‹ Les phénomènes d'autoscopieChapitre 22 sur 38 · ANESTHÉSIE ET IDÉE FIXE · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE ET IDÉE FIXE

disparut. Chaque fois que pour une cause quelconque l'anesthésie survenait, et en particulier à Fépoque des règles, ridée reparaissait immédiatement. C'est un des plus beaux exemples des rapports de l'idée fixe des hystériques avec l'état de la sensibilité organique.

Au cours de la restauration de la sensibilité des différents organes, elle ne présenta jamais d'autoscopie. Au contraire, quand il s'agit de l'appareil génital interne, qui était atteint le plus anciennement et le plus profondément dans sa sensibilité, elle en présenta d'une façon très nette. Tout d'abord elle n'éprouva que les sensations ordinaires de tiraillement, d'écarlèlement, de déchirement, de ficelles tirant du ventre dans les cuisses, de nœuds se dissolvant dans le ventre. La sensibilité paraissait même redevenue normale dans le bas-ventre, et l'idée fixe qui y était reliée ne se montrait plus, quand, dans une séance où je cherchais à perfectionner davantage encore sa sensibilité, elle se mit à éprouver des phénomènes qu'elle ne m'avait encore jamais présentés. Elle sent comme un petit sac, un petit ballon qui est au milieu de son basventre, avec des ficelles qui le tirent en bas et des nœuds. Elle ne peut décrire exactement ce qu'elle voit, mais elle dit : « C'est drôle, il me semble que je vois dans mon ventre comme si c'était devant moi, en l'air. — Comment donc pouvez- vous voir dans votre ventre, luidis-je? — Je ne sais pas, c'est comme si j'avais des yeux dans le ventre. » A plusieurs reprises dans des séances ultérieures elle eut les mêmes sensations et les mêmes expressions. Jamais elle n'éprouva cela pour les autres parties du corps, pour les autres organes, moins anesthésiés que l'appareil génital. Quand, à la fin de la séance où elle avait eu ainsi l'impression qu'elle voyait l'intérieur de son ventre comme s'il avait

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été devant elle sous ses yeux, je lui reparlais, an moment de se réveiller complètement j de celte impression, elle ne savait plus de quoi je voulais iui parler.

C'est en somme un cas très atténué et qui n'a de valeur que mis en comparais^on avec les autres pour aider à la compréhension de certains points de ces curieux phénomènes.

VII. — Enfin j'ai pu en observer un quatrième cas, qui, par certains côtés, oflVe un intérêt tout spécial au point de vue des condi Lions et du mécanisme du phénomène. 11 a ceci de particulier qu'il s'est produit à un moment où j'étais loin de m'y attendre et, en outre, que c'est à ri5tat de veille que la malade l'a éprouvé et non pas comme les précédents au cours de séances de réveil cérébral dans l'hypnose. Il s'est de plus accompagné d'impulsion à dessiner ce que la malade sentait et voyait en elle-même, ce qui m'a donné 1 occasion de saisir comment les sujets transforment en réprésentations visuelles leurs sensations cénesthésiques, et comment ils y ajoutent des représentations colorées.

Les circonstances dans lesquelles le phénomène s'est produit ont une assez grande importance. flj

Il s'agit d'une jeune femme de 28 ans, sujette depuis longtemps à des phénomènes qu'on avait pris pour de la neurasthénie: anorexie, crises d'angoisses avec étoufifements et sensations de perte de connaissance, incapacité de travail cérébral, engourdissements

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