‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 76 sur 277 · Thucyd., VII · texte numérisé non relu

Thucyd., VII

~<. Hérod., IV. 190.

1 I v PHI Nh il \v I l l ODÏSSl i

il, les indigènes descendent .1 la plage, examinent les étalages, placent auprès des marchandises I or qu'ils en offrent, puis s'en retournent à l'intérieur, à l'écart des marchandises Les Carthag is reviennent alors; m le prix offert les satisfait, ils l'emportent; sinon, d- regagnent leur bord el attendent une nouvelle visite des indigènes qui montent leurs offres jusqu'à entente réciproque. Jamais on ne scvole : les marins ne prennent l'or qu'en échange des marchandises offertes; les indigènes n'emportent la marchandise qu'après acceptation de l'or par les marins.

Chardin nous décrit, au xvh' siècle encore, les mêmes habitudes prudentes ilu commerce européen chei les sauvages de la Mer Noire, Mingréliens, Géorii- et Ichcrkesses :

on leur porte toutes les mêmes clins,'-, qu'on porte en Mingrélie. <ni prend d'eux, en échange des personnes de tout âge et de tout sexe, «lu miel, de la cire, du cuir et des us I '■ liange se lui en cette sorte. La barque du vaisseau \;i tout proche du rivage. i t • 1 1 \ qui sont dedans -nui bien armés. Il- ne laissent approcher de l'endroit où la barque ibordée, qu'un nombre de Cherkes semblable au leur. S'ils en voyent venir un plus £rand nombre, ils se retirent au large. Lorsqu'ils se sont abouchés de près, ils se montrent les denrées qu'ils uni ,j échanger. IK conviennent de l'échange et le font. Cependant il faut être bien sur ses gardes, car ces Cherkes sont l'infidélité et la perfidie mêmes. Il leur est impossible de voir l'occasion de faire un larcin sans en profiter1.

\n\ temps homériques, les Phéniciens fonl dans les ports grecs les mêmes étalages de manufactures, el trois mots «le I Iliade sut un cratère <|ne les Phéniciens onl étalé dans les ports », 777,7-/7 3' èv Xiuiveavi1, résument tout le pas-

d'IIérodote, ÈçiAwvrai -y. sop'ta Blvre? xv~a irzlr^ Ttapit ~.ry KUuaTcuvrîv. Pour de tels échanges, il faut une plage découverte. Mais l'ancrage en rade foraine n'a rien d'agréable ni de sûr. Il esl bon sans doute de \ «*i I h ■ r aux nécessités garde el de surveillance. Encore ne faut-il pas oublier les commodités du débarquement ni les besoins du bord. Les échanges sonl plus faciles el l'abri bien plu- assuré sous un Ilot ou sous un promontoire. Les peuples antiques, comme les portulans récents, mentionnent toujours ces refuges, que nus marines appellent aujourd'hui provisoires, mais qui étaient les mouillages ordinaires des vieux navigateurs : Voilà, dit Skylax, les ports où l'ancrage esl sûr |. h luu-. le- vents, -•-: Si ourot Xiuivc; m&vopfjioi, el voici d'autres refuges sous les Ilots, xatroauval j->, /^t'.v/,'..-. des relâches temporaires aux promontoires,

loi ' i . j/-.i . Les marines primitives <mi préféré ces refuges pour bien

de-, | , i i - 1 1 M - .

Qu'il s'agisse d'un long séjour ou d'une courte escale, comptez les avantages que présente I Ilot. Ne veut-on stationner qu une heure pour luire de I eau, I ;iiguade insulaire esl toujours |»lns sûre que le- rivières el sources continentales,

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LES M \IIIM s l'HlMi 1 1\ l s il LEIinS ÊTAHI.ISSKMI

Biii'toul i I Ile osl dépeuplée, i'i mieux onc i nllr m e i nu un roi hei [x?nlu

on mor. Lob oiguadoB do la grando terre présenten! toujoui quelque ilaugei embuscades dos indigènes, avanies ol exigence pécuniaire de autorité et< Sur un rocher disert, on n'a pion b craindre: toul à l'ai e, un hâte cl un alertes, on vienl remplir ses cruches ou icb outres; ou lave son linge; on banquotto autour do la source el l'on n'oublie pas de sacrifier aux dieux. Daiu l'antiquité ot do nos jours, do telles aiguades firent la célébrité* el la ricin do misérables écucils. Les voiliers des cinq derniers siècles fréquentent, au ' ud de Zanto, les iles Strophadcs qui ne sont on pleine mer que deux petits tlol de roche :

Le |»lns grand, appelé Stamphani, a 7 encablures de longueur el là mètres de liaul Le plus petit, appelé Harpy, esl encore moins élevé. I. es deux il<>i> sont reliés par des petits fonds el de nombreuses roches éparses, les unes couvertes, les autres découvertes, s'étendanl dans le Sud. Os roches obstruent le passage qui sépare les deux Ilots. Gependanl un bâtiment à petit tirant d'eau j pourrait passer par beau temps. Il j a un mouillage passable sur le côté Est des i lui s. On s'approchera avec prudence. On débarque dans l'anse voisine d'un monastère fortifié, en pierre blanche, élevé de 27 mètres el surmonté d'un mât de pavillon. Celle cousin ici ion esl le premier objet qui frappe la vue du large, et par temps clair elle esl visible de lv2 à 13 milles. Stamphani esl approvisionné d'eau douce par plusieurs sources remarquables1.

Ces sources firent la renommée des Strophades parmi les marines franques et italiennes et, comme toujours, la fréquentation des marins amena l'érection d'un sanctuaire. Le monastère que nous signalent encore les Instructions osl

aujourd'hui sans revenus. La navigation à vapeur el les grandes caisses à eau lui ont enlevé la majeure part de sa clientèle. Mais aux siècles derniers, moyennant quelques bonnes murailles pour éviter les coups de mains, moyennant aussi quelques canons et quelques vaillants frères Jean des Entommeures pour rejeter à la mer les pirates infidèles, ce couvent tirait un joli bénéfice annuel de ses sources et do ses prières. Les voiliers ne manquaient pas cette dernière aiguade en terre chrétienne à quelques heures de la côte turque. Les corsaires apportaient ici la dîme et le cierge pour engager la faveur divine dans leurs belles entreprises ou réparer quelques méfaits trop peu chrétiens. Les moines, vendeurs d'eau et de grâces, vivaient ainsi dans l'abondance2. Durant la période préhellénique, une pareille source valut au rocher de Délos sa clientèle maritime et sa fortune religieuse. Veut-on se représenter cette vieille Ortygia, cette Ile aux Cailles de l'Archipel, telle que les premières marines la connurent avant l'érection du grand sanctuaire d'Apollon? Sous un autre nom, la voici décrite par les navigateurs francs :

1. Instruc. naut., n° 77S. p. 84; cf. P. délia Valle, 1. p. 7.

•2. Sur les moines des Strophades el leurs revenus, cf. les détails donnés par Grassël Saint-Sauveur. Voyage, aux Iles Vénitiennes, 111. |>. 516 el >ui\.

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I I v Mil Mi II \s I I I ODYSSI I

I i I mupedouze, ihi | lii-v fiioi ' . est une petite isle ou rocher nyanl peu de circuit.

I II.- t'sl éloignée de Malte d'environ luii milles. Cette i^l<" ne produit rien el n'est habitée • 1 1 1 • * de cou n ils (lupins) Connue il j .1 de bonne eau, les vaisseaux j vonl souvent faire ■ m Le poi 1 en esl fort bon. Il j .1 dans cette isle une petite chapelle, où esl une image de la Vierge (fui esl fort 1 espectée tant des chrestien.ï que des infidèles, qui j abordent. Chaque vaisseau \ laisse toujours i|uel(|ue présent, qui de l'argent, qui du biscuit, \ m . huile, poudre à canon, boulet, espée, mousquet. Enfin il \ ;i là de loul ce qui peul être

tsaire, jusqu 1 de petits estuis, Lorsque quelqu'un a besoin de quelqu'une de ces

choses, il li prend el 1 de l'argenl ou autre chose ;'i la place. Les Turcs \ observent

cela .111^-1 bien que les Chrestiens el j laissent des présents. Pour l'argent, personne

II \ touche el les galères de Malte \ passent tous les mis el prennent l'argent mit l'autel et le portent a V-h. de Trapano en Sicile. On me raconta que six vaisseaux chrestiens, estant venus il \ .1 quelque temps, après qu'ils se furent pourveus d'eau, quand le vent lu-i bon, firent voile el sortirent du port, excepté un, lequel, quoiqu'il lisi voile comme le- autres, ne put sortir. Il en lui fort étonné. Toutefois, prenant patience, il attendit un autre vent plus favorable, lequel estant venu il se nui en estai de quitter le porl. \| h- il ne put encoi en sortir, ce que lui semblant Fort extraordinaire il s'.i\is;i de faire la visite dans son vaisseau el H trouva qu'un de ses soldats avoil dérobé quelque chose en ce lieu là, ce qu'ayant reporté il Ml voile el sortit facilement du port.

I,i Délos primitive eut, auprès de sa source, un sanctuaire pareil, où l<»us les peuples de la mer venaient ;'i l'occasion déposer leurs offrandes. Quel était, ;i I origine, le Dieu adoré là? était-il indigène? était-il étranger? grec, carien, phénicien ou crétois? Nous voyons, par cel exemple de Lampedouze, combien sonl faciles les échanges de Mieux entre marins dévots. Quelle que fut, à l'origine, la divinité détienne, elle devint rapidement l'obiel du culte universel. Quelque beau miracle, un vœu exaucé ou un naufrage évité rendit le dieu de la source célèbre parmi toutes les marines du Levant

Si l'on doil séjourner longuement, si l'on veul fonder un établissement ;i demeure, la petite Ile esl encore bien préférable. Elle esl facile à explorer sur iniii le pourtour, avanl le débarquement. Elle esl facile à occuper «mi ;i surveiller tout entière, après le débarquement : il suffil d'un poste <>u seulement d'une vigie. Elle esl moins exposée aux coups de mains, el sa petitesse môme en fail un abri plus constant contre les vents el les rafales. Au moindre signe précurseur de tempête, au moindre changement de luise, les vaisseaux n onl qu à modifier un peu leui ancrage el à tourner autour de l'Ile à mesure que tourne le venl : ils peuvent toujours se tenir sous le vent de l'Ile, c'est-à-dire à l'abri. Les Ilots rotiers deviennent ainsi, pour le commerce primitif, des appontements de garde ■ . mais ;uis-,i de relations commodes avec la grande terre, des places de comiiit'i'i e, d excellents entrepôts : \ I intérieur d un golfe, continue Hannon, im>ii> trouvons une petite Ile ayanl iiu<| stades de tour; nous l'occupons el I ;i|>-

pcloilS Kei 11e Kei ne, dil Sk\ l;i\, es| devenue un n i;i relié phénicien. C'esl

l.i que viennent débarquer les Phéniciens. Ils \ laissent leurs cargo-boats

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ils transportent Irill . Ill.M i ll.Hlil I r ,i l.iinle iii l.iir. iii i|r < . 1 1 1 • 1 1 ] il muiI

I i.i lii |i ici ,i\ec li", V"i e ■ ijill li 'lll appui Ici il île I l\ mi r, iii' pe.iuv i'l il il vin'

Dans ions 1rs pays neufs, d Kuropc, «I \ ic ni «I Afrique, un moment où lu < ivi«

II al h m grocntIO cl phénicienne li ilri nu\ I il , le n iii iii in iv r lll ru ilr i in I iii Ides entrepôts. T('K èlahllsseiueills ;ii|i|i|s ilrs MiL'I.ils nll ilr I'mi I ir .H , in |('

ciiirs asiatiques, Diu, Goa, Hong Koiijj el Mnrao, gardent encore les ouvenit^ de pareilles nécessités. Le Périple de la Mer Erythrée nous décrit à I rtge rla ique

I un de ces (IcbuPClulcTCS '"H le i nililiieice étranger installe ses UingasillS loin lie

incursions indigènes. C'esl dans la mer Rouge I Ile nue les anciens nominaicnl l'île du Monl. v/,7o» ():;•.//, : o \ u-ile\ anl du rivage s' élève l'Ile «In Mont, que deux eenls stades environ séparent du golfe el que le continent entoure de toutes parts. C'esl là que viennenl relâcher les navires pour éviter les incursions venues de la terre. Jadis on relâchait <l;ms le golfe lui-même sur l'Ile «le Diodore, lonl près du continent. Mais, pouvant l'atteindre à pied, les Barbares pillaient celle lie*. " Aux temps homériques, dans In Méditerranée, le trafic se fait ainsi. \oulaiil donner aux Phéaciens nue idée de Iii barbarie des Kyklopes, Ulysse esi plein d'ironie pour ces brutes qui. à l'entrée <le leur rade, oui une petite île admirable el <|iii ne l'habitent ni la cultivent, mais l'abandonnent aux chèvres sauvages :

Un peu en dehors de la rade s'étend une petite île, ni trop près ni trop loin de la terre. Elle est boisée, peuplée d'innombrables chèvres sauvages, que jamais marche humaine ne dérange, car personne ne les chasse, et jamais paire ni laboureur ne vient là. Toute l'année désert, sans labourage, sans semence, l'ilot ne nourrit que des chèvres. C'est que les Kyklopes n'ont pas de vaisseaux peints en rouge, pas de constructeurs qui, leur donnant une Hotte, les ravitailleraient de toutes choses chez les villes des peuples et feraient de leur Ile une ville bien bâtie5.

Ces Kyklopes soûl des barbares qui, de leur petite île, n'ont pas su faire « une ville bien bâtie », une Tyr, une Milel. une Syracuse ou une Marseille. Les civilisès en usent autrement. Quand les Crées commencent à exploiter les côtes espagnoles, ils installent leur Emporion, 'Ep-itôpiov, sur un ilôt, où longtemps

leur ville demeure isolée, uxouv ot 'EuncoplTat TtpÔTspov vna-tov ~: 7cpoxsîu.svov, 8

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vùv y.yj.z\-y.'. QaXouà nôXiç*: le nom même d'Emporion donné à cette ville montre que nous avons là le type parlait de Vemporîum primitif. Au fond de l'Adria-

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