‹ Les Phénomènes de Choc dans le Coryza SpasmodiqueChapitre 6 sur 16 · PENSE ET · texte numérisé non relu

PENSE ET

surtout, et dont le pollen est transporté par le vent. Sur le reste du globe, le pollen des composées ne cause en effet que d’assez rares accidents, bien que les pâquerettes soient extrêmement répandues, car c’est un pollen lourd qui n’est transporté de fleur à fleur que par les insectes.

Les auteurs américains avaient mal élucidé cette étiologie spéciale du herbscatarrk et surtout ils n’en avaient apporté aucune

preuve expérimentale, lorsque Dunbar en 1903 s’occupa de cette

question. Il montra que les instillations de toxine de graminées qui déterminaient des accidents chez les personnes sujettes au rhume estivale, restaient sans action chez celles qui sont atteintes du rhume d’automne; il en conclut que c’était bien, ainsi qu'on le supposait, la toxine des ambrosiacées qui était cause de ce rhume d'automne. Ce fait a été vérifié ultérieurement par les auteurs américains grâce aux cuti-réactions.

Dunbar prépara un sérum, en immunisant des animaux avec des extraits de pollens, la pollentine, qui, instillée dans l’œil en même temps que la toxine pollinique, empêcha dans un certain nombre de cas l’éclosion des accidents de rhume des foins. IL vit que cette pollentine n’avait aucune action spécifique, puisque celle préparée avec des extraits de maïs protégeait contre l’action des extraits de pollens de seigle. Bien plus, il constata que l’antitoxine préparée avec des pollens de graminées était également active contre la toxine des pollens d’ambrosiacées, protégeant les sujets atteints du rhume d’automne, alors que ces mêmes sujets restaient insensihles aux instillations de toxines de graminées, comme nous l'avons vu plus haut.

On voit là que s’il y a bien une spécificité dans la cause à laquelle sont sensibles certains sujets, il y a par contre une absence complète de spécificité dans l’action des sérums employés à titre thérapeutique.

Tous les faits constatés par Dunbar et Prausnitz ne peuvent trouver leur explication que dans l’anaphylaxie. Langlois le premier en 1906 émit l’opinion que la fièvre des foins est un bel exemple de lanaphylaxie de Charles Richet (21). Il la fondait sur la constatation qu’une premuère atteinte non seulement ne confère pas l’immunité, mais au contraire semble exagérer la sensibilité des divers sujets ; il la fondait aussi sur les expériences de Dunbar. Billard et Maltet se firent les champions de cette conception et défendirent avec énergie la théorie anaphylactique de la fièvre des foins, comme de l’asthme et de l’urticaire. Ils préparèrent un sérum en immunisant des canards, avec lequel ils eurent des résultats thérapeutiques intéressants (22). À la même époque, Rowland en Amérique

traitait avec succès le rhume des foins par des injections de sérum. antidiphtérique.

En 1913, MM. Widal, Abrami et Brissaud (4), étudiant l’hémoglobinurie paroxystique a frigore, montrèrent que l’anaphylaxie n’est qu'une variété d’un processus plus général, le processus de choc, et qu’on peut lutter contre celui-ci par un procédé nouveau, qui constitue, ainsi que l’ont montré ces auteurs, un mode de thérapeutique anticlasique : l’autosérothérapie par voie intraveineuse. Cette autosérothérapie fut appliquée avec succès dans certains cas de rhume des foins par MM. Achard et Flandin (23) avec une technique différente. Au lieu d’utiliser la voie intra-veineuse avec des doses fortes d’autosérum (20-40 centimètres cubes), ils se servirent de la voie sous-cutanée, avec des doses faibles (1/2, 2 ou 3 centimètres cubes) injectées quotidiennement.

M. Sicard obtint aussi des résultats encourageants avec l’autohémothérapie, procédé qu’il avait employé pour la première fois avec M. Gutmann dans le traitement de l’épilepsie (24).

Nous avons dit déjà que les médecins américains étudièrent les cuti-réactions des sujets atteints de rhume des foins. Grâce à ce procédé, ils purent reconnaître à quelle espèce de pollens (graminées ou composées) et même d’une façon plus précise encore à quelle variété devaient être imputés les accidents. Ils déterminèrent aussi avec quelle dose minima d’extrait de pollens la euti-réaction est positive. Cette précision dans la recherche de la cause est d’un intérêt considérable pour les médecins américains, qui, au point de vue thérapeutique, ont tenté, avec succès d’ailleurs, d’immuniser, de désensibiliser, dirons-nous, leurs malades par des injections souscutanées de très petites doses croissantes d’extraits de pollens préparés à cet effet. Mais il faut être très prudent, quant à la dose à injecter, car les injections déterminent parfois des réactions générales assez intenses (13) (14) (25).

Jacod (de Lyon) (26) a récemment traité plusieurs sujets atteints de rhume des foins avec les pollens-vaccins américains. Dans quatre cas où il employa ce traitement préventivement, il eut trois succès complets ; dans deux cas où il l’appliqua à titre curatif, il obtint, sinon la guérison, du moins un soulagement considérable.

Enfin un médecin américain, Ultrich, a pu réaliser l'anaphylaxie active aux pollens chez des cobayes. Cet auteur sensibilisa ces animaux par des injections intra-péritonéales d’émulsion de pollens et provoqua ensuite chez eux, par insufflation de pollens dans les narines, une crise analogue au rhume des foins de l’homme (éternuements, larmoiement); alors que les cobayes témoins

neufs restaient absolument insensibles à cette insufflation (27).

Tous ces faits épars montrent bien que le rhume des foins doit être un accident anaphylactique et, partant, une manifestation du processus de choc.

Nous avons étudié complètement trois cas de rhume des foins ; nous avons cherché et trouvé chez nos malades les trois critères qui, nous l’avons dit, permettent de ranger un syndrome clinique dans le groupe des accidents de choc, et de dépister l’hypersensibilité d’un sujet vis-à-vis d’un antigène. Nous avons pu en particulier montrer que l’accès de rhume des foins est précédé, lorsqu'on le provoque expérimentalement, de la crise hémoclasique initiale (28).

19 Recherche de la crise hémoclasique initiale.

Nous avons déclenché une crise de rhume des foins en faisant respirer à nos malades des pollens de graminées rassemblés dans un tube. Cette inhalation de pollens produit la crise de coryza avec une rapidité déconcertante. Si elle est trop prolongée, elle provoque un accès intense, pouvant durer plusieurs heures et cela avec une telle brusquerie qu’il est matériellement impossible de recueillir le sang pour compter le nombre des leucocytes. C’est ce qui nous est arrivé, la première fois que nous avons fait inhaler des pollens à lun de nos malades. Pour dépister cette crise hémoclasique, il faut donc faire respirer les pollens quelques secondes seulement et numérer les leucocytes toutes les deux ou trois minutes, sinon elle peut passer complètement inaperçue, tant elle est fugace.

M. de B..., trente et un ans.

11 heures, 4 200 leucocytes. Tension Art. Pach., 13-6. Inhalation des pollens pendant trente secondes. 2 minutes après : 3 200 leucocytes, T. A. Pach. 11-6 1/2

5 De HODOL — 111/2-61/2 8 = 2000 0e ST 12.6 12

12 2e 3:800 NE 7649-60)

18 Le 240040 4241/6102

Vers la vingt-cinquième minute débute une crise de rhume des foins qui atteint son maximum en quelques minutes. Outre les signes locaux, hydrorrhée nasale, éternuements, le malade ressent un malaise général. Cet accès dure jusque vers dix-huit heures.

Dans une deuxième expérience pratiquée en hiver, au mois de février, les résultats ne sont pas moins probants.

À 17 heures : 7 200 leucocytes.

Inhalation des pollens pendant dix secondes.

FEnauté APTE PRISES 6 000 leucocytes.

2 RE URSS ERREUR 3 200 — 4 RÉ Ra its PNA 5 400 — 6 PEN D LR PUS e. 7 000 — 10 AUS my fe TR RE AE 7 800 —

Vers la sixième minute, crise typique de rhume des foins qui se calme en une demi-heure.

M. Jam.…., trente ans. È 12 heures, 5 000 leucocytes, T. A. Pach. 17-9 1/2.

Inhalation des pollens pendant quinze secondes. 1 minute après : 4 200 leucocytes, T. A. Pach. 15-9

2 ne 3600. = __ 154/2-91/2 5 = à HOT Cut = — 151/2-91/2

10 ra POELE 2, 46-042

15 = 2 4OORET E =: «.1461/2-94/2

Vers la douzième minute, une crise très légère de coryza éclate et dure environ dix minutes. |

M. Coul.., trente ans.

11 h. 45, 5 200 leucocytes, T. A. Pach. 15-8 1/2. Inhalation des pollens pendant quinze secondes. 1 minute après : 4 600 leucocytes. T. A. 14-8 1/2

3 Be SOOÛS ee — 1481/2

15 = DU SRE — 14/0284/2

À la neuvième minute, crise de coryza spasmodique, d'intensité moyenne, ayant duré environ une heure.

20 Étude de la cuti-réaction aux pollens. 7

Nous avons pratiqué cette cuti-réaction aux pollens de graminées chez nos trois malades. Nous avons non seulement étudié la réaction locale, mais aussi la réaction générale secondaire à cette inoculation.

Localement, nous avons obtenu très vite un placard urticarien. Parallèlement, nous avons vu apparaître une crise hémoclasique extrêmement rapide, puisqu’en vingt et trente minutes, suivant les cas, elle était terminée, Cette crise hémoclasique ne fut suivie d’aucune manifestation clinique générale. Voici nos résultats : |

M. de B... :

À 14 heures ..,...... 5 800 leucocytes.

ARE RMON ES Un TER Cuti-réaction aux pollens.. ANS SE es 4 400 leucocytes.

AE. 200.0 er. 3 000 —

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