PHÉNOMÈNES DE RÉVEIL CÉRÉBRAL
s'endort souvent spontanément d'une façon complète, sous la simple influence des exercices qu'on lui fait exécuter pour restaurer sa sensibilité — il suffit de lui donner Tordre soit de sentir, soit de se réveiller, en Tempêchant de rouvrir les yeux, pour voir les réactions motrices et sensitives se produire, et les fonctions redevenir normales. On peut agir d'ensemble, mais il est préférable de procéder d'une manière progressive, en commençant par les membres, puis les viscères et finissant par le cerveau.
Ce qui se passe n'est en somme différent en rien de ce qui se produit quand on réveille un dormeur ordinaire, en lui ordonnant fortement de se réveiller. C'est une excitation verbale violente qu'on lui fait. Le dormeur s'étire, entr'ouvre les yeux, se secoue, se frotte les yeux et ne prend une conscience des choses qu'au bout d'un temps plus ou moins long. Chez l'hystérique en état de vigilambulisme complet les choses se passent de la même façon, mais comme l'engourdissement est beaucoup plus profond et surtout beaucoup plus ancien, les réactions sont beaucoup plus fortes et beaucoup plus longues ; le réveil se fait d'une manière beaucoup plus lente.
Il n'y a pas plus de suggestion dans un cas que ans l'autre, comme certains l'ont prétendu, 'ordre de se réveiller n'est pas une suggestion, *ais une excitation d'un ordre particulier, et cela
est si ^Tai que d'autres excitations, comme des CKCiialloiis mécaniques locales ou générales, sans qu'il y ail jamais eu le moindre avertissement de ce qui doit être obtenu, et quelquefois même à r improviste, sans que Topera teur y songe, suffisent a produire le même effet, ainsi que je l'ai niainte^ii fois expérimenté. C'est ainsi que la régression de la personnalité se produit généralement au moment où on ne s'y attend pas, et qu'elle se déroulf sans qu'on puisse en quelque façon l'enrayer ou la troubler dans son ordre chronologique. On arrive même à mettre seulement le système nervcMx en activité, et les phénomènes de réveil de son fonc tionnement se développent d'eux-mêmes penclaiïl plusieurs heures quelquefois, sans qu'on ait besoin d'intervenir.
On serait d'ailleurs fort embarrassé pour suggérer quoi que ce soit de leur vie passée à des sujets dont on ignore plus ou moins complètement les incidents de l'existence et qui ont soin en généi al de vous cacher ceux qui ont apporté le plus grand trouble dans leur personnalité. D'autre part les premières fois où les phénomènes de réveil se sont produits, personne ne les connaissait et j'étais incapable de les prévoie. C'est en voyant leur constance, leur déterminisme, leu évolution indépendante de toute influence étran gère que j'ai dû reconnaître qu'il s'agissait un quement de phénomènes d'ordre physiologique