VI. — Dans le troisième cas que j'ai eu l'occasion
d'observer il s'agissait d'une jeune fille de vingt ans, frrande hystérique qui me fut amenée pour des crises e' convulsives, des attaques d'aboiement, de la toux
?; hystérique, de l'anorexie, et des crises hallucinatoires
iv dans lesquelles elle voyait sa mère morte récemment
r , et dont le souvenir la poursuivait. Mais tous ces acci-
dents n'étaient qu'aggravés par cette dernière circonstance. En réalité, elle était malade depuis l'âge de treize ans, époque de la formation. Elle avait été prise alors d'une passion pour un jeune homme qui fréquentait chez ses parents et qui était beaucoup plus âgé qu'elle. Elle l'aimait non seulement moralement, mais éprouvait près de lui des sensations voluptueuses. Elle ne rêvait que de lui et dans ses crises elle le voyait constamment. Ce n'est qu'après la mort de sa mère qu'elle avait eu des crises où cette mort tenait une place. Elle avait caché à tout le monde sa passion^ mais ce jeune homme étant venu à se marier, elle en conçut un grand chagrin et les accidents nerveux se développèrent.
Complètement aneslhésique et vigilambule quand je la vis pour la première fois, je la soumis au traitement par réveil de la sensibilité. Je passe sur les phases de ce traitement au cours duquel, dans les difiFérentes séances de réveil, elle rétrograda comme personnalité jusqu'à l'âge de treize ans, date de sa passion. Elle recouvra la sensibilité et le fonclionnement de tous ses organes successivement. Le plus récalcitrant fut l'appareil génital et particulièrement l'ovaire gauche qui était le siège d'un point douloureux très persistant. Elle conserva pendant très longtemps de l'anesthésie du bas- ventre, et tant que celle-ci exista, l'idée fixe de son jeune homme persista aussi. Du jour où la sensibilité commença à reparaître, l'idée du jeune homme