ANALYSE SPECTRALE
lûde : les deux premiers, le caesium et le rubidium par MM. Bunsen et Kirchhoff, le troisième, le thallium, par M. Crookes et M. Lamy, le quatrième, Tindium, par MM. Reieh et Richter. Le nom du ca?sium lui vient de deus raies bleues, le rubidium, des raies rouges qui caractérisent les spectres de ces métaux; le nara du thallium rappelle la raie verte caractéristique de ce métal, et celui de Tindium une raie bleue située dans rindigû.
Jusque-là le spectroscope, quelque admirables que soient les progrès qu'il avait fait faire à l'analyse chimique, ne sorlait pas du domaine des laboratoires : il permettait d'analyser, de reconnaître des substances terrestres que nous pouvons voir ou toucher, indiquant même la présence de corps jusqu'alors iaconnus. Mais ce n'est pas à cela que devait se borner sa puissance. Grâce à lui, on est allé plus loin; on a pu aborder et résoudre en partie un problème qui paraissait inaccessible aux investigations humaines : étudier la composition chimique des MStres^ celles du Soleil, celles des étoiles, de ces soleils si prodigieusement éloignés de nous, des nébuleuses que les télescopes nous montrent plongées dans les abîmes de Téther, à de telles distances que Timagination peut à peine en sonder la profondeur.
Voici, en quelques lignes, les expériences qui ont conduit i un si mervc illeux résultat.
Plaçons la (lamme d'un bec de gaz en avant de la lunette du ipectroscope, et affaiblissons-la au point de n'avoir plus qu'une flamme bleuâtre, à peine sensible. En cet état, elle ne fournit pas de spectre; il y a obscurité complète derrièiHî le prisme. Mais qu'on introduise un sel métallique dans la flamme, un peu de sel marin, par exemple^ aussitôt apparaît U raie jaune du sodium ; c'est ce que nous venons de voir tout lï Theure.
Si, en même temps, et dans le môme prisme, on introduit uo rayon de soleil, de fuijon que le spectre du sodium et le spectre solaire se superposent, on remarquera une coînci-
dence parfaite dans la position de la raie jaune du «odii de la double raie sombre D de Fraunhofer.
Maintenant, à la lumière du Soleil substituons la lu intense connue sous le nom de lumière de Dmmmond, Tobtient en brûlant un fragment de chaux dans un bec < mélangé d'oxygène: — le spectre de cette lumière, vu ment, offre lin vif éclat et une continuité parfaite : il ne tient aucune des lignes sombres du spectre solaire. Maij fait en sorte qu'il recouvre exactement le spectre du se en interposant la lumière Drummond entre le prisme flamme sodée, aussitôt la ligne jaune du sodium dispa fait place à une ligne obscure, occupant précisément la position que la raie brillante.
C'est ce phénomène que M. Kirchhoff a désigné sous I de renversement du spectre des flammes. Il a été consi un assez grand nombre de spectres métalliques, a Si Y arriver, dit-il, un rayon solaire au travers d'une flam lithium, on voit apparaître dans le spectre, à la place raie rouge, une raie obscure qui rivalise par sa nettel les raies de Fraunhofer les plus caractéristiques, et qui raît lorsqu'on enlève la flamme de lithium. Le renver des raies brillantes des autres métaux s'obtient moins ment; cependant nous avons été assez heureux, M. Bm moi, pour renverser les raies les plus brillantes du poti du strontium, du calcium et du baryum....»
Maintenant, quelle conséquence tire-t-on de ce fait lier? C'est que les. vapeurs métalliques, douées de la pi d'émettre en abondance certains rayons colorés, de pré aux autres, absorbent au contraire ces mêmes rayons d'une source lumineuse et traversant la première Ainsi, la lumière du sodium, qui émet les rayons absorbe précisément les rayons jaunes de la lumière raond, à leur passage dans la première. De là, cette rai qui vient se placer, dans le spectre coi.tinu, à la place cupait la raie brillante du sodium.
CONSTITUTION CHIMIQUE DU SOLEIL. a5&
Si cette absorption est un fait géuéral, il faut en conclure q\ie les raies noires, observL»ps dans le spectre solaire, indiquent le renversement d'autant de raies brillantes dues aux va* peurs métalliques de son atmosphère. Cette atmosphère joue^ pour nous, le rôle du brûleur obscur de Bnnsen, et la vive lumière du corps du Soleil, celui de la lumière Drummond dans la même expérience.
En étudiant à ce point de vue les raies noires du spectre solaire. Bunsen et KirchbofT ont pu constater la coïncidence «l'un grand nombre d'entre elles avec les raies brillantes de cirlains métaux. Par exemple, les 70 lignes brillantes du fer, variées de couleur, de largeur et d'intensité coïncident, sous tous ces points de vue et d'une façon si précise avec 70 r^ies sombres du Soleil, qu*il est impossible de douter qu'il y ail dans Tatmosphère solaire du fer à Tétat de vapeur métallique. Dans la figure 238, on voit un certain nombre de ces raies,
irquées Fe. I.es mêmes savants ont reconnu la présence de sept autres corps simples, rhydrogène, le cuivre, le zinc, le chrime, le nickel, le magnésium» le baryum, le calcium et le sodium; et il est probable qu'à cette liste il faut joindre le cobalt, le strontium et le cadmium.
De labsence des raies caractéristiiiues des autres métaux, tels que Tor, l'argent, le platine, etc, dans le spectre solaire, ou avait cru d'abord pouvoir conclure que ces corps ne se trouvent pas dans le Soleil, au moins dans les couches extérieures qui forment son atmosphère. Mais cette conclusion est trop absolue, ainsi qu'il résulte de nouvelles recherches dues à M. Mitscherlich. Suivant ce physicien, il arrive que la présence de certaines substances dans une flamme a pour effet dempècher de se produire les spectres d'autres substances, d'éteindre leurs raies principales : ainsi, quand on imprègne de chlorure de cuivre et d'ammonium la flamme du chlorure de strontium, la raie bleue de ce dernier métal disparaît.
NV^t-ce pas chose merveilleuse, que cette propriété de la lumière d'accuser avec une sensibilité si grande la composi-p
tioù chimique deâ corps d où elle émane, de couseçver^ i un trajet de 37 million^ de lieues, les traceside Fabsorptic tel ou tel rayon coloré, indice certain de Faction des < simples en suspension dans une atmosphère que les ast mes ne faisaient que soupçonner, et dont l'existence se ti ainsi confirmée? L'analyse spectrale, appliquée aux et aux planètes, aux comètes, aux nébuleuses, fournit des cations précieuses sur la constitution intime de ces coi résout des problèmes que les pluà puissants instruments tique n'auraient sans doute jamais permis d'aborder, ainsi que les sciences se prêtent un mutuel concours, e tout progrès réalisé par l'une d'elles est presque sûrei pour les autres, le point de départ de nouvelles découv