‹ Les phénomènes d'autoscopieChapitre 30 sur 38 · XI- — l r^ iTTiDie hystérique, M que je soignais · texte numérisé non relu

XI- — l r^ iTTiDie hystérique, M que je soignais

par k tnâtenic-nî iDècaD^thêrapique avant pour but le révei] lie là ï«ra>i'î: îlîtr, était prise tout à coup de fièvre. La tenip»erârjre m i-nîa irraduellement jusqu'à io**, lama- Uie n'ayant pour t:ait symptôme qu'une sensation dMilcmreu?e dins la rép'»n iliaque droite. Pas de b»al]>nnemenî du ventre, pas de nausées, pas de vomissen>ents, pas de constipation. Devant Tabsence de tout siçne pouvant expliquer cette tempéfature, je restais dans l'eïpeicî^tion pensant me trouver en présence d'une lièvre hystérique avec péritonisme localisé dans la région ccecâle. Je me contentai de prescrire par précaution une alimentation liquide et de la glace en permanence sur l'abdomen. Cet état fébrile dura trois semaines avec dêfenesoence pD:»^Tessive. Au cours de cet état la malade étant dans Thv-pnose me parla a plusieurs reprises de la petite peau qui entourait ses intestins et qui était très rouge, surtout à un endroit. Sous Tintluence du repos et de la glace, les phénomènes s'étant amendés, la malade se leleva, mais ne reprit pas une alimentation normale. Par prudence, je la laissai au régime hquide lorsque, au bout de quelques jours, les mêmes faits se reproduisirent avec des symptômes cette fois plus nets, nausées, ballonnement abdominal, constipation, douleur lancinante au niveau de Tappendice et fiè>Te dont voici la courbe (fig. 4)-

Le jour où la fieNTe atteignit 4o**, je fis mettre la malade dans des bains frais. Les mouvements provoqués occasionnèrent une exacerbation de la douleur et amenèrent le troisième jour une crise paroxystique au cours de laquelle la malade me dit qu'elle voyait la petite peau plus- rouge que la première fois, que surtout le petit bout de l'intestin était très malade. Je profitai de son état d'hypnose pour la questionner et lui demander

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ce qu'elle vojait ainsi. « Je ne vois pas bien le petit bout, je ne sais pas où il finit. — Pourquoi ne le voyez-vous pas ? — Je ne peux pas le voir parce que je ne le sens pas ; mon intestin et la peau qui l'enveloppe, je les vois parce que je les ai sentis, mais ce petit bout-là, je ne l'ai jamais senti. — Eh I bien, dis-je, sentez-le. » Elle fit des mouvements abdomi-

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FiG. A.

naux accompagnés de vives douleurs et entrecoupés de cris et de paroles que je transcris. « Ah ! mais, ça va percer, mais c'est très mince ; la petite peau colle, elle est double et, entre ses faces, il y a une sorte de liquide sale et épais, ça se colle et ça se décolle quand je remue, mais ça va tout arracher, c'est comme quand on a un mal blanc au doigt, ça suppure, c'est ça qui me donne cette fièvre et tout autour de ce point-là c'est rouge, toute la petite peau est rouge dans tout le ventre, mais surtout du côté droit. — Sentez plus... » Les niouvements augmentent, les phénomènes douloureux paraissent plus intenses et elle me dit : « Oh ! le petit bout est plein de saletés ; ah ! que c'est sale ! mais il y a longtemps que c'est là dedans tout ça. C'est ça qui m'a SoLLiER. — Autoscopie. 8

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fait mal et ça ne peut pas sortir. — Sentez plus. — Ah ! je vois le bout maintenant. » Elle fait un mouvement plus vif et s'arrête tout à coup en poussant un cri : « Ah I ça me pique. — Quoi donc ? — Mais il y a quelque chose dans le bout. — Quoi? — Je ne vois pas très bien, car c'est entouré d'un tas de saletés : mais ça me fait très mal, je n'ose plus bouger, j'ai peur que ça ne crève. — Quoi ? lui dis-je. — Mais le petit bout ; il y a dedans quelque chose de pointu qui a irrité, mais c'est entouré de saletés et je ne vois pas bien ce que c'est ; alors si je remue, j'ai peur que la pointe ne fasse percer mon intestin. — Eh I bien, lui dis-je, continuez à sentir en allant doucement et en faisant attention à ce que ça ne perce pas. » Elle continue alors à faire doucement et comme avec précaution les mouvements abdominaux qu'elle avait faits jusqu'alors pour sentir son intestin et me dit tout à coup : « Mais, ça remue, tout le petit bout de l'intestin se tortille comme un ver, et ça fait remuer ce qui est dedans, ça se déplace. . . ça remonte. . . Mais ça m'écorche en passant... ah ! ça sort du petit bout, c'est dans le gros intestin ! » .

Elle continue à faire quelques mouvements et s'arrête « parce qu'elle a trop mal au ventre » . Je jugeai inutile de pousser plus loin ce jour-là, craignant, puisque la malade s'arrêtait d'elle-même, d'amener des accidents plus sérieux, et jugeant préférable delà suivre plutôt que de la guider. N'ayant pas la preuve que ce qu'elle disait était faux, je jugeai, ne fût-ce que par prudence, devoir l'admettre comme vrai. Le soir, la température non seulement n'avait plus augmenté, mais elle avai baissé de deux dixièmes. Le lendemain je mettais néan moins la malade dans l'hypnose et lui demandai si elL voyait toujours son intestin. « Oui, me dit-elle, et h

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petite pointe qui me faisait mal est toujours au même ■endroit qu'hier. — Eh ! bien, lui dis-je, réveillez votre intestin. » Elle fait alors de nouveaux mouvements et médit que tout son intestin remue, que la petite pointe se déplace et que les saletés qui sont autour sont moins -épaisses. — « Sentez plus. » Elle me dit un instant :v|

après : « Je commence à voir mieux, mais je ne vois ,\j!^

<ju'un bout, on dirait un morceau d'os, c'est pointu à une extrémité et plus large à l'autre, ça a environ un <:entimètre. » Elle m'indique alors comme situation •dudit objet la région correspondant au côlon transverse. — « Sentez plus. » Les mouvements continuent... « Où le voyez-vous maintenant.^ — Là, montre-t-elle -avec son doigt, en indiquant la fosse iliaque gauche. — Vous êtes sûre? — Mais je le vois très bien. — Eh I . bien, alors, arrêtez- vous et ne cherchez plus à sentir. » Et aussitôt je lui fis administrer un lavement d'eau, pendant qu'elle était encore endormie. Je fis filtrer les matières rendues, et je trouvai dedans un petit morceau d'os de forme et de dimensions ci-dessous.

FiG. 5. — Fragment d'os sorti de Tappendice.

Le lavement expulsé, je demandai à la malade si elle Toyait encore sa petite pointe. « Mais non, me dit-elle, elle est partie avec l'eau que je viens de rendre. »

A partir de ce jour la température baissa progressivement. La malade, questionnée à diverses reprises ^ans l'hypnose, me déclara successivement que la petite peau (le péritoine) était moins rouge, que les saletés qui en collaient les deux surfaces disparaissaient petit à petit. Elle semblait suivre jour par jour la diminution

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ie nr.r'^iTT.rr-it: îi p^rÎM aêale et la résoq>tion deTexsu- •iiî- n a*T etît on-e îè^t-Pr êlê>atîoo de température que l-r >;ur 'l'i "-e hiî t> rçtTr-uver la sensihîlité de tout le oivTiiiii : pic'jî-^îr^ op Kur-là avaÎ5-je ramené un peu d'i^'Ii": .:•*:: 15. p^>*:Dêaie à Tenclioit qui avait été le |.li> inTinî, «-J nhô>a dr l'appendice.

Tout en prévoyant et en réfutant les objections qui peuvent être faites à propos de ce fait, le D^ Coœar ic^iste aveci^ison sur Taspect de la c»>urt^ de température de sa malade, courbe qui ne rajp-elîe en rien la fièvre dite d'auto-snggestion. Puis il dborie le fait suivant relatif à la même malade .

l n J : ur. après iv.: îr man^é à s->n repas une bombe ^Iirre. oe:te maliie m'accusa une sensation douloureuse dans rr>::!::ac et me dit elle-même (elle ne cherchait d:nc pis à nie tr»:aîp?r} qu'dle croyait avoir avalé q\;eî.]ue cL>se, mais n'en était pas certaine (je fais rem.tr^aer ici que ceiîe malade avait alors de ranesthésie de sa muqueuse buccale et pharyngienne). Je l'endormis aussitôt et lui demandai si réellement elle a^^\it avalé un corps étian^rer. « Oui, me dit-elle, je le vois, il est dans mon estomac, c'est un petit morceau de plomb. — Comment, lui dis-je, voyez-vous que c'est du plomb ? — Ah ! cela je ne le vois pas, mais c'est lourd, cela ne surnage pas dans mon eslo mac, et en faisvUit des mouvements, j'ai du mal à ^'^ faire remuer ; alors comme j'ai mangé ma glace etqi j'ai failli avaler un morceau du moule, je suppose qi ça en est un autre que je n'ai pas vu H que j'ai avait Mais ce que je vois très bien, c'est la grosseur de cet!

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petite pointe et sa forme. Elle a un centimètre de long environ et est plus pointue à une extrémité qu'à l'autre ; elle est dans mon estomac. — Eh I bien, lui dis-je, n'ayez pas peur, ça s'en ira tout seul. » Et je la réveillai. Le lendemain je la rendormis. Je lui demandai dans l'hypnose si le petit morceau dé plomb avalé était parti et si elle le voyait toujours, lui disant qu'il devait être maintenant dans l'intestin. « Non, il est encore dans mon [estomac ; il était trop lourd, il s'est seulement déplacé et il est tombé entre deux petits plis, il ne bouge plus, il ne remue un peu que quand je fais de grands efforts... »

Je ne dis rien à la malade et je lui fis avaler séance tenante un gramme d'ipéca, étant toujours endormie. Je restai auprès d'elle et un quart d'heure après elle vomissait devant moi le petit morceau de plomb en question de forme ci-dessous et correspondant bien à la description faite par elle.

Fio, 6. — Petit morceau de plomb vomi.

Questionnée ensuite, elle me répondit qu'elle ne voyait plus rien.

A quelque temps de là, le D"" Comar interrogea cette malade sur la façon dont elle voyait ce qui était en elle, corps étrangers et organes. « Les voyez-vous comme vous voyez avec vos yeux quand vous regardez un objet? — Ah I mais non ; je les vois, mais pas de la même façon. D'abord ça me fatigue beaucoup plus dans la tête que lorsque je vois avec mes yeux. Quand je veux arriver à voir une place en moi, les nerfs de la partie que je veux voir me tirent à la partie correspondante de ma tête. — Qu'est-ce que vous

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voulez dire ? — Eh î bien, toutes les parties de mon corps ont une partie correspondante dans ma tête. Si Tune dort, l'autre dort aussi. Ainsi vous savez bien que quand je sens mes jambes, ça me tire derrière ma tète : mon cœur, ça me tire au milieu de ma tête ! Eh î bien, si je veux voir mon cœur, il faut que je le sente en même temps dans ma tête. Je ne vois un organe que s'il se réveille en même temps dans ma tête : autrement, je le vois très mal et même, s'il est bien engourdi, je ne le vois pas du tout. — Donc quand vous ne sentez plus un organe, quand vous avez fini de le sentir, vous ne le voyez plus ? — Ah ! si, quand je Tai déjà senti bien, je le vois encore, mais moins. Il est vrai que c'est très curieux ce qui se passe alors : je le vois sans le voir, on dirait que je me rappelle plutôt Favoir a^i. Mais toujours, quand je veux regarder en moi, ça me fatigue beaucoup. — Mais voyez-vous les couleurs ? — Je ne sais pas, il me semble que oui. Ainsi, quand la petite peau de mon ventre (péritoine) est irritée, je vois bien qu'elle est rouge. Quand j'ai uriné du sang, je voyais bien que dans ma vessie, c'était du sang qu'il y avait et pas autre chose... Tout ce que je sais bien, c'est que quand je regarde un point de mon corps, ça me tire tout de suite dans ma tête. »

XII. — La seconde observation est tout aassi intéressante et se rapporte également à un corps étranger ingéré.

La malade dont il s'agit avait avalé, au mois de mars 1902, une épingle, qu'elle avait mise dans sa bouche, étant endormie. Tous les efforts, toutes les tentatives pour la lui faire rendre avaient échoué, ou

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