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quand ils recouvrent dans le sommeil hypnotique la sensibilité de leurs organes, ont connaissance de toutes les modifications qui s'y produisent, et que le cerveau lui-même se comporte à cet égard comme tous les autres viscères : sa partie frontale — que j'ai appelée le cerveau psychique — ayant connaissance des modifications qui se passent dans les centres des parties moyennes et postjérieures, que j'ai appelées par contraste le cerveau organique. J'ai montré en outre que, lorsque les organes sont atteints d'anesthésie, le sujet peut agif volontairement sur eux, et que les muscles lisses, qui à l'état normal, pendant la veille consciente, sont considérés comme échappant à l'action de la volonté, lui sont au contraire soumis pendant le sommeil liypnotique, à la condition que les organes dont ils font partie soient à un degré quelconque danesthésie et de fonctionnement dinfinué^ou arrêté. Des que l'organe a recouvré sa sensibilité normale et son fonctionnement complet, le sujet cesse d'avoir connaissance de sa situation et de Tétai de son fonctionnement, sauf d'une façon très vague, comme nous l'avons à l'état normal de veille, et il cesse également de pouvoir agir volontairement sur les muscles lisses.
Il ressort de tous les faits que j'ai rapportés que, pendant le sorpmeil hypnotique, sous Tiii- Huencedela restauration de la sensibilité, soit des
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membres, soit des viscères, le sujet a conscience de toutes les modifications de son organisme, dont, à l'état normal, il est inconscient, et que dans ces mêmes conditions il peut, grâce à cette conscience de son organisme, agir sur son fonc:tionnement et l'activer non seulement au moyen de ses muscles striés, volontaires, mais aussi de ses muscles lisses, considérés comme non soumis à sa volonté et qui ne le sont pas en effet à l'état normal.
Mais c'est au D"^ Comar que revient l'honneur d'avoir décrit et publié les premiers cas les plus caractéristiques et irrécusables d'autoscopie interne, qui viennent confirmer et compléter nies propres observations, et jeter un jour nouveau, non seulement sur le mécanisme des phénomènes hystériques, mais plus encore sur la physiologie cérébrale et la psychologie.
Ces observations du D^ Comar ayant été faites au cours du traitement de l'hystérie par la méthode que j'ai indiquée, et dans des conditions identiques à celles dans lesquelles j'avais constaté moi-même les faits que je rappelle plus haut, je demande la permission de dire en quelques mots en quoi consistent et l'hystérie, et la méthode que j'ai préconisée pour en faire disparaître les accidents et les stigmates. Cela est d'ailleurs indispensable pour comprendre ce qui va suivre.
L'hystérie est constituée par un trouble fondai
SoLLiER. — Autoscopie. 4 \ , '. '
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mental de Técorce cérébrale qu'on peut regarder comme une sorte de sommeil, d'engourdissement, allant depuis une simple diminution de fonction des centres corticaux jusqu'à leur arrêt complet. Cet engourdissement, dont les malades ne se rendent compte que lorsqu'il subit des variations en plus et surtout en moins, se traduit objectivement par des modifications des fonctions qui se trouvent sous la dépendance des centres atteints, et par des altérations de la sensibilité. Ces altérations de la sensibilité sont constantes, et suivant leurs degrés, suivant surtout les parties de l'organisme qui les présentent — accessibles comme les membres ou inaccessibles comme les viscères à l'exploration directe — elles se traduisent d'une manière objective ou subjective. Les variations dans l'étendue des centres corticaux atteints par l'engourdissement hystérique, dans l'intensité de cet engourdissement, dans les associations des divers centres atteints, expliquent toutes les variétés, toutes les modalités si changeantes et si complexes parfois qu'on rencontre dans l'hystérie. J'ai du reste résumé cette conception dans la définition suivante de l'hystérie : (( L'hystérie est un trouble physique, fonctionnel, du cerveau, consistant dans un engourdissement ou un som meil localisé ou généralisé, passager ou perma nent, des centres cérébraux, et se traduisant pa .CMOÔséquent, suivant les centres atteints, par deî
CONCEPTION PHYSIOLOGIQUE DE l'hVSTÉRIE 5i
manifestations vaso-motrices et trophiques, viscérales, sensorielles et sensitives, motrices et enfin psychiques, et, suivant ses variations, son degré et sa durée, par des crises transitoires, des stigmates permanents ou des accidents paroxystiques. Les hystériques confirmés ne sont que des vigilambules, dont Fétat de sommeil est plus ou moins profond, plus ou moins étendu \ »
Il ressort de cette conception, confirmée par de nombreux cas tant personnels que d'autres auteurs, que les troubles hystériques disparaissent quand on réveille le sujet de ce sommeil, quand on le tire de cet engourdissement. C'est ce que la clinique etTexpérimentation montrent nettement. Lorsque, par un des procédés que je vais indiquer, on réveille un sujet hystérique, on le voit recouvrer la sensibilité dans tous ses modes. Cette restauration des diverses sensibilités s'accompagne de phénomènes moteurs, sensitifs et psychiques d'un déterminisme absolu, que rien ne peut influencer. Phénomènes moteurs et sensitifs — tant subjectifs qu'objectifs — correspondent avec un parallélisme parfait à l'état fonctionnel des membres, des viscères et du cerveau.
Si le réveil de l'hystérique amène la disparition des troubles de sensibilité et fonctionnels, la restauration de la sensibiHté et de l'activité fonction-
I. Genèse et nature de l'hystérie, t. I, p. 52o ; Paris, F. Alcan,
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nelle par des procédés divers provoque également le réveil. Les deux choses sont donc équivalentes. Mais comme il est rare de pouvoir provoquer le réveil d'emblée, par une excitation forte soit physique, soit psychique, il est plus simple, surtout dans les cas accentués, de procéder par restaurations partielles et successives de la sensibiUté et des fonctions.
Pour y parvenir on a plusieurs procédés. Ou bien on détermine une réaction générale par le changement de milieu, l'isolement, unediscipUne nouvelle de la vie quotidienne, le repos au lit et la suralimentation. Ou bien on réveille les fonctions et la sensibilité attenante à ces fonctions par des excitations locales dans leur appUcation, mais agissant en réahté par les voies centripètes sur les centres cérébraux eux-mêmes : tels sont les procédés de rééducation des mouvements, les excitations au moyen de l'électricité faradique, et par-dessus tout la mécanothéi*apie sous forme de gymnastique de résistance, en employant au préalable les mouvements forcés passifs pour obtenir le premier réveil de l'activité motrice et sensitive.
Enfin, quand ces procédés sont insuffisants, i^ faut recourir à la restauration de la sensibiUté dan Thypnose. Le sujet étant endormi aussi profon dément que possible — ce qui est d'ailleurs facile car il est déjà en état de vigilambulisme et qu'i