Strab., XIV
.">. Cf. W. Heyd, Commerce du Levant, 1. p. 548-549.
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uussi, à rapprovisionncmenl de l'Egypte. En 185-4, \lichaud trouve encore ce commerce du bois dans les rades voisines de Boudroun : « <hi n'y vient que pour se mettre a l'abri des vents du Sud ou pour charger des bois qu'on transporte en Egypte; nous n'apercevons sur le rivage que de misérables bûcherons el des troupeaux de chacals qui fonl entendre leurs cris semblables
.1 des gémisse ni-'. • -I imagine qu'avant la première colonisation grecque,
les rives d'Halicarnassc présentaient le même spectacle. Les barques indigènes ou étrangères \ venaient charger du bois pour I Êgvpte, pour les innombrables barques de son Nil, pour les charpentes de ses palais el de ses maisons, pour les échafaudages el planchers de ses constructions royales ou privées. Les bois de I Vrchipel homérique trouvaient là-bas la même clientèle que valut plus tard aux bois des Apennins le développement de la Ville romaine*. Car l;i Ville, la Rome, < 1 1 1 monde homérique était sur le Nil : Thèbes était alors ce qu'esl
aujourd'hui Paris dan- l'estii il l'imagination de la plupart des Levantins.
I\i el Sidon n'étaienl que les échelles d'où l'on « montai! » vers la ville, comme on • monte » encore aujourd'hui de Marseille vers Paris. Les papyrus nous oui conservé le récil de voyage d'un Egyptien, Ounou-Âmon, envoyé en Phénicie pour acheter les bois nécessaires à la construction d'une barque divine : Hir-IIor, roi d'Egvpte el grand prêtre d'Amon, voulait construire un nouveau navire destiné aux fêtes du dieu sur le Nil. Ounou-Amon descend de Thèbes dans le Delta, prend la mer et vienl aborder au rivage syrien. Par la mauvaise volonté des roitelets indigènes, il mel deux ans à s'acquitter de sa tâche. Il se désolait de cette lenteur. • Le secrétaire du roi sortit pour me demander ce que j'avais : Ne vois-tu pas, lui répondis-je, les cailles qui redescendent pour la seconde fois vers l'Egypte? El moi je reste là. «Ceci se passait sous la xxi° dynastie, dan- les environs de l'an mil avant notre ère, c'est-à-dire, je ends, toul juste en m>- temps homériques. Les Sidoniens louaient alors leurs bateaux pour transporter les denrées el les personnes en Egypte3 —
I archipel fournil surtout des provisions de bouche. Les céréales des Iles restent célèbres dans toutes les marines :
1 i partie Sud de l'Ile, disent encore les Instruction* nautiques en parlant de Skyros, n'est pas cultivée. Ses hautes montagnes sont dénudées, excepté vers leurs sommets où elles sont couvertes de chênes, de sapins et de hêtres. La partie Nord est moins élevée. La mu H'1 et le blé poussent sur les collines, les chênes, les platanes cl les arbres fruitiers il m- l»»a vallées, le blé, les figuiers el la vigne dans les plaines, dont l'une a quatre milles il étendue. Le blé de Skyros vaut le meilleur de la nier Egée, Le vin, le blé, la cire, le miel, les oranges, les citrons el la garance sont exportés en grande quantité.
Skyros est bien arros i fournit >\\i pâturage à quelques bœufs el à de nombreux
troupeaux de moutons el de chèvres, dont la plu- grande partie est exportée*.
I Mil I i lll p 177,
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Ii !.. nous paru! bien cultivée Le froment (|ii*oii } recueille pa e pom le mcillcui 1I11 l'Archipel; les Provençaux ne le laissent pan ôchiippoi il oeiiiiicTenl ion I. i un
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cap Nègre, (le n'e I pu mns peine pourtunl qu'on charge <lr ^rain an l • ■ • ml on ne
trouve souvenl qu une partie de la cargaison dan une Ile; il l'ouï nloi coui ne
outre Ile el bo contenter quelquefois de charger moitié froinenl el moitié oi içc
• •n pourrait trouver des citations analogues pour toutes les Iles de I UvhipH el mettre sous chaque mol de VOdyssée un passage de Tournefort. Les Phéniciens faisaienl les mômes a écu mages » de grains que uos Provençaux. Nous axons la-dessus des textes contemporains ou presque. I>;ms I Ecriture, les clients de Tyr el de Sidon paient les manufactures phéniciennes en matières premières, surtout en provisions de bouches, en 6£oto$ : Salomon demande au roi de l\i. Iliram, <lu bois, des charpentiers cl des artisans; Hiram lm demande en retour des grains el «les huiles, des provisions. Le mol employé par I Ecriture esl -~~ lehem, vivres, que les Hébreux agriculteurs traduisenl par pain el les Arabes pasteurs par viandes : c'est l'exacl équivalent du biolos grecs.
Il faut nous arrêter à ce commerce îles grains dans l'Archipel : la dernière remarque de Tourneforl au sujet de Sikinos mérite surtoul notre attention. Tournefort donne ici une condition fondamentale de ce trafic pour une marine étrangère exploitant celle mer semée d'îles el d'ilôts. Ces îles sont petites, encombrées de golfes et de rochers, morcelées en plainettes, en champs minuscules, en jardinets de froment, d'orge ou d'oliviers. Chacune d'elles ne peut donc fournir aux navires étrangers mi une moitié ou un quart de leur chargement. Seules les plus grandes, Samos, Chios, Lesbos ou Rhodes, fournissent tout un bateau de laine et plusieurs bateaux de \iiis on grains*. Le commerce étranger, pour remplir les cales de ses navires, esl donc obligé de recourir à certains errements qui, d'un siècle à l'autre, ne sauraient être modifiés (c'est la nature même «les lieux qui les impose). On esl toujours réduit à deux alternatives : ou bien l'on cabote d'ile en ile et bon récolte de-ci de-là une partie de la cargaison5; ou bien l'on doit attendre en un port central les arrivages des Iles voisines el séjourner en ce port central tant que les barques des indigènes n'ont pas rempli les cales des grands chargeurs. Mans l'Archipel ancien el moderne, lune ou l'autre de ces alternatives a toujours été la règle