Movers, II. p
8 Cf. Institut, liant.. n° 691, |>. 172.
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\ I Jusqu'à l'Archipel, les eûtes asiatiques sonl bordées de noms étrangers, venus de la mer. lujourd hui les noms italiens ou francs, occidentaux, alternent ivec les noms turcs ou anciens. Durant I antiquité, les noms grecs ou romains u 1 ter mù en I de même avec des noms indigènes ou levantins. Les Sémites avaient sûrement leur part dans ces noms levantins. Les doublets ne sonl pas toujours 1 1 pour 1 1 « » 1 1 — fournir des preuves irréfutables; il n'en reste pas moins certaines Ites villes gardent des noms d'apparence sémitique, jusqu'à l'époque romaine, Kibyra, Masoura, Rouskopous, Syléon, Mygdale, Sidvma. Aucun témoignage direct n'attribue la fondation de ces villes aux Phéniciens. Mais l'origine sémitique du nom est sûre pour la plupart d'entre elles1. » Il est impossible, en effet, île ne pas rapprocher Rous-Kopous, îles Rous-Addir, Rous-Gounion, Rous~ ibis, etc., îles Têtes ou Caps, WY\, nuis, phéniciens qui jalonnent la mer mauritanienne. I ii port île Pamphvlie, Sidè, nous ramène pareillement à toute une série de noms, Hidon, Sida, etc., « 1 1 1 i sonl les transcriptions grecques îles ï, Sidon, mi prr»ï, Sida, Pêcheries, phéniciennes.
■le voudrais attirer I attention sur I un «le ces noms, imii au moins, que deux montagnes côtières conservent durant l'antiquité, l'une en Cilicie, l'autre en Lvcic : c'est Kraaos, Ksâyoc. Comme Anemourion, ce iloulde nom cotier me semble d'origine maritime : nous ne comprendrions pas autremenl sa double présence chez les Lyciens et chez les Ciliciens qui ne parlaient |>;is la même langue. La cote des deux Kragos se ressemble. En Lycie, ce sont nos Sept-Caps :
Les Sept-Caps forment les extrémités de plusieurs hautes montagnes bordant
la côte . disent les Instructions; Strabon disait : .< Le Kragos ;i huit pointes ».
le corrigerais huit en sept, Il en /. i En Cilicie, c'est l;i côte entre Alaya et le cap
Vnamour : i Les falaises sonl élevées de 178 mètres. Jusqu'au cap Inamour, la
côte est généralement haute et accore, » disent 1rs Instructions; Strabon disjiii :
Le Km. m- rs| une falaise escarnée île toutes parts, Kpdtvoc Tzitpct Ttepixoruvoc
i i ii r r r m
'.- y / y 77/ . I.i meilleii ie traduction de [almsc. pierre coupée, escarpée, etc. inius serait fournie par la racine hébraïque A:, r. g., jnp, couper, trancher ', détacher : le pluriel Kragim, -"J*~. désigne les pans de robe déchirée en signe de deuil; Kragos sérail \epan de falaises taillées à pic*.
Nous altciinious ainsi le golfe <l Vdalia et les i i Solvmes, So/ûua opr.
Cette haute chaîne se dresse à pic tout le loup de la côte occidentale du polie. 'Mi. nul mi vient de l'Est, cette muraille abrupte limite l'horizon et ferme la mer jusqu au lointain Promontoire Sacré, que prolonge encore le petit archipel des Hirondelles. Il faut bien prendre punie à I importance de ce Promontoire N.n ré poui les premiers navigateurs levantins. Les navigateurs modernes venus de I Ouest ne remarquent pas ce promontoire. Ilien ne le distingue ;i leurs yeux • les mille caps proéminents que, durant îles semaines, ces Occidentaux viennent de doublei ou il apercevoir au lonii des côtes européennes et asiatiques : I archi-
l '■ // i». Il p, 303; 1 1 M il p 246 Ml
vt, 665 cl 670.
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des vents do Nord pour leurs traversées vci ITCgyplo ou là Syrio, il ne iiivcul pus jusqu'ici 1rs côtes do I Vsîc Mineure. Depuis Rhodes, il coupent droit, b travers l.i li.mir iiici , vers Chypre ou vers Uexundrie. I c nu. m audacieux cubotoul un pou plus loin que Rhodes, jusqu'uux ports de lu cote Ivricuuc, Pâtura, Aporlos, \Iyra, ou jusqu h cotte petite Ile lyeicnne qui garde aujourd hui son nom italien île Chdteau Roux, Castellorizo [(Infttello-HoHso) Ce norl < i un poinl fréquente' pur les navires allant en Syrie cl à Chypre on revenant il'' ces localités. <*n peul donc trouver là des pilotes pour tout le littoral Ksi de la Méditerranée1 » : sur ce bord occidental du golfe d'Adalia, 1rs Occidentaux ont leur lie des Pilotes, comme 1rs vieux navigateurs orientaux avaient leur Ile cl ville «In l'ilote, Nagidos, sur lu côte orientale de ce même golfe. Entre Castellorizo cl la côte, les marchands et pirates occidentaux de Venise, de Cônes ou de Pise ont toujours eu quelque station ou quelque croisière barrant les chenaux : quand Philippe Auguste rentre de Palestine, il vient relâcher au Port- Pisun ii l'embouchure de la Phineku, à l'Esl de Myra en Lycie*.
Mais de Rhodes ou de Castellorizo, les Occidentaux coupent tout droit vers Chypre OU vers le Nil. Ils laissent an loin sur leur gauche le Promontoire Sain'' auquel bientôt ils tournent le tins, et qui ne leur est même |»as utile comme point de repère, tant sa pointe effilée et sa faible hauteur disparaissent à leurs yeux sur l'écran îles montagnes lyciennes. Actuellement encore, ce promontoire a si peu d'importance pour nos marines occidentales, < 1 1 1 î I ne porte ni phare, ni tour île signal, ni marque quelconque de reconnaissance. Consultez la carte de nos phares : sur les points extrêmes de Crète, de Rhodes et de Chypre, les feux de Sidero, de Prasonisi et de Paphos éclairenl les grandes portes du commerce international: à l'entrée «les poils et des rades fréquentés par le cabotage côlior. les feux de Marmaris, de Rhodes, d'Adalia, d'Alaya, etc., éclairenl le va-et-vient des bateaux indigènes. Mais ni le mouillage des iles des Hirondelles ni la borne du Promontoire Sacré n'ont semblé dignes d'un éclairage. .
Si quelque jour une marine indigène renaît dans les ports syriens pour le service des contrées de PEuphrate, il est probable que le Promontoire Sacré retrouvera sa gloire : les navigateurs orientaux, venus au long des côtes asiatiques ou par le milieu du canal de Chypre, gouvernent de loin sur le Promontoire Sacré, gigantesque signal dont ils aperçoivent, en l'ace, la haute silhouette. Ce promontoire devient l'un des repères de leurs navigations, el il est aussi une borne de leur monde. Car, derrière cette muraille, ils vont brusquement trouver une mer nouvelle et des terres différentes des leurs. Jusqu'ici, la côte qu'ils suivaient était vraiment asiatique, je veux dire massive, peu découpée, mal
1. Instruct. imiil.. n" 778. |>. ,*>N0. Cf. Geog. Graec. Min., 1. p. '271 : xu6epv/j,cai; xai ypsiaxotç "Àpa^s /pûjxsvo! Toi; xai suv^jOetav xai i~:~-x'xoy.x^ syouaiv spLiîsîpot; t: ouat tûv totojv -/.ai tt; »ti)vf,<; xôtûv. '1. Cf. W. IIi'mI. Cumulera' du Levant, I. p. '2~C>.
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pourvue de golfes, de rades, d'estuaires el il 'lies. \ partir d'ici, commence la >te vraimeul grecque, toute dentelée de caps, ajourée de détroits, brodée d'îles et de roches. \u massif continent, cette cote est cousue comme une guipure à une solide, mais raide pièce de toile. Le petil archipel des Hirondelles esl le prcmiei feston de cette broderie. Depuis le Cap Sacré jusqu'au Bosphore, les marins vont avoir la même vue de eûtes, la même mer des Bouches, des Iles el des Estuaires. Les bornes des promontoires el les lies cùtièrcs, par une série de détroits, leur feront une sorte de canal uniforme. An Imi^ de ce canal, les i i|^ avancés succéderont aux golfes profonds el partout les iles semées sur la mer immense offriront leurs ;i luis proches ou lointains. Les lïeuves el les rivières, derrière chaque cap, amèneront à la mer quelque grande route de plaine qui charrie le commerce de l'intérieur. A chacun de ces estuaires correspondra quelque grand port, Myra, Patara, Kaunos, Milet, Ëphèse, Smyrne. Phocée, etc. Chacun de ces ports, fondé j;nli^ sur les Ilots côtiers, transporté ensuite sur les premières roches de quelque large baie, ;i vu peu à peu sa rade diminuer de fond el d'étendue sous la poussée des lïeuves boueux : l'avancée des deltas dans ces baies, entre les compartiments de ces promontoires, esl l'un des phénomènes qui onl le plus vivemenl frappé les Anciens : Hérodote compare • In petil au grand le delta égyptien à ces deltas asiatiques*.
Donc, pour les marines orientales, le <.;ip Sacré marque vraiment l'entrée ilr la mer des lle-> el des Estuaires, la porte des mers helléniques. Aussi, pour les vieux géographes grecs, qui répètent les théories des plus anciens navigateurs, le Cap Sacré est la porte sud-orientale de l'Archipel. A cet angle du triangle ou du trapèze que forme à leurs yeux l'Asie Mineure, commence le Taurus. D'ici, à travers imil le continent, le Taurus s'en va de l'Ouest à l'Est, coupant en deux l'Asie, comme une diagonale coupe un rectangle : il laisse sur -.1 droite l'Asie levantine, l'Asie barbare, tandis que l'Asie vraiment grecque ou grecophile esl mh la gauche, du côté de l'Occident. En plaçant au Cap Sacré l'entrée de I Vrchipel*, les vieux géographes ioniens ne font que reproduire les vues de eûtes des marines orientales. Strabon3 a mille li>i^ raison de soutenir que leurs notions manquent d'exactitude el que l'angle sud-occidental de I Asie Mineure n'esl pas au Promontoire Sain'' en rare des Iles des Hirondelles, mais au Imulirau du Chien en face de Rhodes, ou au Promontoire de Knide en face de Nisyros : tous les cartographes el géographes lui sauront gré de relie rectification. Mais on \'>ii comment la conception des Plus Anciens se justifie. C'est cette conception qui se traduit encore dans la politique le jour où les Grecs vainqueurs interdisent aux vaisseaux perses de franchir les Iles des Hirondelles el le Promontoire Sacré : la commencent les mers helléniques, les cités el I humanité libres. Cette même conception esl déjà familière au poète de I Odyssée :
I II. | ! Il III
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Poséidon revenant < I ■ i banque! chez Ioh Ethiopien d vri h hum ; r< i qui
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. r)î 60 * / Eo) iiuo)v oe w * î!3 / ' —
Cette marche de Poséidon esl lu route mémo que noua Iraçon de vieille navigations phéniciennes. Les poèmes homériques connaissent, en effet, comme Hérodote, Skylax el les anciens périples, deux groupe d'Ethiopiens les mis sonl .ni Couchant, les autres au Levant, les uns près des Colonnes d IL i cuir. 1rs autres près de l'Egypte,
xW o uèv A\.l8io7ca{ u ■ ''j nrjXiQ' lovraç
\'Jl'.fj-y;. toi v./Ov. SeSaÛXTat, lovaTOl ivûpûv,
ot, ulv Suffouévou 'Y*Tîepîovoç, ot S iviévroç1
Les deux Ethiopies homériques ne sonl que les deux Pays Noirs, les deux Soinhins des Arabes. Le mol de pari el d autre esl le même : Belad-es-Soudan est en arabe ce que Aithiopie est en grec, le Pays des Sègres. Le monde homérique dépasse déjà le détroil de Gibraltar. Sur l'océan Atlantique, au delà de Kalypso, il comprend une Ethiopie, un Soudan, une o Nigritie >• comme disaient nos vieilles cartes mous reviendrons à cette notion du poète odysséen) : ce sonl les Ethiopiens du Couchant. A l'autre bout du monde, les nègres du Soudan oriental, la Nigritie de la mer Rouge, de la .Nubie el du Kordofan, sonl les Ethiopiens du Levant. Entre les deux Nigrjties, s'étendent les peuples méditerranéens, l'Egypte el la Libye peuplées de races blanches, (les deux groupes d'Éthiopiens oui chacun leur grand dieu, Zeus el Poséidon, /.eus va banqueter chez les Ethiopiens du Couchant3, aux bords de l'Océan. C'est chez les Ethiopiens orientaux qu'est allé Poséidon. Pour revenir vers les mers grecques, il doil franchir la barrière des monts Solymes. C'est du haut des monts Solymes que Poséidon aperçoit les mers grecques.
Au pied de ces monts Solymes, le golfe pampliylien. notre golfe d'Adalia, esl toujours resté célèbre par ses tempêtes, les « terribles tempêtes du golfe de Satalie ». Les croisés qui passaient par là en ont répandu le souvenir dans tout le monde occidental. Tous les voyageurs francs ont subi en ces parages quelque coup de vent :
« Nous fûmes le seizième janvier à l'entrée du golfe de Satalie.... On ne peut pas comprendre sans l'avoir veu comment la nier avec si peu de vent a pu s'irriter au point qu'elle le fut o [dit l'un; et l'autre ajoute : « Ce passage étoit autrefois si dangereux qu'il s'y perdoit beaucoup de vaisseaux. Mais les gens de nier disent que depuis que sainte Hélène, revenant de Jérusalem, y jeta un des Cloux de la Croix de N.-S.. il y a