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LES NU N1CIBNS II I nin ss l i:
nmphictyonies primitives. à ces groupes de sept ports dispersés sur le pourtour
du |»olfe Sarouique.
I n réalité, cei différentes sortes de systèmes toponymiques sonl inséparables
les nui'-, des autres. Les Siphne ri Spane, £î»vo; cl 'Ivrcavta, pourraient aussi
liien former, nous li' verrons par la suite, un système verbal qu'un
système historique. Ces deux dernières sortes de systèmes surtout se pénètrent
constamment : ce sont, à vrai dire, les plus Fructueuses et les plus légitimes.
Car un système local est toujours un peu arbitraire : où s'arrête une région?
pourquoi prendre tel golfe dans une mer cl telle nier dans la Méditerranée?
Les tystèmes locaux prêtent à trop de tentations : ils ne doivent servir que de
véi ificateurs. Des deux autres, c est le système verbal qui doit servir de base cl
île règle: le svstème historique arrivera comme couronnement : le système
verbal des [stypalées nous a conduits à la légende d'Astypalée, Mlle de Phoinix.
Le svstème verbal est, en lin décompte, le plus facile cl le plus sûr. (Tesl lui
qui, jusqu'ici, a fourni les matériaux les plus utiles pour l'étude de la topo-
iiMuic préhellénique. C'est le système verbal, en effet, qu'Olshausen, «lès 1855,
avait pris comme fondement de ses Etudes sur 1rs noms <lc lieux phéniciens en
dehors <ln domaine sémitique. Il avait groupé les noms «le la forme Àdramut,
Vooàuumc, ^TpàiAurretov, Adrumetum, XaTpauÛTau, ATpau.um'Tai, ou ceux de i t i » > t ri
la forme Atabour et Jordanos, Ariêuci: ri Araêûp'.ov, 'Iopoâvr.ç, 'IaoSâvoc cl lôsoavo*, ci il avait montré comment ces noms, qui n'ont un sens que par
I cl\ logie sémitique, sonl pourtant répandus île l'Arabie au Bosphore cl de la
Lvcic aux côtes Barbaresques. Ces études d'Olshausen peuvent toujours être citées comme les modèles du genre; les résultats m'en paraissent convaincants'. \n'n i dune une première précaution contre les entraînements de la fureur étvmologiquc : nue hypothèse étymologique qui ne s appuie que sur un nom isolé, qui ne s'applique pas ,:i tout nu système, doit ('Ire résolument écartée. Mais l.i formation des systèmes n'est que le premier pas. lue fois les systèmes dressés, isolés ci bien reconnus, il faut encore les pénétrer et en trouver l'explication. Or celle-ci peul «'Ire de plusieurs sortes. I) un peuple à I autre, en effet,
les noms de lieux se transmettenl de plusieurs façons. A première rencontre, seiiilde-i-il, mi imaginerai! vingl suites de prêts et d emprunts en ces matières. Pourtant ces variétés de transports, si nombreuses apparemment, se ramènent en lin de compte ii trois principales.
Première manière : transcription. Le peuple emprunteur accepte l'onomastique des étrangers telle qu elle se présente à lui, tout entière, idées et vocables. Il la transcrit telle qu il la perçoit. Il en calque les noms et les reproduit de sou mieux. Il ne fait subir aux consonnes et aux voyelles que des modifications res pour les adapter seulement aux nécessités ou aux habitudes de son oreille et de son gosier. Bref, il transpose les noms du voisin dans son Ion
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particulier; muis il u'oii . > 1 1 < t < ■ aucune de vulcut c cuticlli h ic cl
voyelle», 1rs noms Kspuguo, Italie, Syrie, Kgvplc, (lliyprc, Ithodc . Pélopoum
Sicile. It.ilr.n c .. rie bo sont exactement trun n ii ilo 1I1.1I.1 accule en thuhi
sucrutes depuis Iob origines helléniques jusqu'à no joui
Socondc 1 1 i.i 1 1 km c : traduction. Le peuple euipruuleui rejette le rorme extérieures do l'onomastique étrangère; mais, gurdanl les idées, il traduit le vocables du voisin on bu propre langue, \ l'entrée du détroil de (îibraltar, toutes les inurines actuelles connaissent le Mont nwu Singes; inuis chacune lui upplique nu vocable différent : anglais, français, espagnol, allcinund, etc. ftn trouveruil purcillemcul des <;i p^ de la Roche-Noire, nue les rurcs appellent Imiiii Bouroun, les Francs cl les Italiens Pielra Nern ou la Pierre- Soire, cl les Grecs Mavwlithari.
Troisième manière : entre ces deux extrêmes, transcription ou traduction, souvent li' peuple prend un moyen terme. Il ne sait pas traduire le nom <|ii il emprunte. Il ne se contente pas de le transcrire. Il s'en empare et le pétrit, le raccourcit, l'allonge ou le façonne, au gré de son imagination et de ses raisonnements : il arrive, par quelque calembour, à faire sortir un sens apparent de ce vocable incompris'. Les Francs prennent le Megara des Grecs «M en fonl le porl de la Maigre. Les Anglais prennenl le Livorno des Italiens H en fonl leur Leghorn (Corne de Jambe). Les' Humains, dans I antiquité, avaient tiré de VOgilos des Hellènes leur Âegilia. Nous verrons les Hellènes, par le même procédé, tirer des Roches phéniciennes (Solo), leurs villes de Solon, Soloi, ou des Caps phéniciens {lins), leurs promontoires des Rhodiens, Rhodos, ou des Halles phéniciennes (Minoha), leurs colonies dt Minus. Minoa. Parfois, de tels calembours sont à nouveau traduits par quelque successeur : les Italiens ayant pris VUymetlos des Hellènes en tirent par calembour leur Mont-du-Fou, // Matto, que les Turcs traduisirent eu Deli Dagh : les Grecs modernes, ayant traduit le mot turc, disent aujourd'hui Trèlo }'<>iiiio.^
Transcription, traduction ou calembour populaire, toute onomastique empruntée subit l'une de ces trois opérations. Devant un système à ouvrir, il faut donc envisager trois explications possibles, et l'on peut, on doit hésiter entre trois clefs : laquelle choisir? On ne saurait avoir trop de défiance : pour diminuer encore1 les chances d'erreur ou les écarts de fantaisie, une règle stricte pourrait être posée, la règle des doublets. J'entends par là qu'une hypothèse
I. Bondelmont. , Lib. Insul., chap. su el suiv. : « Xunc ad insulam Carpan ti venimus. Carpos enim graece, latine fructus.... Nisaros : nisos graece, insula latine interpréta tur.... Dicitur Sicandros a multitudine Gcuum : sicos, etenim graece, latine ficus, interpretatur.... Policandros dicitur a poli, civitas, el andros, homines, id est civitas hominum vel virorum.... Panaya a pan graece, totum latine, el ya,
sanitas, quasi tota sanitas Inafios surgit insula. ah ana graece, latine sine, el fios, serpent, id esl
sine serpente. » De même Thévenot, I. chap. iaix : « L'île de Milo est ainsi appelée de Mylos, qui, en grec vulgaire, veut dire moulin, à cause qu'il y a quantité de moulins à vent et aussi parce qu'ils en tirent les meules de moulin.... L'île de Syra, qui en grec vulgaire veut dire Signora ou maîtresse, esl ainsi appelée parce qu'elle commande par sa hauteur toutes les autres Mes.... a De même encore. d'Arvieux, II. p. Id : •< Les gens du pays appellent ce porl Hhcifa et les Francs Catfa, parce qu'ils prétendent qu il a été rebâti par le grand-prêtre Caïffê. > Nous avons en ce dernier exemple le meilleur équivalent du calembour grec Soloi. ville de Solon.