L'ÉTUDE DES ORIGINES GRECQUES
T'ij; Si <t>o(vixaç '•;'■> '.' '. '
Suivi.. III. p. 150.
L'ensemble des études qui vont suivie n'esl guère que le développement «I une ou deux phrases <lc Strabon : « Si Homère décrivit exactement les contrées, tant (h> la mer Intérieure que do la mer Extérieure, c'est qu'il tenait sa science des Phéniciens, ol vàp $o(vixeç èS^Xouv -zoù-o...: les Phéniciens, conquérants de la Libye et de l'Ibérie, avaient été ses maîtres, toù; oà $oîvixaç Xlyu y.y.vjTiç. »
Plusieurs épisodes et plusieurs chants, toute une moitié peut-être de ['Odyssée, fournissent, je crois, les preuves de celle affirmation. Je voudrais [n'attacher tout particulièrement aux dix ou onze chants do VUlysséide proprement dite, aux chants v-xv du poème o\\ sa rédaction présente. Cet épisode me parait, plus que tous les autres, garder encore les traces de son origine. En le séparant du reste du poème, j'entends ne préjuger, pour le moment du moins, ni sa date ou son auteur, ni sa composition. Par la suite, nous aurons à discuter l'unité fondamentale du poème tout entier. D'ici là. admettons, si l'on veut, les dogmes les plus respectueux de la tradition : croyons à l'existence d'un grand et vénérable poète, d'un Homère compositeur ou rédacteur de VOdyssée. Cela importe peu à la thèse que je voudrais soutenir. Cette thèse s'accorde même plus facilement avec le dogme de l'unité : j'imagine plus facilement un homme auditeur et disciple des sciences phéniciennes.
Mais, alors même que l'on accepte ce dogme, on est obligé de reconnaître dans VOdyssée trois grands épisodes qui, juxtaposés, fondus, si l'on veut, en une admirable unité, demeurent discernables cependant comme les cristaux au sein du plus parlait granit. Les quatre premiers chants du poème sont en réalité une Télémakhie, ou, comme dit le titre du second chant, une Excursion de Télémaque, T^Asuàyoj 'A-oor,;ji{a : Téléinaque en est le héros-, les voyages de Télémaque à Pylos, Phères et Sparte, en sont tout le sujet : Ulysse n'apparaît
I 1.1 s Mil Ml II \n ET L'UDYSSI l
qu'en un lointain fort obscur, comme personnage de deuxième ou troisième plan.... \u cinquième cliaul seuiemenl commence Vllysséide, OSûovsia, le n il I 0 -■- '•'- n-.tt'/,-. ou, comme <lil Slrabon, I Errement <l I lysse, il ■</,. Vlors, pendant une dizaine de chants (v-xv), se déroulent les aventures de ce Retour. Ulysse occupe toute la scène. Ce sont les <h\ chants que j'appelle VOdysseia proprement dite \m chant \\ s'ouvre enfin la troisième partie, la Lutte contre les Prétendants, que l'on pourrait appeler Mnes- . m. -:/-../. si | un voulait forger un nom sur le patron dr Gigantie, . mi \tnestérophonie, MvT,oTr(pocpov£a, si Ion voulait appliquer a toute
tte lin «lu poème le titre même du chant \\n.
Le second épisode, I / lysséide, lr-~ ili\ chants de I Odysseia proprement dite, doivent surtout m>u^ occuper. Nous ne négligerons |>;i^ le reste du poème. C est l>.u l'étude de la Télémakheia que nous commencerons, et nous emprunterons a la Wnestérophonia <\r^ arguments et des exemples. Nous userons du poème entier < -< • t ■ 1 1 ■ m * *d réellement il était l'œuvre personnelle et intangible d'un Homère, dont il faut respecter toutes les conceptions et tous les mots; dans l'ensemble '•! dans le détail, nous suivrons les méthodes de ces l'Ius Homériques dont parle Strabon, qui s'attachent à tous les vers de l'épopée, oi ( );/./, v.x<!>tî 20». -.',:: -.-.-:/ v/.'//vjiio/>::.-. Mais c'est tout spécialement VUlysséide, les Aventures ou Errements d'Ulysse, OSuroéo); tlXàvrj, que j'ai en vue quand je reprends pour mon compte l'affirmation du Géographe : « Des récits ou des documents phéniciens • >n l été la première source d Homère. •> 1.7 lysséide m 'apparaît comme un périple phénicien (de Sidon, *\r Carthage ou d'ailleurs) transposé en vers grecs et en légendes poétiques, suivant un certain nombre de procédés très simples et très helléniques, si l'on peut ainsi parler. Personnification anthropomorphique des objets, humanisation des forces naturelles, hellénisation de la matière, parles mômes procédés, qui leur fournirent tant de leurs mythes ri légendes, les Hellènes brodèrent, sur un solide, m;ii^ grossier, canevas sémitique, cette œuvre d'arl el cette œuvre vraiment grecque qu'est Y Odysseia.
i est, comme on voit, transportée dans l'histoire de la littérature grecque, cette même affirmation des influences orientales, qui depuis trente ans a renouvelé l'histoire de l'art grec. El c'est aussi toul (e problème des origines grecques posé (l'une nouvelle façon, sur les textes et ^\w les réalités, et non j » 1 1 1 — sur les monuments ou sur les mythes. Tour les témoignages et les preuves, je voudrais (urir, en effet, a deux ordres d'études qui n'ont pas encore été appliquées à , ,. problème. Seules pourtant, elles me semblent pouvoir le résoudre. Jusqu'ici, ,,,, n ,, guère recouru qu'à l'archéologie el -:i la linguistique. Je confesserai tout ,, l'heure mon peu de confiance en l'archéologie. La linguistique, d'autre part, et la philologie peuvent fournir de bons indices. Les livres d un<> Keller, de Muss-Ariioll el <\>- M. Lewy', en is donnant la li^io des mots empruntés |>;ir
I I, Ki'IItT, /."' ■ ymolngir; Latciniiche Elymotogieti. Mut Irnolt, Semitit Word»
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nous voyous Ir-, animaux de la mer, oiseaux '•! poi on . portei ilan I thlij les mémos noms que dans l'Eci itm e, \ >\. ■ U el
les armes, ;''/'', '• rl ''"' étoffes tissées, oQovat el le
boissons rermenlées, olvoç, vixrap, etc., avoii a ltliai|iie les même nom vraisemblablement qu'à lu. nous somme: forces de nous dcmandci laquelle des deux l'aees véeul dans la clientèle de I autre.
Mais si l'on aborde parla linguistique le problème de origim grecque .il est à craindre «pie la solution ne soii difficile ol ne semble a quelques-uns toujours discutable. Le transporl «les mots d une langue à une autre est malaisé ii prouver entièrement, souvent impossible a faire admettre. Môme quand il est des ressemblances que l'on ne peut nier, on préfère encore im \"ii que des rencontres fortuites el les effets de cetto cuise, si commode a invoquer, que I on 11(11111111' hasard. Les relations entre Grecs el Sémites, surtout, seront toujours aperçues à travers certains préjugés qui d'avance inclineront les esprits aux affirmations contradictoires. Longtemps encore il se trouvera de vaillants cœurs pour défendre le patrimoine sacré des ancêtres indo-européens et pour repousser huile invasion des influences sémitiques loin de ce domaine grec, citadelle el
temple de la culture occidentale La seule linguistique n'arriverait pas, je crois,
à désarmer ces préjugés. Je voudrais emprunter des arguments moins douteux à doux autres genres d'étude : la toponymie et la topologie.
La toponymie, science tics iiuins de lieux, csl assez familière à Ions pour n'avoir |>as besoin d'autre définition. Mais le |>clil jeu «les étymologies, auquel, savants ou ignorants, ions se livrent avec ardeur, a déprécié cette recherche dans l'estime publique. Ce jeu facile peut mener loin. Si l'on veut recourir à toutes les ressources des grammaires et vocabulaires comparés, chaque nom propre, en n'importe quelle langue, est susceptible de nombreuses étymologies, apparemment satisfaisantes el vraisemblables.... Il ne faut, je crois, faire delà toponymie qu'un usage prudent, suivant des règles strictes que je formulerai loul à l'heure. Quanl au mot nouveau i\e topologie, voici pourquoi je l'ai forgé et voici ce que j'entends par là.
Dans sa dissertation sur les « Types d'établissements grecs durant l'antiquité1 ». li. Hirschfeld regrettait l'absence d'un nom commode pour un genre d'études qu'il entrevoyait. Il pensait que la description des siles et emplacements ancien-. la topographie antique, ne suffit pas. Il voulait fonder une science des sites, qui ne nous donnai pas seulement l'aspect des lieux, avec leur situation réciproque, leurs moyens de communication ou les obstacles intermédiaires, mais qui fût capable en outre de nous expliquer l'histoire particulière des différents habi-
I. Histor. und Philolog. Aufsâtze dédiés ;'i Ernesl Curtius, p. 552. Berlin, 1884.
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lais, li -m origine. Icui raison d'être, et le rôle de chacun dans l'histoire générale. Cette science des sites n'esl pas la topographie, simple description des lieux. Mais elle eu doil être la suite el le complément. Coordonnant 1rs descriptions de la topographie, elle en doit tirer des lois historiques. ( 1 ;i i . des conditions naturelles, il est \isil»le que découlent, toujours les mêmes, certaines conséquences des. En présence d'un habitat, pensai! ti. Hirschfeld, on peul toujours déterminer quelle sorte d'agglomération humaine ;i existé ou a pu exister là, quel étal de civilisation ces hommes onl connu, quels furenl leurs occupations el leurs rôves, quel degré, quel minimum, quel maximum de richesse el de prospérité ils purent atteindre, bref,* quel ensemble de conditions matérielles el morales durent réaliser leurs générations successives, pour que leur communauté naquit, grandit, se maintint ou disparu! en cet endroit.
G. Hirschfeld me semble avoir pleinement raison. Il est des lois générales île milieu ri de domicile qui président à la formation ri à la durée, comme au déplacement el à la dispersion, des communautés humaines. La prospérité ou la ruine d'une ville semblent parfois l'œuvre soudaine d'un homme : Alexandre fonde Alexandrie; Scipion ruine Carthage. Mais cette œuvre apparente n'esl que le couronnement du lent travail de mille forces obscures, sur lesquelles la volonté des hommes u a pas de prise soudaine. Le monde ambiant, la force «les choses, comme dil le populaire, est ici la grande cause. Ce soûl les changements du monde extérieur qui amènent aussi les changements de nos villes : l'Atlantique exploré fait la fortune de Cadix; la mer Rouge ouverte, à travers l'isthme
supprimé, ranime tous h-s ports méditerranéens La nature el le site de leur
domaine, la grandeur el I orientation de leurs golfes ou de leurs mers, la faune et la flore de leurs terrains imposent aux diverses humanités des conditions d'habitat inéluctables, el ces conditions sont régies par des luis aussi générales et aussi fixes i|ue ituis les auires phénomènes terrestres. Le caprice des hommes échoue toujours quand il veut se mettre en révolte contre ces lois : telle préfecture <»n sous-préfecture française, donl l'État voulut arbitrairement faire la capitale d'un district, reste après cent vingl ans un bourg misérable. Le travail des hommes n'aboutit que s'il étudie ces lois et les respecte : au \ siècle avant notre ère, les Rhodiens comprirent que leurs vieux ports, Lindos, Kamiros el lalysos, ne convenaient plus à l'orientation du nouveau commerce entre la Grèce el le Levant; ils choisirent à I autre bout de leur Ile, sur le détroit, le point de passage le plus fréquenté îles vaisseaux-, dans ce sile approprié, leur nouvelle capitale d<- Rhodes devint le grand emporium des siècles suivants.
Il existe des luis topologique* : il s'agil de les dégager; il est facile de les • t • - . • •• * • i . surtout pour les sociétés disparues. \ travers tous 1rs siècles, un village
lie (Miliniis n, iiii.i pas 1rs inclues besoins ni. par Conséquent, le même silr
qu'un village de bergers. D'un siècle à l'autre, le môme village de pécheurs puni 1,1 ~r déplacer. Il émigré ra du bord de la mer aux pentes ou au sommet
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île montagnes côlièros, suivant l'étal du écurilé ou il'in i rurité de ri
slli\,illl 1,1 |H l'M'llt ■(■ mu I ;ili- nu r ilt- n.i\ il c piratU COI I un I *. 1 1 < i M ■ ■
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de ses vaches, s'accrochera au liane des monts, il mI de se dirvi'e .
ili'ilnulili'i ,i on village d'été, près des sommets, el en villuge «I hiver, prf; de pt\ tu rages maritimes, ^il \ii de ses moutons transhumants — Vjoutez lei différences d'étal social : bergers esclaves, bergers mercenaires ou bci propriétaires auront des huttes, «1rs formes ou des bourgs tout parliculici Ajoutez encore les différences d'étal politique : le laboureur de la paix roumaine n'aura pas à fuir les roules et les plaines ni à se clôturer de plessis comme le paysan do la guerre médiévale. Kl l'on reconnaîtrait sans peine <lr pareilles différences entre les fondations des diverses marines ^m une côte étrangère
Uniquement occupée < I « * commerce, sans ambitions <lr conquérants, sans besoin de terres à coloniser, telle marine s'esl longtemps contentée il»' surveiller les grandes roules de la mer el d'établir sur les promontoires une forteresse mu un dépôt : cllf tient Gibraltar sans posséder l'Espagne; elle occupe Aden sans pénétrer dans l'Arabie. Telle autre marine, au contraire, ne projette que domination el conquêtes : nulle part elle ne peut prendre pied sans rêver aussitôt île pénétration vers l'intérieur et d'empire continental; elle n'occupe Alger que pour aller jusqu'au déserl ou, par delà, jusqu'à l'autre rive «lu continenl africain; elle s'installe à Saigon et, de proche en proche, compte pousser jusqu'en Chine. Les marines antiques présentent en ce point les mêmes différences que nos marines modernes. Sur le pourtour de la Sicile, les Phéniciens, uniquement occupés de commerce, dit Thucydide, luîtoptaç Svexsv, ne se soucièrent que «le stations el d'entrepôts : ils n'occupèrent que les ilôts côtiers el les promontoires. Les Hellènes colonisateurs voulurent des champs à cultiver, des vignes et des olivettes : ils durent occuper les plaines et les coteaux du rivage et, de proche en proche, ils tâchaient de soumettre l'île entière. Il me semble inutile d'insister sur la différence d'établissements qu'entraîne cette différence de conceptions. Il suffit de mettre en regard le Gibraltar des Anglais el l'Alger des Français, la Syracuse insulaire des Phéniciens et la Syracuse continentale des Hellènes.
C'est ainsi que certaines lois topologiques sont tellement lixes et tellement générales qu'elles se dégagent elles-mêmes d'une simple1 vue ii vol d'oiseau. Pressez la liste des grands ports sur l'océan Atlantique : tous sont à l'estuaire d'une rivière ou d'un fleuve, Lisbonne sur leTage, Bordeaux sur la Garonne, Nantes sur la Loire, Anvers sur l'Escaut, Londres sur la Tamise, Hambourg sur l'Elbe, etc. En regard, dressez la liste des ports méditerranéens : tous se sont écartés des fleuves, qui ne leur apporteraient, tante de marée pour balayer les estuaires, que fièvres el bas-fonds. Tous sont restés pourtant à proximité des fleuves qui leur amènent le commerce de l'intérieur : Barcelone près de l'Èbre, Marseille près du Rhône, Livourne près de l'Arno, Salonique près i\u Varjdar,
I I v l'MI NICIENS il I "0D1 SSl I
Mili'i pré* iln MimiiiIi r. Vlexandrie près du Nil, tous 1rs ports méditerranéens - installent à la limite extérieure * 1 * — - deltas, au rebord des côtes rocheuses, sur nu promontoire ou sui un Ilot, ma i^ près d'un fleuve. Quand donc un port atlantique semble échapper à cette l"i, il Paul en chercher la raison. Môme si nous ignorions entièremenl l'histoire de Cherbourg, nous pourrions inférer, du seul plan de sa rade, que seul un porl militaire put s'installer en cette baie écartée, sans route qui marche • vers l'intérieur du pays. Que dans la Méditerranée antique, pareillement, nous trouvions Lorvma isolée sur la Pérée rhodienne, loin de toute plaine, de toul delta, «le toute route d'accès: nous pourrons a fli r mer que Lorvma, donl nous ne savons rien, fui le Cherbourg, je
veux dur le pnri militaire, l'arsenal el le chantier des Rhodiens
i.. Ilirschfehl donnai! à la recherche el h l'étude de ces lois I»' nom de rypologie des établissements », Typologie griechischerAnsiedlungen. A ce m un, un peu long cl trop peu clair, <>u substituerai! avantageusement, je crois, celui de Topologie.
' e mol nouveau se comprend de lui-môme. La topologie, science des lieux, sérail .1 l,i topographie, simple description des lieux, exactement ce qu'est la géologie l\ la géographie. Le topographe, m effet, us;inl de notre expérience actuelle <>u passée, décrit l'étal des lieux, la surface des siies, tels que l'œil des hommes les ;i \us un les ;i pu voir. De môme, I»' géographe décrit les aspects de la surface terrestre dans huiles les régions «i à toutes les époques où l'expérience humaine nous peu! faire pénétrer. Mais il faul recourir au géologue si I mi veul connaître la nature intime de nos continents, la raison de leurs dépressions el de leurs reliefs, les luis el les modes de leurs formations el déformations, bref, l'histoire antérieure ou supérieure ;'i l'expérience humaine, I explication el non plus seulement la description de notre planète. Semblable à la géologie, la topologie nous expliquera les descriptions que lui fournil le topographe. Elle classera d'abord ces descriptions el répartira les sites en un certain nombre de catégories. Elle montrera ensuite comment telle classe de sites correspond ou s'oppose a telle autre classe el comment telle catégorie d habitats appai tienl ,:i la môme forme de société que telle autre. Elle expliquera enfin pourquoi tel étal de vie matérielle el sociale impose aux communautés humaines !<■ choix >\<~ tels ou tels refuges, <•!<•. Inversement, en présence d'un siir donné, elle cherchera pourquoi el quand cel habitai fui adopté; sous quelles conditions el combien de temps il put se maintenir; comment, surpeuplé à une époque, il devint déserl ou peu fréquenté a quelques générations de là ; pourquoi telle route, longtemps battue, tomba plus tard en désuétude ; pourquoi tel porl ouvre vainement aux vaisseaux d'aujourd'hui les lu;is hospitaliers de sa rade, '(>•.* remplissaient les flottes des âges précédents; pourquoi telle capitale se meurt el pourquoi tel bourg prend s;, place. Bref, dans le présent el dans le ■ . la topologie déduira les raisons des habitats humains, el réciproquement, ••H face ri un habitai humain, elle induira les conditions"qui l'onl fail naître, le
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avoc lu mor cl vivout, pour une part, il"' la vie maritime. Mai ce ne oui qui; • les ports lluviuux, éloignés de In rote. Leur site u été déterminé pai la rcucmilri! de doux conditions indispensables. Vivant de la mer, ces villes devaient être ii portée du flot. Mais, redouta ni aussi les incursions des anglais, espagnols el autres gens de mer, elles devaient Être a l'abri des attaques el des coups de main. Elles ont trouvé ces deux conditions remplies, commodité el sécurité, au dernier poinl où la marée remonte dans les fleuves. Autour de la presqu Ile, ces vieilles villes rormenl un chapelet, régulièrement disposé sur le cours inférieur des rivières: elles sont des ports; mais elles sont aussi des ponts, auprès d'elles, d'autres villes |»l us récentes onl grandi <|iii peu à peu menacent de les éclipser. Célèbres el importantes dans l'histoire de la Bretagne Française, S .- 1 i 1 1 1 - Malo, Paimpol, Brest, Douarnenez, Concarneau, Lorient, Quiberon, Saint-Nazaire, toutes ces villes neuves se son I rapprochées île la mer. installées sur la côte. Au boni des rades on dans les estuaires, chacune a pris, pour le commerce nouveau, le rôle que tenait l'une des vieilles villes pour le commerce d'autrefois. La prospérité de Saint-Malo a supprimé Dinan; que sonl aujourd'hui Landerneau ouHennebonl auprès de Bresl ou de Lorient? que sera bientôt Nantes auprès de Saint-Nazaire?... Voilà doue un simple classement de descriptions topographiques, qui nous expliquerait toute l'histoire de ces habitats. Même si nous ignorions entièrement l'histoire d'Hennebont, nous pourrions, eu replaçant ce grain dans le chapelet des villes hielonuanles. induire qu'au temps de la Bretagne ducale, ce port fluvial partagea vraisemblablement la gloire et l'importance de Dinan, de Quimper ou de Vannes. Prenez maintenant un autre groupe de villes maritimes et continentales sur un même territoire, mais loin de nous, sur une terre antique.
Dans la plaine d'Argolide, — si étranglée pourtant entre le golfe el les montagnes, — trois ou quatre emplacements onl vu tour à tour se succéder de florissantes capitales, Mycènes, Tirynlhe, Argos el Nauplie. .Nous savons par I histoire écrite que, sur sa roche1 côtière, au bord d'un mouillage commode, Nauplie est la grande ville, depuis que les marines étrangères exploitent ces parages. Pour Argos, do même, l'histoire écrite nous montre comment, un peu à I écart du rivage, au pied de sa forte citadelle, au long des coteaux plantés île vignes, à la corne des monts couverts d(> moutons el de chèvres, au bord des champs cultivés, PArgos hellénique ou franque a vécu de ses récoltes et de ses troupeaux. Par des témoignages écrits, nous voyons sans peint1 la raison
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N> Nil Mi II Nv II |.-|»|i\ SSI I
'I-' i es deux choix. Mais il resterai! a nous expliquer de même le site de Tirynthe
«•I I»' Mir de Mycènes. Eux aussi, j|s corresp lent ;i un certain genre de vie, à
un certain étal de société el de trafic, que nous ne connaissons |»lns par les témoignages écrits, mais que nous pouvons induire «lu seul témoignage des lieux. \u bord de la plage marécageuse, Tirynthe, sur son Mol rocheux, émerge de I alluvion. Le bord du golfe esl aujourd'hui assez lointain. Depuis les temps
primitifs jusqu i - jours, la rive s'esl envasée el étendue. Jadis, la mer
l>oussail vraisemblablement |>lu^ près des murailles si vague courte H ses pentes île halage : Tirynthe, échouée dans les roseaux el les herbes, apparat) comme une autre Ugues-Mortes. Ses épaisses murailles el sa terrasse abrupte dominent la plaine el surveillent le golfe. Mais, étroitement enclose sur son tout
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