EFFETS DES DÉCHARGES ÉLECTRIQUES
les deux boules de l'excitateur universel (Bg. 391) par un fil métallique très-fin, d'argent doré par exemple, le fil séchauffe, devient incandescent : et il est fondu et volatilisé, si la charge électrique est suffisamment énergique. Avec les puissantes batteries du Conservatoire des Arts et Motiere, on arrive à fondre des fils de fer de plusieurs mètres de longueur. Dos fils de même diamètre et de même longueur exigent, du reste, des chaînes électriques fort différentes pour être fondus : le fer, le plomb et le platine se liquéfient plus facilement que Tor, Tarçent et surtout le cuivre. La fusion est aussi plus aisément obtenue, si la décharge a lieu dans lair, que si elle se fait dans le vide. Si Ton met entre les boules de Texcitateur universel un fil de soie doré, la décharge fond lor et laisse la soie intacte. Les parcelles du métal volatilisé peuvent être recueillies sur une carte blanche, contre laquelle on fait a[>puyer le fil avant l'expérience. On voit alors sur la carte une tâche noirâtre formée par une poudre très-fine d'or volatilisé. En opérant sur différents métaux , on obtient des taches de couleurs variées, et si les métaux employés sont oxydables aux températures très-hautes, les empreintes obtenues sont formées par les oxydes métalliques réduits en poudre impalpable. Van Marum a fait, au dernier siècle, de très-belles expériences sur le transport des métaux par la décharge électrique. Fusinieri, ayant fait passer une décharge entre deux boules, Tune d'or, l'autre d'argent, observa que la première était argentée et la seconde dorée, autour des points entre lesquels avait jailli l'étincelle. Il est probable que les phénomènes dont nous venons de parler sont complexes, et sont dus, tout à la fois, à l'élévation de température produite par la décharge et à un transport mécanique des molécules.
On a mis à profit cette propriété pour obtenir des empreintes métalliques reproduisant des dessins variés. Dans les cours, on fait Texpérience dite du portrait de Franklin. On voit dans la figure 394 une feuille de papier épais dans laquelle se trouve
découpé le portrait de rilluslre physicien; des lames d'étain sont collées de etiaque côté de ia feuille, qu'on recouvre pardessus d'une feuille d" or et par-dessous dun morceau de soie blanche. Après avoir rabattu sur la feuille d'or les parties du
Fig, 394* ExpérieQûe du portrait de Franklin.
papier qu'on voit au-dessus et au-dessous du portrait, on place le tout dans une presse (fig. 395), dont on serre les écrous pour rendre le contact parfait, et la presse est ellemême placée sur le support de rexcitateur universel. Quand
Fig. 895. — Presse employée dans rexpérience du portnit de Franklin.
les boules de l'excitateur sont en contact avec les bandes d'étain qui débordent latéralement, on fuit passer la décharge. La feuille d'or votai ilisée donne sur la soie une empreinte noirâtre qui reproduit toutes les découpures, et le dessin se trouve ainsi imprimé par 1 électricité.
EFFET> liE> liEi:HAHliE< ELECTHIyrES. 639
La fusion des fils métalliques est une preuve certaine de rélévation de température qui accompagne les décharges électriques, quand elles ont lieu à travers un conducteur. Les décharges disniptives. iVsl-a-dire celles qui se font à travers un isolant, comme Tair. avec pi-oductiou d'étincelle, donnent lieu aussi à des effets calorifiques, bien qu'en tirant l'étincelle avec le doigt, on n épruuvf aucune sensation de chaleur. On enflamme des mati*/res combustibles, de la poudre, de lether en faisant jaillir IVtiDcclle en un point quelconque de la substance. Cette exi»érienc^ se faisait autrefois de la façon suivante : une personne, montée sur un tabouret isolant, touchait d'une main le conducteur dune machine électrique, et de l'autre présentait la jKÛnte dune épée à une faible distance d'une soucoujK^ pleine détber que tenait à la main une autre personne. Le liquide prenait feu dès que l'étincelle jaillissait. Watson reussit à enflammer de Téther à l'aide d'une étincelle sortant d'un morceau de fflace.
L'étincelle électrique produit encore des effets chimiques d'un haut intérêt. >i on la ffjit pasver dans un mélange gazeuj^ exploî^if. d'oAVf^éne et d'hydrogène par exemjile. icAplosiou est instantanée. C'est sur ce fait qu'est basée la construction An pistolet d^f^olta. \jtt^ figures 3% et 397 représentent une coujx- diamétrale et une vue ext*'^rieui*e de ce petit appareil. C'e*t un vase sphéro-'/yJjndrJqu'' **n métal, fermé y.^*^^. - ?.si-..f.: par un bouchou. et quou n^mplit d'un mélange T^y^.^"'^ ^ "'" dliydrogène et dV»Ay;ièn*-. l ne liîfe *-n lait/jn terminée par deux bouler liavi-r'se Ja paroi inférieure du cylindre, dont elle e^t isolée par un \\i\>** en V4-rr«r. L'app»areil étant en communication avi-c le mi|. on approche le b<:»uton extérieur du c<>uducteur d'un*- machin*- électj'jque. La combinaisou des deux saz s*- fait av«-c explosi«in. et le bouch(»n e<t chassé avec fore*- H projet*- au ]'»in.
L*éthiceIIe électriqu*- piovo.^Uf une foulf de rx^actions chi-
miques; citons dans le nombre la formation de Tacide azotique avec l'oxygène et l'azote, la décomposition de Teau, .celle de Tammoniaque.
Enfin, nous avons déjà parlé des effets de la décharge, quand elle passe à travers les organes de Thomme et des animaux. Les commotions sont d'autant plus fortes, elles ébranlent une portion du corps d'autant plus étendue, qu'elles proviennent de charges plus puissantes; et nous avons déjà dit qu'il est
Fig. 397. — Explosion du pistolet de Volta.
dangereux de recevoir la décharge d'une batterie formée d'un petit nombre de bouteilles de Leyde, On fait avec un condensateur, qu'on nomme le carreau fulminant ^ une expérience où la secousse qu'excite la décharge produit un effet singulier et amusant. Le carreau fulminant n'est autre chose qu'une plaque rectangulaire de verre, dont chaque face se trouve recouverte d'une feuille d'étain : l'une des feuilles est tout à fait isolée, l'autre communique par une petite lame avec le cadre en bois, et de là par une chaîne métallique, avec le sol. L'autre feuille communiquant avec une source