Odyss., W. 4i
i. Ilesych., Etym. \la</n.. s. v. 'Avvjpîa.
.'>. Pour ces étymologies, cf. Kl. Stephanos. 'AO^vaiov, III. p. .MS.
.ils i in SICIENS II I 'nin SSÉE.
en a tic mauvaises1. Bocharl .i\.iii raison pourtant de chercher une élymologie sémitique : Syros appartient à une classe de noms insulaires qui, fréquents dans l'Archipel, sont le plus souvent accompagnés de leurs doublets. L'Archipel en effet est peuplé de doublets gréco-sémitiques.
Les parages de Mégare nous ont rendu familiers ces doublets gréco-sémitiques. Les vocables il»' I archipel vont nous fournir une certitude plus grande encore. i .11 ils ne sont pas isolés ni cantonnés en un district, perdus au milieu des mers grecques. Nous pouvons être certains de leur provenance, parce < f 1 1 < * nous pouvons tracer la route qui les amena. I> lie en lie, de détroit en détroit, de cap en cap, nous remontons avec eux jusqu à leurs lieux d'origine. Ils commencent aux eûtes syriennes. Tout le long «les côtes asiatiques, ils s'échelonnent vers les mers grecques, marquant les principales étapes «lu vieux commerce phénicien. Nous les prendrons à partir de Chypre. Nous laisserons de côté les ii\;i^es de Syrie, où pourtant ces doublets se retrouvent : le <ii|> de la Face de Dieu gardait son double nom grec de Theou Prosopon, Beoû fIpô<Tb>itov, et sémitique de Phanouel, 7x~ijs. M;iis en Syrie on ne peut dater celte onomastique. Sa présence est expliquée par l'histoire hellénistique bien plutôt que par l'histoire primitive, lin Chypre et en Cilicie, au contraire, ces doublets sont datés par les légendes ou les traditions grecques qui les accompagnent : ils remontent à la période préhellénique.
I. nu 1rs côtes <le Chypre, une ville portait le nom grec de Aipeia, Ai/rceta, / carpée, l'Ardue, et le nom étranger de Soloi. Les Grecs racontèrent que le premier nom Aipeia étail le |»lus ancien et qu'une colonisation de Solon l'Athénien ;i\;iit implanté le nouveau nom Soloi. .Nous savons ce que valent ces calembours. En réalité, Soloi, EôXoi, veut dire la Ville des Monts ou des Roches*. Le mol sémitique jnc Salo ou Solo aurait pour transcription exacte EaXo ou EoXo, étant données les équivalences d = <t, 7 = X, 9 = 0: Solos, dit Hésychius, est le nom de la montagne, ïé).o; ôvoixa Jâouvoû. Le pluriel grec Soloi, SôXoi, correspondrai! ii une forme «lu pluriel sémitique construit... 'Jno, Soloi — les Boches de... ^1 ii \ i d'un déterminatif qui existait dans l'original sémitique et <|ui ,1 disparu dans la transcription grecque]. Il suffi! d'ouvrir les Instructions nautiques pour saisir la raison de cette onomastique •
Au Si h I de l'Asie Mineure, la ente septentrionale «le Chypre borde le premier détroit qui mène de l'Extrême-Levanl fi la Méditerranée hellénique. Cette côte chypriote présente deux aspects très divers aux navigateurs qui viennent «le
Imrl ' hanaan, I p. 104.
M l s. ,./// / , / ■nul a- . ,, p, I '».*>
~i. Iimtmrl. m p .V.»7 t'I luit
l 1 1 l S V II I -\
Syrie. Son extrémité orientale, depni le luiiil cap de Suinl liidri'; ju f|ii un li ml eup Kormutiki (l'ancien Krouitiiyon) , est i uuo chulnc de colline escarpée qui nui il parallèlement à In côte ■ ol tombe h pic du n lu moi ipri l'' i ip Kormn liki. qui en osl lu ilci iiii'i i' pointe, lu côte se creuse brusquement <l mie . i -■■••!•et doublo baie, qui s'appelle aujourd'hui Haie de Morphou 11111.1111 rantif|iiiU*. 1 était 1,1 baie do Soloi. Los hautes collines côtières disparu issoiil : « Lu nH< dation! basse... ; c'est une plage basse de sable et de galets, ullanl au Sud ju qu'au fond de In baie; il n \ n d abord aucun mouillage sain : les vents <l Qtov 1 et «lu large soulèvent une grosse mer et rendent tout débarquement impossible, sauf par des temps exceptionnels. Puis la côte devient rocheune : on trouve, entre les pointes avancées de ses falaises, la petite baie de sable de Loutro (sous la petite Ile située devant le cap Limniti) et In baie de Pyrgos, où il \ n plusieurs sources de bonne eau. Ces baies offrent de bons mouillages il été, fond de sables et d'algues : on y charge «lu bois n brûler et parfois du blé provenant des plaines voisines, b
A l'extrémité de celte baie, au point où les plages de sable et de galets font place aux falaises, sur les premières roches, Soloi s'était installée. Sun port était utile au transit du détroil el nécessaire au commerce des indigènes. Elle surveillait pour les étrangers la grande porte de la mer Occidentale entre Chypre el l'Asie Mineure; elle pouvait accueillir les vaisseaux jetés à la côte par le vent du Nord. Elle exportail les bois et les blés indigènes. Les bois lui venaient deforêts du mont Vous qui surgit derrière elle; les Idés lui arrivaient de la grande
plaint1 qui occupe le centre de l'île. Chypre en effet est composée d un long ruban de plaine entre les deux bandes rocheuses qui bordent les côtes du Nord el du Sud. dette plaine perce l'île de part en part el vient finir sur les mers du Levant el du Couchanl par deux rades, la baie des Hoches, Soloi, à l'Ouest, el la rade de la Paix, Sa/amis. SàXauuç, à l'Est. Toute marine étrangère qui exploita I île dul forcément avoir dos relâches en ces i\eu\ extrémités de la plaine isthmique, aux deux bouts de la roule terrestre <pii la coupe1 . Les Grecs, qui succédèrent aux Phéniciens, traduisirent Los Roches, Soloi, SéXot, en Ardue. Atneia. Mais ils gardèrent Salamis. EàXa[/.!.ç, qui, pour eux. grâce à leur Salamine du golfe Saronique, était devenu déjà un nom hellénique : on attribua la fonda lion de la Salamine chypriote à Teucer, roi de la Salamine grecque.... Soloi, forteresse des indigènes el port dos étrangers, était une ville double. Elle avait son acropole et sa vieilli» ville sur la hauteur, son échelle et sa ville commerçante au bord de la mer-. Une légende de pure fantaisie attribua plus tard la fondation de Soloi à l'Athénien Solon. Une tradition plus digne de foi l'attribua aux Aewx Vihéniens Phalèros ol Akamas". 'Axàuaç, VInflexible, est le nom d'un promontoire voisin. $àXr.ooç, Y Homme Blanc, VÉcumeux (œàXapoc, blanc, taché de blanc,
I. Cf. Val. Max., IV. r,— , : necessaria totins navigationis diverticula evant. •1. Plut., Solon, 21. 3. Strab., XIV, 683.
1 I S Mil Ml II \n I I I 'ODYSSl I
est peut-ôtrc la traduction grecque «lu déterminatif i|ii il faul sup|Kisei i notre Soloi phénicienne. Nous aurions ici des Boches Blanches ou fies de f Ecume, connue nous avons sur la côte cilicienne, en face, « 1 1 * — . Pieiws \ -. ili -^ Pierres Tigrées, Kara~tasch, Il oix ./.y, néxaa, comme nous .nous dans I Archipel nue Ue de V Ecume, Wvr,, ou ^m les côtes \llii|iics un Port Blanc, Phalère. Le nom compiel du site étail les Hoches Blanches : A-.-:-.?. >Vj/i-.',j. [ipeia de Phalèros, traduisirent i»i les Grecs, comme à Mégare ils disaient >k \ 1 1 ;i de Nisos; c'esl toujours le même procédé anthropomorphique.
II. I.,i côte cilicienne, qui bordé au Nord le canal de Chypre, avail aussi une
ville des lin, lus Cette autre ville «le Soloi étail bâtie en un site tout à fail
comparable h la Soloi chypriote. Au long de cette côte cilicienne, en effet, les marins venus de Svrie peuvent observer aussi deux vues de côtes très différentes. Mii.iml on sorl ilu dernier golfe syrien d'Alexandrette, on rencontre d'abord un ancien ilol rocheux qui, noyé aujourd'hui dans les alluvions, forme le grand Cap de la Pierre Noire, Kara-tasch Bournou, disent les Turcs, « table bordée il»' falaises basses et blanches que surmonte une forôl de chênes rabougris1 ». I'ui>. derrière ce i;i|>. s'étend une longue, basse et monotone plage de sables, «le lagunes et <!»* boues, le rivage d'un ancien golfe que les rivières cl torrents précipités du grand Taurus cilicien comblent, envasent cl prolongent chaque jour
c ■ ; La plage s'étend en ligne droite pendant 24 m il 1rs. La plaine qui borde
cette plage est un vrai désert; inondée en plusieurs endroits, elle ne présente
dans les autres que des collines de sables surmontées de quelques broussailles
éparscs. I n lac salé, d'une longueur de 12 milles environ, communique avec la
tnei • Des sables arides I entourent de toutes parts et, mu- m-s i i\cs, les cygnes,
les pélicans et les cigognes, avec les poissons et les tortues, semblent en avoir l;i
tranquille possession ». i. r->i la Cilicie <lc-< Plaines, que les navigateurs doivent
i ôtoyer <l un peu loin, en évitant les alluvions et l'échouage. Brusquement, au
bout il'- cette plage, se dressent les hautes falaises de la Cilicie Rocheuse, KtXtxîa
--.)/ -. :? . que les anciens ont toujours opposée à la Cilicie des Plaines, KiXixfa
.. >ni 1rs premières roches, étail bâtie la ville <l«' Soloi. En ce point précis
commençait la Cilicie Rocheuse puni- 1rs Sémites venus de l'Orient, de même que
poui les Grecs venus de I Occident commençait en cet endroit la Cilicie Plane,
-y..). -. i i-'. \',/<<, /./:'\j;~'ij ;;/',•. Ittvj SÔXoi ty, : y././.rz KlXlxîac KP'/V)
tî "Ôv Itt'w ;■..- r.i'j.y ■j:i'j.-[--.-j-.-j:. i TZO.pt ).'.'). inè £«SX(i)V /'/'. TaptTOÛ
nom de Soloi ne se rencontre pas seulement dans les mers Levantines. '•n le retrouve partout où pénétrèrent les marines phéniciennes. Sur la côte occidentale il Afrique, liannon l'applique à un promontoire : Solo-eis, SoAôciç, transcrivent les Grecs. Dans le môme siir que uns Soloi de Chvpre ou de Cilicie,
Il cl Imtrucl tiaui . n» 778, p. 501 el suiv,