marée. » Mot pour mol
encore, lotit cela concorde avec les renseignements d'Euctémon. Il semble donc
que, pour lui. les Colonnes soient non pas des pics de chaque côté du détroit,
non esse taxa aui verlices adsurgere parle ex utraque, mais des lies dans le
détroit même, |»lus proches, ^;uis doute, de la côte espagnole que de la côte afri-
cainc, à dislance presque égale cependant de Gibraltar et du Muni aux Singes,
dans les deux petites Iles voisines de l'un cl de l'autre, -a/t'.ov éxatépou i • i
'i-'/rji », comme dil Strabon, • dans l'Ile d'Héraklès el dans l'Ile d'Hèra ». comme dit Eurtémon on iviénus : Strabon ajoute que des deux Ilots, qui sont les Colonnes, l'une est I Ile d'Hèra, oûo vratôta. wv QdTepov Hoas vr»ov ovouâ-
1', ;T'./- /.T. '//, TW8Ç Xal -.Jj-.J.i 1t//.-/,- x//.0J"7'./.
C'est là uni' conception purement grecque des Colonnes, car elle ne put sortir que d'une vue grecque de ers côtes. Sans grand effort, nous pouvons reconstituer cette vue grecque ri I opposer ii la vue sémitique qui nous esl déjà familière, mais qu'il laul reprendre encore.
Venus du Sud-Est el cabotant If long de la côte africaine, les Sémites n'apercevaient qu'une colonne dans le détroit, ta Colonne, le Pilier. Car, sur la côte africaine, Coûta n'esl à leurs veux qu'un cap effilé, mais sans hauteur, qui ne se distingue en rien des autres caps africains (leurs navires viennent de doubler, à l'Ouest des bouches de la Molouia, un promontoire ri uni' petite péninsule de roches, toute pareille à Ccuta : /" Grosse Tête, comme ils disent, -'~x om, Rohm Addir, nue lt"> Grecs mil traduit en MeviAr, Axose, le Grand i "/". Sur la côte d'Europe, Gibraltar ne leur apparaît pas non plus très haute : ce n esl qu'un promontoire aussi, très peu distinct au-dessus de l'horizon cl collé sin l'écran des hautes terres; la distance diminue encore s;i hauteur absolue qui n esl pas grande : « \ une certaine distance, disenl nos Instruction*, cette montagne se confond quelquefois avec les terres hautes qui entourent la baie d'Algésiras ■■. Pour les caboteurs africains, If seul \lmii aux Singes, haut de huit c mis mètres, pointe doue jusqu'au ciel su tétc chargée de brumes : lui seul est la Colonne, Mula-Atlas. En face, la côte européenne n'aura |»;is un autre pilier, mais une coupe, Kalpè, v.v/-rt, la lasse, lu cruche, le ruse rond ei creux, comme dil V vienus, species nui teretisque visu urcei.
Kalpè esl un moi grec. Mais ce nom est-il un original grec ou la traduction
d'un 01 iginal éti angci ' Alla* missj est un mol grec : seulement c'est Ni traduction
|iie d on original sémitique. Comme [lias, Kalpè doil ('•In- une traduction.
Inventé par Ifs marins Grecs, pour décrire leur \i\c de Gibraltar, ce nom
sérail paradoxal. Les Hellènes sonl arrivés ici parle Nord-Est, If long des côtes
i n i ni i \ i \i m i 1 1
espagnoles ! ils \ i * 1 1 ; 1 1 1 - 1 1 1 de Mireille. \ lie Ici 1 1 . i \ I ; 1 1 . • 1 1 1 . \i- M \r ||(<
i.iln . 1 1 1 il apparull distinctement. M détache « I « * lu uni .1 raide el longue é< l »,
Homo conauvgit, dil iviénus : < 011 pourra voir i e grande 1I1 tance le morne
île Gibraltar, " disent les Instruction*, Morne^ échine, telle e 1 In vue de viiiv que les Grecs en arrivant sur la (IiHroil mil aperçue. Il- n mil pas pu voh une coupe ronde el creuse ». Mais renversons le poinl de vue : regardou Gibraltar du Sud. ici qu'on l'upereoil il*Afiaîc|iio : mi de la côte africaine, Gihraltai c confond avec les terres hautes qui entourent la haie il Vlgésiras »; ce qui frapiM' les regards «lu navigateur africain, ce n'esl plus un morue; mais c'est justement une lusse, je veux dire l'enfoncemenl circulaire «le cette baie, de celle grande coupe montagneuse, de celle anse, qui s arrondit el se creuse cl se perd dans le lointain, entre les caps de Gibraltar cl de Carncro.
Voila bien Kalpe, le vase rmnl el ereu\. kolpos, le golfe : les Hellènes donneront au golfe île Naples un nom similaire, le Kratère. Quand les Grecs succédèrent aux africains dans les parages espagnols, ils héritèrent de celle toponymie qu'ils traduisirent : mais ils appliquèrent leurs traductions de celle onomastique antérieure à leur propre vue de côtes el le malheur est que leur vue de côtes ne convenait plus à la vieille toponymie. Ce n'était plus un golfe qu'ils apercevaient, mais un morne. Le rocher de Gibraltar leur cachait la rade. Kalpè fut un nom bien traduit, mais désormais mal placé — Pareilles méprises sonl fréquentes, toutes les fois qu'un peuple emprunte l'onomastique du voisin ou du prédécesseur.
Dans celle Cruche, les Hellènes trouvèrent une lie el une ville de Melkart : sur l'île des Pigeons, il y avail un temple d'Héraklès ou de Melkart, et sur la côte espagnole, il y avail une \ille d'Héraklès ou de Melkart, nommée Karteia, Kxz-rJ.x. par les uns. Hêrakleia, 'HoaxXsîa, par les autres. Le nom môme de karteia Hêrakleia esl un indice : Nmp, Karta ou Kartea esl une forme emphatique de n^p. Kart, ou n*lp, Karia, la Ville. La Cruche sémitique avait donc sa ville d'Héraklès ou de .Melkarl. La légende grecque eul dans ces parages la Tasse ou la Coupe sur laquelle Héraklès avait navigué pour franchir le fleuve Océan, 70 oi-ac sv (o BisTtXsyo'sv 6 Ibax/.-r.: tov 'Qxsavàv, ou pour atteindre Gadès, r/,v tpiàXr.v xou.w'affOaîi tov lhax/.ia xal o\aiïXs,j<rai :L- 'Epûôsiav. Racontée déià par les plus vieux poètes d'êpos ioniens ou insulaires. Pisandros de Kameiros, Panyasis d'Halikarnasse, Phérécyde de Syros, celle traversée du détroit nous est peinte sur les vases archaïques i voir eu particulier la grande amphore portée sur les vagues, au milieu des poissons el des langoustes, où Héraklès, debout, coiffé de la peau de lion, tient lare et la massue, dans Roscher, Lexic. Myth., p. 2204). La légende n'esl ici encore qu'une traduction anthropomorphique de la vue qui s'offrit aux navigateurs grecs. Un temple d'Héraklès flottait dans celle coupe espagnole ; une île d'Héraklès occupait un coin de la tasse. Et l'autre légende herculéenne, la légende des Colonnes prit naissance au même lieu, à la même date, par le même procédé.
i i s fin Nir.iKNS et i '«'f \ ssi i
Suivant Hérodote, ici. lient des Phocéens (|iii les premiers [itii'iui les Hellènes avaient exploité commercialement l'Htruric, I 1 1 m • i i < • ci rartessos el qui étaient devenus U*s alliés «lu mi d'Espagne Vrganthonios1. Ces Phocéens étaient donc arrivés au Détroit par la côte Nonl-Kst, après avoir longé l'Italie cl l'Ihérie. Lu I » 1 1 < • « - < - 1 > 1 1 1 1 « * Marseille ;i\;iii rie une île leurs étaiics. Sur la côte espagnole, près île Malaxa, Mainakè passait pour la dernière de leurs colonies vers le couchant,
'l'(.i/.y •./.(•>/ rcôXeiov -v,; vvt.-'. xelUSVTjV*. D'avaUCC, gl'iU'C ;in\ poèmes
homériques qu'ils savaicnl par cuMir depuis l'école, tes Ioniens couuaissaicnl i les liantes Colonnes », ri voici qu'à l'entrée «In détroit, une paire «le hautes colonnes leur apparut, comme elle apparail encore h nos marins <|in suivenl l,i même côte espagnole. \u premier plan, bien détaché «lu continent par son isthme de sables, surgissant de la mci cl pointant vers le ciel ses ilio mètres de roches, le morne île Gibraltar leur o lira il une première colonne raide cl puissante. Il là-bas, tout au rond, sur le chaos des montagnes africaines, le Mont ,ni\ Singes dressait une autre colonne missi puissante, missi raîdc cl encore plus pointue. Les Hautes Colonnes » de I Odyxsét' devinrent pour les Phocéens les deux montants de la porte Gadiridc, I une sur la rive européenne, l'autre sur la rive d'Afrique. D'Atlas, qui xeul les possédait au temps d'Homère, les Hautes Colonnes passèrent à Héraklès, parce que Héraklès-Melkarl régnai! sur cette côte européenne : les navigateurs européens ne longeaient plus les pieds d'Atlas, mais les Iles el le temple d'IIéraklès.
Mais, ;i mesure que le détroit plus fréquenté \il reculer vers l'Extrême Couchanl le terme «les navigations classiques, ;i mesure missi que le temple de Mclkartà Gadès jouît d'une pi h-- grande renommée el éclipsa le pauvre sanctuaire des Pigeons, il \ eul beau prétexte ;i discuter la situation exacte «les fameuses Colonnes.
Dans le détroit, Abila el Kalpè, le Muni aux Singes el Gibraltar étaient bien «les colonnes, mais ce n'étaient pins les Colonnes d'IIéraklès, puisqu'elles ne marquaient ni li' l>«»iii «lu monde ni le terme «les expéditions herculéennes : Héraklès était allé jusqu'à Gadès voler les bœufs de Géryon el, au delà même «le Gadès, I lie d'Onoha était nue Ile hérakléenne. Les vraies Colonnes d'Hercule étaient donc .1 Gadès «m ;i Onoba. Pour les retrouver dans les Iles Ju détroit, dans l'Ile .i liera el dans l'Ile de la Lune, il fallait nue connaissance personnelle, nue vue île ces parages. Seuls les familiers «lu détroit pouvaient connaître ces deux Ilots. I roche des Pigeons surtout était ignorée. L'Ile d'IIèra, nuire île Verte, a joui parmi les marins d'une constante célébrité, ;i cause «le ^;i situation au milieu «In golfe, .i cause «les facilités de mouillage, missi. et <l«'s abris qu'elle offre entre elle et la côte : Mgésiras, Vile, «ml dit les arabes pour désigner toute la rade. L'Ilot de Pigeons, par contre, «-si s;ms utilité, el il ne se distingue en rien «les mille autres roches fins grandes «m plus petites «pie l'on peut signaler sur
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iibiuie ". Mais les Hellènes voul rrauchir l'abîme oulro Tarifa ri Taiigor : I I loi des Pigeons n'osl plus rieu pour eus : « Irlémidore, <l>i Strahou, connaît I Ile d'IIern (notre Ile Verte), mais il nie l'existence de I Ile il Hercule (notre il'- des Pigeons) '. »
L'onomastique môme des Colonnes nous montre coinincnl les Hellènes mil usé des côtes européennes cl des eûtes africaines. Sur lu cuir espagnole qu'ils suivent, les llclleues mil traduit /" Cruche, Kalpc. Sur la côte africaine, ils n'onl fail que transcrire Abila cl ils mil oublié que I Allas odysséen eu étail un doublet.
Aussi Pereiil devait-elle leur cire entièrement inconnue. En suivant leur route habituelle sur l'autre rive du détroit, au long de la terre espagnole, ils ne pouvaient môme pas l'apercevoir. Que l'on jette les yeux sur lu vue de côtes donnée par nos Instructions nautiques un sur nos figures ."!> cl il), cl l'on vérifiera tout aussitôt combien ces Instructions mil raison de nous dire : a celle île de Pereiil se distingue avec peine au milieu des hautes terres dont elle est entourée ». Mais si les marins d'Europe l'ignorent, toutes les marines, qui oui exploité ou possédé la côte d'Afrique, la connaissent. Les Espagnols, maîtres de Ceuta, lui oui imposé leur nom de Perejil. Avant eux les Arabes, maîtres de Tanger, l'appelaient Taoura*. Au début de l'histoire méditerranéenne, les Phéniciens de Carthage mi «le Tyr, caboteurs de la côte africaine, durent aussi lui donner un nom. Ils avaient môme beaucoup plus de raisons de la connaître que les Arabes ou les Espagnols. Pour leurs petits bateaux, celle île avait une utilité qu'elle n'offre plus aux grands vaisseaux modernes. A l'intérieur du Détroit, elle étail pour eux le seul mouillage absolument sûr. le seul refuge à couvert de (mis les vents. Examinons, en effet, avec l'aide des Instructions nautiques, les conditions d'établissement à l'intérieur de ce détroit.
Les vents d'Est el d'Ouest sont ici les vents régnants : « Dans le détroit de Gibraltar, on peut généralement classer les vents en deux séries, ceux de l'Ouest et ceux de l'Est. Les vents soufflant des autres directions s'infléchissent aux extrémités du passage pour suivre le gisement des côtes, ainsi que cela arrive presque toujours dans les canaux étroits et limités par de hautes terres. Un peut donc dire que les vents généraux dans le détroit sonl ceux de l'Est, variant du