V. LES RADIATIONS SOLAIRES, CALORIFIQUES, LUMINEUSES ET CHIMIQUES
Les diverses parties du spectre solaire ne se distingue seulement par l'inégale réfrangibilité des rayons qui le duisent, par les nuances de leurs couleurs, mais aussi vivacité plus ou moins grande de leur éclat, et par leur échauffante ou calorifique, ainsi que par le pouvoir q out de modifier, à des degrés divers, certaines substan< point de vue chimique.
Quand on compare, dans le même spectre, les int( lumineuses des sept couleurs principales, on reconna: médiatement que c'est dans le jaune que se trouve la la plus brillante. A partir de ce point, l'éclat diminue, aille soit du côté de l'extrême rouge, soit du côté du De plus, on voit que les couleurs peuvent se ranger ne lement en deux classes : la première comprenant les co lumineuses^ le rouge, le jaune, le vert; la seconde, le leurs sombres, le bleu, l'indigo, le violet, auxquelles o joindre les rayons de l'extrémité rouge. Une expérienc
LES HADIATIONS SOLAIRES-
e permet de juger de la différence qui existe entre les pouvoirs éclairants des diverses couleurs : qu'on prenne les pages d'un livre, et qu'on reçoive le spectre sur la partie imprimée du papier, ou verra que les caractères seront aisément lisibles dans Torangé^ le jaune et le vert^ tandis qu'on aura de la peine à déchiffrer ceux qui reçoivent les autres couleurs,
Daprès Fraunhofer, qui a étudié pliotométriquement les inteDsités lumineuses des couleurs du spectre, c'est entre les wies D el E, à la limite du jaune, que se trouve le maximum il'éclftt; mais ce point est plus rapproché de D, et sa distance «cette dernière ligue est environ la 10""' partie de Tintervalle Intal DE. Des méthod«;*s plus précises ont permis d'appnk'ier Dumi^riquement les pouvoirs échiirants du spectre, aux points où il est coupé par les huit principales raies de Fraunhofer. Eu évaluant à 1000 Féclat maximum, voici quelles sont les ^leusités lumineuses dont il s*agit :
Couleun. IiitôQfîtéslumiaeuMss. R&ieâ.
Eitrème rouge, , . . . . insensible . A
Rooge 32 B
RaugB . 94 C
Omngë. ... 640. . . , . . D
Jaune , . , 1000, . .
Vert 480 . E
Bleu . . . 170 F
Indigo . . . 31 G
Extrême violet . . . , i . 6 ^ H
On s*est demandé, il y a longtemps, si la chaleur des WfOûs solaires se distribuait également dans toute Tétendue do spectre, ou si, au contraire^ les divers rayons colorés, *ur différence d'intensité lumineuse, possédaient aussi
F^uvoirs caloriQques inégaux. Des expériences dues à Rochon tirent croire d*abord que les rayons les plus lumineux étaient aussi les plus chauds, de sorte que le maximum cAt été dans le jaune; mais bientôt d'autres physiciens assurtnfût que ce maximum était dans le rouge, ou à rextrémilé
du rouge. Selon Seebeck (1828), toutes ces opinions vraies, parce que la chaleur transmise par les rayons co se trouvant inégalement absorbée suivant la nature du pri la position du maximum calorifique doit dépendre de la stance de ce dernier. Et, en effet, ce physicien fit voir qi rayons calorifiques les plus intenses sont ceux du jaun Torangé, du rouge ou de l'extrême rouge, suivant qu dispersé la lumière solaire à l'aide de prismes formés av< l'eau, de l'acide sulfurique, du verre ordinaire ou du glass anglais. Comme le sel gemme absorbe peu ou po chaleur, que celle-ci soit obscure ou lumineuse, c'est av prisme de cette substance qu*on peut le mieux compar pouvoirs calorifiques des divers rayons colorés. En op de cette façon, Melloni a prouvé que la température d rayons va en s'élevant du violet au rouge; c'est au-de rouge, dans le prolongement du spectre, que se troi maximum, à une distance de la limite extrême du rouge à celle qui existe entre cette limite et le jaune. Au de chaleur décroît, mais elle est encore sensible, quand ( rive à une distance du rouge égale à toute l'étendue du tre lumineux.
Ce résultat remarquable acquiert un nouveau degré portance, quand on étudie sous un autre point de vue 1' des rayons solaires. Tout le monde connaît l'influence lumière du soleil sur les couleurs matérielles, quand ce leurs sont appliquées soit sur des étoff'es, soit sur du p du bois et diverses autres substances organiques. Les ri de tenture pâlissent à la lumière du jour, les toiles écr teinte jaunâtre blanchissent quand on les expose au sol sait aujourd'hui combien la lumière est nécessaire au a épanouissement, à la sauté, à la vie même des végétaux animaux. Or, ces influences multiples sur lesquelles no rons l'occasion de revenir ailleurs, consistent, en de analyse, en uoei suite d'actions chimiques, en des déc sUions ou combinaisons de substances. Du chlore et d(
UADIATIONS CHIMIQUES,
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drogèoe qui, dans robscurité, n'ont aucune ailiori t'nn sur Tautre, exposés à la lumière se coni binent, et fprraent de Tacide chlorhydrique. Si le flacon qui les contient est placé dansuu lieu éclairé par la lumière dîlTuse du jour, la combinaison s effectue lenttDient; aux rayojis solaires, elle se fait subitement et avec explosion. La lumière décompose le^ sels d'or, d'argent, de platine. Lliéliogra{diie découverte par Niepcc et Daguerre, et tous les procédés actuels de la pliotographie soiit basés sur Taclion cbiniique des rayons lumineux provenant soit du Soleil, soit de la Lune, soit d'autres sources d*une ittlensité suflîsante. Nous décrirons ces procédés plus tard : il nffil en ce moment de constater les phénomènes,
La même question se présente ici que pour les pouvoirs éclairants et calorilliines : il s'agit de savoir si les difiéreutes régions du spectre solaire sont dimées de la même facullé au j»oint de \iie chimique, ou si Knir efficacité varie de Tune à Tautre. Or, Scheele qui, dès 1770^ avait constaté raction do Ia lumière sur le chlorure d'argent, reconnut aussi (juc les rayons colorés du spectre agissent luégah'uient pour produire cette décomposition. On découvrit ensuite , non-seulement f[ue iet radiations chimiques augmentent d'intensité du rouge m violet, au point que le cldorure en question noircit en (quelques minutes, quand il reçoit les rayons eonccnti'és de la partie violette du spectre; tandis qu'il faut plusieurs heurts, sil reçoit les rayons du vert au rouge; mais qu'au delà du vialet extrême, dans la partie obscure du spectre, Taction chimique continue à une distance considérable de la partie lumineuse. L'intensité de la radiation chimique qui varie, |H)ur iine substance, suivant la position des rayons dans le ipectre, n atteint pas son maximum au même point pour des substances différentes. Ce maximum n'est pas le même pour les seb d'argent que pour les sels d*or, pour ceux-ci que pour les sels de potasse.
Phénomène digne de remarque : le spectre qu'on peut appeler chimique^ pour !e distinguer du spectre lumineux el
du spectre calorifique, présente des raies comme le pre de ceux-ci. On voit, dans les parties noircies du chil d'argent j des lignes blanches qui indiquent rinterruptioi l'action chimique, et leur position coïncide précisément! les raies de FrauDholer, Mais au delà du violet existent f très l'aies qui naturellement n'en ont pas de corresponda dans le spectre lumineux*.
Fig. 240. — Spectres caJonBques, lumtaeux et cliîmiques de la lumière soîalre; ï. lumioeuï, H UT; 2. Spectre calorifique R'MT; 3. Spectre chimique H'MMI*P,1
Ainsi le spectre solaire est plus complet qu'on aurai le croire d'abord^ en n'étudiant que 1 impression pro( sur TœiL II semble qu'il est formé de trois spectres superp^ Tun donnant la lumière et les couleurs (fig, 240, 1); uni dont Faction est sensible au thermomètre , nous révèh propriétés échauilantes ou calorifiques des rayons sol (fig, 240, 2); un troisième enfin (fig. 240, 3) nous apg comment varie leur activité chimique. Mais existe-t-il ei| trois espèces de rayons, aiusi qu'on l'avait d'abord supj Des expériences délicates, parmi lesquelles nous ne fa que citer celle qui accuse l'identité des raies du spectre 1
I . Cependant les rayons plus rëfrangibles quê le violet ne sont pas coà ment invisibles. D'après J. Herschel, lets rayons idlra-violets, en agissant i-étine, donnent une nuance nommée par lui gris-lavande. Les raies dl partie du spectre dont M. E. Becquerel a démontré l'existence^ ont été j nues À la vue par MM. Mathiessen^ Heimholtz et Esselbach, ^