I. Roscher, Lexic. Mythol., -. \. Axtypalaia
y l S Mil MCIE.NS E I L'ODYSSÉE.
Grecs modernes, après avoir porté quelque temps un badigeon italien nu franc — • » 1 1 -~ les vocables de Sainte-Irène ou Santorin.
i les couches successives de I onomastique méditerranéenne ne se sonl pas toujours parallèlement superposées ni exactement recouvertes l'une l'autre. Elles ne se présentent |»;i^ à notre étude en une série verticale de hanches horixontales et continues. Il \ a il»*- plissements, «les effondrements, des disloi .iIhmi^ qui parfois interrompent la Buccession régulière, engloutissent les couches supérieures et font émerger celles du fond. Il \ a aussi des points qui semblent dès l'origine être demeurés stables et émergés. Dans les eaux de notre Méditerranée, nous pouvons apercevoir à la surface ou atteindre à nue faible profondeur les vocables, témoins de l'époque préhellénique. Sur nos côtes de Provence, Monaco parait remonter an delà de V Hercules Monoecus des Romains cl île I Héraklès Monoikos des Grecs, jusqu à un original sémitique. Près des linléares, dans hua. affleure à nouveau le vieux nom phénicien que les Grecs recouvrirent de leur Pityoussa, mais que les Romains remirent au jour dans leur Ebusus. La toponymie, elle aussi, nous fournira pour celle période préhellénique d'abondants matériaux et, par son aide, nous compléterons l'œuvre de la topologie.
Mais il faut nous méfier un peu de celle aide. Le même exemple d'Astypaléc pourrait montrer les dangers de l'argumenl toponymique et de quelles précautions il faut nous entourer avant de risquer une étymologie ou de la tenir pour certaine. Kiepert, ayant terminé son étude des Astypalées, coin lui que le site n étant pas grec le nom ne doit pas l'être non plus. Il propose une étymologie sémitique. De la racine hébraïque Sapai ou Saphal (être bas), il tire une loi nie verbale, istapel, et il s'efforce de montrer que toutes les Aslypalées sont situées en contre-bas, d'où leur nom. S. Bochart lui-même n'avait pas mieux trouvé, Astippela ab humilitate dictum. Ce n'est pas que je veuille médire de S. Bochart; mais il a été, je crois, la plus illustre victime de la fureur toponymique en ce xvn" siècle, où pourtant elle lit rage. S. Bochart (1599-1667), qui lui un dis philologues les pins érudits de l'École normande et que Baylc proclamait l'un des plus grands savants du siècle, jouit aujourd'hui d'un oubli parfaitement immérité. Souvent on I utilise sans le nommer. Kiepert croit découvrir des choses nouvelles que depuis deux cents ans Bochart avait inventées. C'est le sort commun de tous les érudits du wn' siècle, et nos archéologues, qui ne manqueraient pas de lin- le moindre mémoire du moindre professeur-docteur allemand, semblent ignorer ces grands érudits de I école h ançaise.
S. Bochart avait reconstitué, en deux livres, la Géographie sacrée. Le premier de ces livres, intitulé Phaleg, était consacré aux Pays de l'Écriture et traitait, dans s,s quatre parties, de la Division des Races et des trois Descendances de Sein, Japhcl et Cham. Le second livre, intitulé Chanaan, étudiait, en ses deux parties, la colonisation phénicienne et la langue phénicienne et punique.
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Chypre, on bgyplc, on Cilicic, en Pisidic, en Carie, fa fthode h Si (on
ppurroil continuer ainsi , par la seule énumération des trente-six premiers chapitres, lonl le périple de la mer Intérieure), partout il retrouvait les léiumio delà colonisation sémitique. Uicun littoral n'échappait a ses prises <!<• pussessimi pour le compte des Phéniciens. Il hésitait môme à nier (cttap. xxxviii) que l'Amérique fût restée en dehors «le leur clientèle. Il savait (chap. ki.ii) que In langue des Gaulois avail plus <l une ressemblance avec celle des Phéniciens.
Malgré toutes ses erreurs, S. Bochart esl <l une Fréquentation profitable, aujourd'hui que triomphe le préjugé contraire. Fondée sur la Bible et mu le préjugé de l'infaillibilité biblique, la théorie de Bocharl s'écroula avec ce préjugé1. Le xvin8 siècle, séparant la vérité de la religion, sépara aussi « I histoire saiiilc » de l'histoire et chassa Phéniciens et Juifs de l'antiquité philosophique. Il est grand temps de revenir à certaines conceptions <le Bochart. Mais il faut profiter de son exemple pour éviter parfois ses cireurs. A le lire un s'aperçoil bientôt d'où proviennent surtout la faiblesse de son argumentation et la fantaisie de ses découvertes. C'est <|iie. d'habitude, il n'envisage dans ses recherches toponymiques qu'un seul nom à la lois. Il ne reconstitue presque jamais la classe ou la série à laquelle ce nom peut appartenir. Il n'en recherche pas les similaires ou les complémentaires. Il procède presque toujours sur un l'ail isolé, et il voudrait en tirer une loi générale. Le vice de la méthode saule aux yeux. Mais la correction est fournie par Bochart lui-même. En deux ou trois points, il est arrivé ii des résultats indiscutables8; c'est qu'alors il s'est donné la peine de collectionner un grand nombre de faits avant de risquer une hypothèse. Il dresse par exemple la liste des parfums et plantes odorantes, et montre que Grecs, Latins et Hébreux leur ont donné les mêmes noms :
Ï1D3D, kenamon, /.'.wàawaor, cinnamanus.
nyiï'p, kassia, xxoïa, cassia.
"I1D, mour, u-'jpix, myrrha.
njix?, lebona, Ài'Savo;,
11227", chalbena, ^aXêâvirj, galbanum.
nv?nx, <Kiioi, àXôTj,
nSll. bdela, poÉXX-.&v, bdellium,
TU, nanl. vàooo;. nantit*.
"\22, kopher, xÛ7tpoç, cyprus.
eïïM, natap, vstomiov.