LIVRE IV
LA CHALEUR
vexes laissant entre eux une cavité, et Ton remplissait eelle-eî du liquide qu'on voulait employer. Ou cite dans ce geure, le verre ardent construit au siècle dernier par Bernières et Tru-
daine : il avait 4 pieds (l'^SS) de diamètre y et 8 pieds de rayon de courbure • En le i^ remplissant d'essence de té- J rébenthine et l'exposant aux rayons solaires, on obtint des effets caloriûques d'une i^ teusilé extraordinaire. ™ Tonte le monde a entendu raconter que les marins, dans leurs voyages aux régions glacées des pôles, ont pu se servir de lentilles de glace pour se procurer du feu. En Angleterre j on a fait avec une lentille de glace d*nn très-grand diamètre (3 mètres), des expériences trèsintéressantes, qui ont prouve la possibilité d'eutlammer de la poudre, du papier, au foyer de cette lentille d'un nouveau genre. ^Ê
On voit, par ce qui précède, que la chaleur rayonnante se propage suivant les mêmes lois que la lumière ; sa vitesse est du même ordre de grandeur; sa direction est rectiligne dans les milieux homogènes; elle se rélléchit et se réfracte de la même manière. L'analogie est encore plus évidente , depuis qu'on sait que la chaleur éprouve la double réfraction dans les milieux biréfringents, et enlinj qu'elle se polarise aussi par réflexion, par réfraction simple et par double réfraction • Il est donc probable que les radiations calorifiques ne diffèrent pas essentiellement des radiations lumineuses, que les unes et les autres sont dues à la même cause, c'est-à-dire aux vibra*
Fîg. 309- — Lentille k échelons.
RAYONNEMENT DE LA CHALEUR. 509
l*éther : seulement, taudis que Tébranlement, causé par le mouvement des oudes hmiineusL's, affecte seul Torgane
1 de la vue, celui qui provient des ondes calorifiques , an lieu de nous donner la sensation de la lumière, produit sur nos organes l'impression de la chaleur. On est même arrivé à considérer les radiations caloriOques et les radiations lumineuses, comme n'ayanl entre elles d'autre difTérence que la B plus on moins grande rapidité du mouvement vibratoire qui leur donne naissance. Alors ce serait les ondulations les plus longues ou les rayons les moins réfrangibles — ces expressions sont équivalentes — qui constitueraient les rayons de clialeur, ies radiations obcnress. A partir d'une certaine limite de rapidité, les vibrations, sans cesser de produire delà chaleur, impressionneraient la rétine et donneraient de la lumière.
Ces idées théoriques qui assignent une commune origine à (les phénomènes en apparence si diiîerents, et qui le sont en effet pour nos organes, tendent à prévaloir de plus en plus dans la science ; les anciennes hypothèses qui faisaient de la chaleur, de la lumière, de rélectricité, du magnétisme, autant d*agents réels et distincts, ayant ime existence propre, sont à peu près complètement abandonnées. Nous verrons bientôt, en ce qui concerne la chaleur, dautres preuves qui témoignent eii faveur de la théorie nouvelle, en montrant que la chaleur !^e transforme eu mouvement, et le mouvement en chaleur; transformation qui serait inexplicable dans Fhypothèse où le calorique serait une substance.