CHUTE DES CORPS DANS LE VIDE
conclut de là que c'est la résistance de Fair qui était la véritable cause des différences observéQp.
Quand un corps tombe dans Fair, ou dans tout autre milieu, il faut, à chaque instant, qu'il déplace les molécules dont ce milieu est composé, ce qui ne peut se faire sans qu'il leur communique une partie de son propre mouvement. Lors donc, qu'on fait tomber simultanément une balle de plomb et une balle de liège d'égal volume, la résistance de l'air, qui est égale pour les deux surfaces, se répartit entre un plus grand nombre de molécules pesantes dans le plomb que dans le liège : la diminution de vitesse qui en est la conséquence est donc plus forte dans la balle la plus légère. La différence serait plus sensible encore, si la chute, au lieu de s'effectuer dans l'air, se faisait dans un milieu plus dense.
La découverte de Galilée se vérifie aujourd'hui rigoureusement par l'expérience, et c'est à Newton que revient l'honneur de cette vérification.
On prend un long tube de verre muni à ses deux extrémités de deux montures en cuivre, l'une fermant hermétiquement, l'autre terminée par un robinet qui permet d'ajuster le tube sur le plateau d'une machine nommée machine pneumatique ^ propre à enlever d'un vase quelconque l'air qu'il contient. On commence par introduire dans le tube des corps de densité très-variée : de petits morceaux de bois, de métal, de plume, de papier, de liège, etc., qu'on maintient vers l'un des bouts de rinstrument. En renversant brusquement le tube pour lui donner une position verticale, tous les petits corps introduits partent à la fois du sommet et tombent à l'intérieur même, dans la direction de l'axe du cylindre (fig. 4). Si l'on opère le renversement du tube avant l'extraction de l'air, on constate rinégalitè de vitesse connue de tout le monde. Mais si 1 on répète l'expérience à plusieurs reprises, en enlevant progressivement l'air du tube, on observe que cette inégalité décroit avec la raréfaction du milieu où s'effectue la chute. Quand le vide est aussi complet que possible, tous les corps de den-
sites diverses viennent à la fois frapper la paroi inférieure de l'appareil.
C'est donc bien la résistance du milieu qui est cause de Tiné-
fgalité de Vitesse, dans la chute des corps plus ou moins lourds, ou plus ou moins denses. Cette résistance, non-seulement ralentit les mouvements, mais encore produit des déviations dans la direction de la chute des corps légers. Une feuille de papier, abandonnée dans Pair, parcourt une ligne sinueuse souvent très-accidentée avant d'arriver au sol. Prenez une pièce de monnaie, de dix centimes par exemple, et un petit disque depapier de même dimension : laissez-les tomber séparément de la même hauteur, la pièce touchera le sol bien avant le papier. Posez ensuite le disque sur la pièce et laissez-les tomber ensemble; tous deux frapperont le sol au même instant. C'est que le métal, dans ce dernier cas, s'oppose à la résistance de l'air sur la face inférieure de la feuille.
Ce que nous venons dire des corps solides s'applique également aux liquides et aux gaz. Une masse d'eau se divise, dans sa chute, en une multitude de gouttelettes pulvérulentes, dont la formation est due à la résistance de l'air et à. la mobilité des molécules du li-
Fig. 4. — Expérience
démontrant l'égalité quidc. Cette divisiou cst très-scusiblc dans les
de vitesse des corps "^
qui tombent dans le jets d'cau, daus Ics cascadcs ou nappes d'eau naturelles qui tombent d'une grande hauteur. Mais si Ton se sert, pour faire l'expérience de la chute des corps liquides, d'un tube où l'on a fait le vide, l'eau retombe en bloc sur la paroi inférieure, en conservant la forme cylindrique du vase, et sa chute produit un bruit sec, comme ferait un corps solide. C'est ce qu'on nomme l'expérience du marteau deau.