LA VILLE ET LE FLEUVE
Otlyss., VI, 300 301
VOdyssêo donne une description si détaillée du porl el de la ville des Phéaciens •■ qu'un enfanl même nous \ pourrai! conduire; tant la reconnaissance en est aisée »
Lundi, (i mat/23 avril 1901 '. Les salves de lu saint-Georges, patron du roi île Grèce, réveillent les clairons el les chiens de Corfou. A l'aube encore toute blanche, nous partons en voilure vois Aphiona. De la ville de Corfou jusqu'à Perlepsimadais où s'arrête pour nous la roule carrossable, les cochers comptent cinq ou six heures. Il faut traverser la moitié de l'île dans su longueur ûu Sud au Nord, longer d'abord l;i plaine côtière du détroit, puis couper les vallons el le dédale de collines qui bordenl le pied du Pantokrator; il faul ensuite franchir hi haute muraille de celle chaîne au col de Panteleimon; il faul
enfin redescendre vers la côte adriatique \u début, toul va bien. Sous l'aube
fraîche, dans la plaine de Govino, au long des marais el des lagunes, puis dans les olivettes de Saint-Dimitrio, à travers les bouquets de chênes el de cyprès, nos deux chevaux tirent allègrement leur vieux landau aux royales lanternes. Mais le soleil parait sur les montagnes d'Albanie, el la chaleur pèse soudain, et voici la rude montée du Panteleimon, et le cocher tourne un regard d'envie sur les paysannes endimanchées, les popes, les petits ânes et les pallikares qui, en longues files, trottinent au bord de la route : ils nous tournent le dos et s'en vont à la ville fêter la saint-Georges; ils mangeront l'agneau; ils danseront sous les peupliers du rempart: ils causeront politique aux terrasses des petits cales: ils verront défiler les deux cents artilleurs de la garnison.... Il est dur pour un cocher de tourner le dos à de si beaux plaisirs.
Les roses et les maisons fleuries du bourg de Skriparou oui disparu dans leurs