CHAPITRE IL
§ L LA CHUTE DES CORPS. — ÉGALITÉ DE VITESSE DES CORPS QUI TOMBENT DANS LE VIDE.
On n'avait fait, avant Galilée, aucune expérience précise sur la chute des corps pesants abandonnés à eux-mêmes, dans Pair ou dans les autres milieux. Aussi, comme on vovait cartains corps lourds, tels que les métaux, tomber sensiblement plus vite que les corps plus légers, on croyait, sur la foi d'Aristole, que la vitesse de chute, pour des corps tombant d'une même hauteur, est proportionnelle aux poids des corps et à la nature de leur substance. Les expériences faites par Galilée, du haut de la fameuse tour penchée de Pise, détruisirent cette erreur que bien des personnes partagent peut-être encore aujourd'hui. II laissa tomber du sommet de la tour des boules de divers métaux, d'or, de cuivre, de plomb, qui avaient le même volume, mais des poids inégaux, et il constata que les unes et les autres touchèrent le sol à peu près au même instant; seule, une boule de cire subit un retard marqué. Mais les difiFércnces dans les temps de chute n'étaient pas assez fortes pour être attribuées à l'inégalité des poids, de sorte qu'il s'en fallait de beaucoup qu'un corps deux fois plus lourd tombât deux fois plus vite. 11 fit les mêmes expériences dans l'air et dans l'eau; il constata alors que les différences de durée des chutes respectives des boules répondaient à la diverse densité des milieux, et non à l'inégalité de masse des mobiles. Galilée