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I l S PHI Mi II Ns i: I L'ODYSSÉE.
Ilv-^r invente ce naufrage el celte navigation en compagnie des Phéniciens. Mais ii » 1 1- le- détails en sont empruntés à l'expérience journalière, véri fiable. I i présence môme des Phéniciens dans la mer Ionienne étail donc alors un incident de la vie quotidienne. D'ailleurs, cette présence apparaîtra comme cei laine a la première réflexion, el les archéologues, qui parlent avec un sourire du cliché " de l'influence orientale, pourraient ouvrir quelquefois 1rs yeux sur la réalité, sur les primordiales nécessités de la vie journalière. Ces coups de venl du Sud, ces rafales de sirocco, qui de la mer Libyque jettent les barques vers le Nord, vers les côtes grecques ou épirotes, soufflaient alors comme ils soufflent aujourd nui. IK sévissaient en juillet, en août, durant des semaines, durant des mois. En pleine saison navigante, ils sonl « seuls, (lisent les Instructions nautiques, h se faire sentir ». Les Phéniciens faisaient la navette dans relie mer l.ili\i|ue. entre leurs métropoles de la côte syrienne el leurs colonies de la côte barbaresque. Il est impossible <|u ils aient navigué durant des siècles entre Tyr el Cartilage, s;ms que plusieurs de leurs vaisseaux, chaque année, aient eu à essuyer, dans les parages de la Crète el de l'Afrique, quelque coup de sirocco qui les chassait au Nord, jusqu'au fond de la mer Ionienne. Vussi, quand M. Oberhûmmer ;i voulu regarder de |>iès la toponymie de celle mer, il .1 immédiatemenl retrouvé le souvenir de ces navigateurs phéniciens soi la côte d'Acarnanie \ Nos doublets, Paxos-la Table, Dà^ot-IlXaTela, Samoslu Tête, Sâaoî-KeœaXXrjvia, datent de celle époque.
\l Voici nu dernier douillet de l'Archipel, qui nous expliquera mieux
;nisvj quelques passages de I Odyssée. Entre les côtes d Asie Mineure et les côtes de Grèce, le |>oui des Cyclades n'est interrompu que par le large canal qui sépare Icaria de Mykonos, Vmorgos de Léros, Istypalée de Kos. Les autres chenaux insulaires sont sans largeur. Ce canal est, au contraire, un a abîme de mei • ~ ' XoÎTua BaXàovriç, aux veux des marins prudents. En smi milieu cependant, cuire Amorgos el Léros, la traversée est rendue plus commode el moins longue par deux Ilots rocheux qui le barrent ci qui peuvent quelques insi;niis servir d'abri, les deux ilols de Kinaros el Lébinthos. Aussi, pour atteindra les des r| les côtes helléniques, les marins orientaux choisissent de
préférence cette traversée. \i gos leur offre, après ce long trajet, un repo-
vnir assuré avec >\<~ bons ports el des aiguades (cf. Ii°.. 17).
I i . .1. Sud d'Amorgo est une succession de falaises énormes d'une grande hauteur, d'où les rafales tombent avec fureur pendant les coups <!<• venl de Nord, balayant l'eau m écume. Les navires qui longent cette côte devront s'en tenir à grande distance; on
n'\ trouve m abri m i lillage Mais la côte N.-O. offre deux bons mouillages, Porl
Vathj '•) Kakokeraton. Port Vath) (le Port Profond) est un petil porl sur, bien que les coups de venl de N.-E. j soient violents. Mois la tenue est bonne et les navires y sont
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un |n'ii oblique .'i la o.Ate <l \morgos, il Lu avec pIIp une baie dnn l k|iipIIp un navire
pi'iii mouiller; mais il est absolument m ■ •< . ■■ aire d'avoii un vont bien établi pour entrpr. car on est exposé iï dos calmes, .'i dps rafalps el a des venta variable \ l extrémité
\ I d'Amorgos, la baie de Sanln înna n ~> '• de mille de prol leui el pré de
I 2 mille de largeur au rond, où il j i une plage de sable pI quelquei nu I
Elle esl ouverte h l'Ouesl el .i de grands ronds, Cependant un navire pourrai! en ca de nécessité, mouiller dans le N.-O. I n ruisseau di' boni au douce se jette dans la baie1.
L'Amorgos des anciens avait ses deux ports à Santa-Anna el ,:i Port-Vathy. ^u| la plage de sable <l<v Santa-Anna, c'était iigialè, lu Plage, \'.- ■■.// rj. Dans le cercle profond de Port-Vathy, c'était Minoa, Mivûa. L'Ile tout entière s'appelait aussi la Toute- Belle, ÏIavxàX7) ■. ., Hôraclide convient qu'Amorgos étoil une Ile très Fertile en \ius. huile el autres sortes de denrées. C'esl pour cela que Tibère ordonna que Vibius Serenus \ seroil envoyé en exil : cel Empereur étoil d'avis que lorsqu'on donnoit la vie à quelqu'un, il falloil aussi lui en accorder les commodités. L'île esl bien cultivée aujourd'hui. Elle produit assez d huile pour ses habitants el plus de \ius el de grains qu'ils n'en sauroienl consommer. Cette fertilité \ attire quelques tartanes de Provence1 », «lit Tournefort; el les Instructions nautiques ajoutent : « L'île est passablement bien cultivée el l'on y rencontre îles endroits d'aspecl agréable dans les étroites vallées qui courent entre les collines". » L'île portait encore le nom de Psychia, •\j-/'.-j.. Vile du Souffle. Un texte d'Hérodote va nous donner la juste valeur de ce tenue dans la langue des navigateurs : « La Hotte arrivée sur cette plage, on souffla et l'on hala les navires à sec. sç to'jtov tov KiYiaXov xataavôvTeç tô.ç yéaç àviyjy ov aveXxu- 3-avTî;'. » La Plage, Aigialè, d'Amorgos offre un pareil rivage à l'échouemenl des navires. Venus du Sud-Est, les marins soufflent vraiment en ce refuge. Car il leur a fallu traverser le grand abîme, qui sépare d'Amorgos les iles asiatiques, puis doubler le coup de rame quand la côte Sud-Est de l'île leur est apparue. Cette côte terrible. « d'où les rafales tombent avec fureur, balayant l'eau en écume », est toute semblable à telle côte odysséenne qui se dresse fumante d'embrun el fouettée de grosses vagues retentissantes.
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« Attention, dit Ulysse, que tout le monde écoute bien ! tenez ferme sur les bancs et pesez sur les raines : la côte esl accore: il ne faut pas craindre de laper fort