‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 153 sur 277 · Instruct. naut., a' 691, p · texte numérisé non relu

Instruct. naut., a' 691, p

'.. Iliniil.. VII. 59.

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Y. RÉKU'.D. I. 23

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• 'm double le coup de rame el I <»u |».i>>*' : nui--, <le I nuire côté, on éprouve le besoin de souiller, el rien 11 esl bon alors comme une plage éventée où l'on peul tirer le vaisseau el manger ou dormir au Irais : quand Ulysse ;i franchi les roches grondantes, il esl forcé, par la révolte de >»»n équipage, <le relâcher dans le Porl Creux, auprès il une aiguade. Celte description odysséenne de la Skylla de Sicile peul s appliquer tout entière aux roches d'Amorgos : « Sur la côte Sud, ilil Buondelmonte, de hautes montagnes rocheuses se dressenl menaçantes el terribles pour les navigateurs. Car la mer, agitée par la violence «1rs vents, va se briser sur les rocs el ne diffère en rien de Charybde el Scylla. Aussi la fréquence des naufrages dans ces parages en éloigne autanl que possible les marins el leur rappelle que «les galères vénitiennes \ furent jadis englouties*. » Sur la côte Nord-Esl il Amorgos, une fois les falaises contournées, les marins orientaux trouvaienl dans la baie de Santa-Anna une plage, une source el les souilles Irai-, des vents du Nord. C'était bien la Plage du Souffle, aiyiétkri tpuvîa, où l'on séjournai! un peu avant d'atteindre le Porl de la Halte, Minoa. Or les Septante traduisent par àvâ^uËiç, rafraîchissoir ou souffloir, le mol hébraïque UiD, margoa ou morgoa, dans le passage de Jérémie que voici : a Le Seigneur dit : Dressez-vous sur les nulles et regardez, el voyez quelle est la bonne route el vous trouverez un reposoir pour vos âmes (ou pour votre souffle, car le mol naphe» a le double sens du grec <}»ôyt) el du latin anima)*. » Ce reposoir pour le souffle ou pour l'âme, >"-'-. margoa, esl bien l'équivalent <lu grec àvà^uÇtç (Hérodote employai! le même mol ivé^uyov) el I on comprend que l'Ile A-margo ou Amorgos (les marins l'appellent Morgo ou Mourgo; nous avons en tête soit un a prothétique, --< > il l'article sémitique; nous connaissons déjà le Nombril, At-tabour, VToêôpov), Vile du Souffle ou du Frais, soil aussi Vile de l'Ame ou

du Souffle, MV/'.v.

Il semble donc que l'Ile d'Amorgos, avec son porl de Minoa, recul les Phéniciens. Il»- \ implantèrent l'industrie de la pourpre : les ('•loties teintes en pourpre d'Amorgos restèrent célèbres durant toute l'antiquité. Cette industrie un peu transformée se maintint jusqu'à nos jours : « I ne espèce <le lichen, très commune sur les rochere de l'Ile el sur ceux <lc Nicouria, s y vend encore ili\ écus le quintal pour la transporter à Alexandrie et en Angleterre, où l'on

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il Auvergne1. »

Pour le nom de Syroa, l'antiquité ne nous a tri aucun double! de Ifl

forme Kasoa [khnè, Wièneia-Kéladousaa, Oliaroa-Hylêemia, Vaxon-Plateia, etc.

Mais ce nom de Svi'OS l'CIltrC dans la colonne dos mnns de I \rclnpel qui mil

inexplicables en grec. Si quelques-uns de ces noms préhclléuiqucs oui garde, grâce à leur doublet, leur marque d'origine, les autres présentent toujours une étymologic sémitique très valable. Puisque nous avons posé la règle stricte des doublets, déclarons (1rs l'abord que cette étymologic n'esl pas complètement certaine. Je ne la crois pas moins complètement vraisemblable. Prenons l'exemple «1rs deux noms insulaires Siphnos el Sériphos.

V Odyssée el les navigateurs modernes nous ont parlé des lies granitiques ou calcaires de l'Archipel el de leur salubrité. Tourneforl el ChoiseuMJouffier nous vantaient surtout le climat cl l'air de Siphnos. Cette île, dans I antiquité. portait aussi les noms de Merope ou Meropia, Mepéror), Mepoiriat, cl de Âkiê, \/..:. Siphnos (iule Meropia et Acis appellata. Le nom grec Akis doil s'expliquer par la racine grecque àxéo), soigner (la langue commune emploie plutôt bmoç, remède, mais Galien désigne par ax-.^ une sorte de bandage). A/.is pourrait donc signifier lu guérison, et, comme nom de lieu, le sanatorium ■. le texte de Tournefort nous dit assez que Siphnos. la saine et fraîche Siphanto, méritait ce nom. Or, de la racine sémitique N31, râpa, guérir, se forment régulièrement 1rs noms d'instrument et de lieu tfS"lD, merapa, et nsilD, meropia, dont [/.epôrcr,, [jiîpo-ia seraient une transcription exacte ou. du moins, une adaptation à peine hellénisée : une inscription phénicienne cite un dieu de la Santé. Baal Sanator, traduisent les éditeurs du Corpus Inscript. Semiticarum, H3M0TiV2, Baal- Merape*. Ce doublet nous prouve donc que l'île Merape, ou l'un des mouillages de cette île, dut ce premier nom aux marines phéniciennes. Le nom même Siphnos. qui n'offre pas de doublet, me semble de même origine.

Les deux îles. Siphnos et Sériphos, sont toutes voisines. Elles ne sont pas indépendantes l'une de l'autre. Du moins, elles peuvent avoir d'étroites relations commerciales, dans un certain état de navigation. Pour les marines grecques, venues de l'Ouest, Sériphos n'avait, comme Parus et comme Naxos, aucune importance. Rocheuse et dénudée, la côte occidentale de Sériphos n'olfre. en lace des ports grecs, que des falaises abruptes, à peine interrompues par quelques rades ouvertes. L'île est inabordable de ce côté. Ses façades de l'Est et du Sud. au contraire, ont des ports excellents et des champs fertiles. Au Sud-Est surtout, s'ouvre le grand port de Livadi, qui « s'enfonce dans les terres pendant environ trois quarts de mille, avec un tiers de mille environ de largeur : on y

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