Thucyd., VI, 2; Diod., XIV
:,. Instrttct. mini., ii- 731, p. 208-209.
i.l S llll NICIEN'S II L'ODYSSÉE.
III P In Soloi de Cilicie, nous n'avons ni le doublel gréco-sémitique, ni
les traditions historiques cl légendaires qui rendent l'étymologie certaine pour i chypriote, sicilienne el mauritanienne. Mais Kilis esl Frère de Phoinix, et, non loin de >"l«>i . au milieu de la grande plage que nous avons côtoyée, débouche nu 11 t - 1 1 \ « - uuc les Grecs noiuiucnl Koiranos ou Saros, Koîpotvoe, ïà:^c. If premier de ces noms rsi évidemment grec : koiranos est l'équivalent de tyrannos; dans les poèmes homériques, koiranos est employé couramment pour signifier /<■ chef, le roi, le maître,
lève: Aavatôv xai xoîpavoi...
* o».ovevèc TeXautôvis, xotpavs Xawv'
i est l équivalent précis du mol sémitique "W, sar, dont Saros, Eàooç, esl la transcription grecque 1res exacte1. Nous pouvons donc poser le doublel grécosémitique Saros-Koiranos, £âpo{ = Koîpavoç.
I\. \ rOuesl de Soloi, lu côte cilicienne, très rocheuse et très découpée, présente un grand nombre de promontoires jusqu'au delta <lu Kalykadnos. Entre deux hautes bornes de pierre, ce delta pousse vers la mer une petite plaine d'alluvions, toute semblable d'aspect, sinon de grandeur, ii la plaine cilicienne. Séleukia, à l'intérieur du pays, occupait la tête du delta. Elle avait une double échelle, de chaque côté de la plaine, sur les roches de l'Ouest el Ai- l'Est. Holmoi, OXjjloi, ,:i l'Occident, fut le port grec, le débarcadère des marines occidentales3, je veux dire grecques el romaines. Inversement au temps des marines orientales, phéniciennes, l'échelle principale devail être sur 1rs roches de I Est. Là, en effet, sur la Pierre Tigrée, il existait un débarcadère el une route taillée vers I intérieur. Strabon, qui nous parle de cette Pierre Tigrée, U'j./.:/ r w.-.yj. mentionne un cap voisin, inemourion, 'Aveuoûf>iov, que le Stadiaftmus Haris Hagni ne connaît p;is'. Ilv./.w./, tlétoa, lu Pierre Tigrée, esl nu nom grec comparable a ce nom turc Kara-tasch, la Pierre Noire, que nous ;i\ous rencontré plus haut. Supposons un original sémitique à ce nom grec. La Pierre, \\.-yj. pourrait venir soit >]>■ quelque PwlpD, Skoula, semblable à la Skylla que nous imuis découverte auprès *\i' Mégare, ^>ii de quelque Sr7D, Si, In. comparable à nos Soloi chypriote el cilicienne : la capitale des Edomitcs, Sala ou Salo, esl devenue la Petra des Grecs el dos Romains. Quant ;i Tigrée, ilv./../ rt, cette épithète serait exactement rendue par quelque dérivé de la racine 1CJ, namar, <|ui signifie en arabe tacheter, moucheter, el qui dans toutes 1rs langues sémitiques .1 fourni le nom de la panthère. La Pierre Tigrée, llv.-/. •.)./, 11 ./. sérail donc rmoan nbipon, As-Skoula An-namoura, ou D'Tioan D'y^Dn, [s-Soloim [n-nemourim, les Rochers Tigrés, avec la forme participiale 1H23,
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\. Ce nom de ^v uouaiov se relrouvc plu loin m relie même vùlv. île (iilicic. Un peu plus un Sud-Ouest, les bateaux syrien doublent h IVxtivmilr
du ennui do Chypre « le cup Vnamour' élevé de 150 rnètn I i t lu i le lu
plus Sud do I \sn' Mineure. Elle offre sur son roté Ksi un bon mouillage nus caboteurs pendu ni les fortes brises de l'Ouest. Les plaines voisines contieynenl plusieurs villages, d'où l'on peu! Faire venir du bétail* cl l'on peul facilement l'aire de l'eau dans l'embouchure de la rivière Direk-Ondessi1. » Par son mouillage fi par son aiguade, ce poinl a déjà quelque valeur. Mais les marins el surtoul les corsaires > peuvent trouver d'autres avantages: ■• les caps Anamoui cl Kizliman, la pointe Cavalière ainsi que les Iles Papadoula offriraient par beau temps des mouillages commodes pour les croiseurs. <*n pourrait accéder facilement aux parties les plus élevées des falaises, pour dominer le canal de Chypre el signaler I approche de l»>ni navire*. » Les corsaires provençaux, qui jadis écumaienl ce détroit, laissèrent à l'un des Mois côtiers le nom il île Provençale : ils en avaient fail une de leurs guettes cl de leurs refuges. Il semble que pareillement les Sémites aient eu jadis un poste de surveillance tout près du dernier cap Anainour. au mouillage que Skylax nous décrit ; i i 1 1 ■- i : a Nagidos, ville et île, NàyiSo^ -oa'.ç f, xal vf,o"ov evet*. » Ce nom de Nagidos ne veut rien dire en grec. Il venait, suivant Hécatée, d'un pilote nommé Nagis, oltzo toû Nàyiooç ■/•jo£r//1TO'j '. En hébreu Vis, nagid, signifie le chef, le meneur, le directeur, v-oj'juvoc, ïoywv, traduisenl les Sentante. xuêepv/Tr.ç, dirons-nous en langue maritime : c'est de celle racine nagadû, que les Arabes tirent leur verbe tanaggada, être patron d'une barque, capitaine d'un vaisseau6. Nàviôo; est donc bien la Ville du Pilote, et Movers signalait déjà ce doublel gréco-sémitique7. Il est possible qu'en cet endroit les Phéniciens embarquassenl des pilotes avant d'entrer dans la merde l'Occident qui s'ouvrait devant eux. Toutes les thalassocraties eurent leurs Iles des Pilotes : depuis le temps des corsaires jusqii 'à nus jours, Milo reste pour les marins occidentaux l'île où nos vaisseaux de guerre vont, à leur entrée dans l'Archipel, embaucher un pilote8. Il est possible aussi que nous ayons un nom de lieu sans plus de signification historique que tel promontoire i\u Gouvernail, DTjoàXiov, sur les côtes de Chypre, de Karie ou de la Chersonnèse.
I. Il ne faut i>;i> s'étonner de ces répétitions de noms : la côte de l'Italie méridionale a deux promontoires lapygiens à peu de distance l'un de l'autre; sur cette même côte cilicienne, après le cap Ana ni', les Turcs ont un second cap de la Pierre Noire, Kara-tasch Bournou.
■1. Instruit, naut., n° 778, p. 595.