LA BOITEILLE DE LEYDE
^a décharge instantanée se fait à Vmde à un excitateur : ce 5ont deux arcs métalliques, pouvant tourner autour d'une articulation commune et munis de manches en verre (fig, 38 i). On prend un de ces manches à chaque main, et on ajjproche les lieux boules métalliques qui terminent les arcs, rime du bouton de r armature intérieure, l'autre de Farmature extérieure
Fig. aS3. ^.Décharges ^ucc<6âiV€s d'une bouleiUe de Leydc. Carîtlon»
Fîg. S86. « BûDleilIe de Le y de étiocelinlAk
de la bouteille de Leyde, et la décharge se fait dans les branches de l'excitateur.
Les décharges successives se font quelquefois avec la bouteille de Le y de à carillon. La figure 385 montre romment le [lendule isolé qui surmonte un timbre monté sur nu pied métallique et communiquant avec la garniture extérieure, est attiré, puis repoussé successivement par Tarmature inlérienre, poui* subir ensuite les mêmes actions de Tautre tinjbre. A chaque contact, la balle prend, tantôt à Tune tantôt à Tautre des deux armatures, une partie de son électricité, La bouteille est ainsi
peu à peu déchargée. Un donne tiuelquefois à la balle du pendule la forme d'une araignée dont les pattes sont des brins de soie.
L'expérience de la bouteille étincelante (fig, 386) sert à montrer que, dans la décharge iuslanlanée, rélectricité vient de tous les points du verre converger vers le point où a lieu la
Fif • 387. ' Figures de Leicbieabsrg. Distribution des deui espaces d'électricité.
réunion des électricités accumulées sur les deux garnitures. L*armature extérieure est formée , comme dans le carreau magique, de fragments de limaille métallique ou de clinquant, fixés sur une couche de gomme. A Tarmature intérieure est fixée une bande de métal qui aboutit à une trèspetite distance de la garniture extérieure. Quand la bouteille est chargée sufilsamment, on voit des traits de feu sillonner
FirUlRES DE LEtnUTENliERd.
6âl
en serpeDlmil sa surface, à partir du point où commence la décharge.
On a vu tout à l'heure ijue la bouteille de Leyde se eliarge dVlectricités contraires sur les deux faces des garnitures. Un physicien allemand a imaginé une expérience fort intéressante qui met en évidence le lait dont nous parlons. Il prenait un gâteau de résine, comme celui de Téleetrophore, puis chargeai! une bouteille de Leyde, et ti'açait avec le
Fig. 388, — Figures de Leichtenberg- Distribution de l'électricité posHive
bouton une figure quelconque, la lettre G par exemple, sur le gAleau. Posant la bouteille, puis la saisissant de nouveau, mais par le crochet, il traçait un autre dessin sur le guleau avec le bord inférieur de la bouteille. Cela fait, il projetait avec un soufflet, rempli d*une poudre formée de minium et de soufre mélangés, un nuage pulvérulent sur la surtare du gâteau, et Ton voyait le minium se porter sur les points pmehés par le bouton, c'est-à-dire électrisés négativement, ^ttldis que le soufre s'attachait aux points chargés dYdectricité positive. Les figures 387, 388 et 380 sont des fac-similé
de figures de Leichtenberg, qu'a faites obligeamment poï nous M* Saiut-Edmej préparateur du cours de physique au Conservatoire des Arts et Métiers. Les deux dessins, positif et négatif, obtenus par le contact de la résine avec les deux garnitures se distinguent non-seulement par la couleur des poudres qui les recouvrent, mais aussi par la forme des ramifications singulières que les électricités contraires ont tracées sur la résine.
^^.nt
Fi g. 389. — Figuras de Leichteflberg. Distribution de réleclricUé négative.
Pour obtenir des eflets plus énergiques, on donne à la bouteille de Leyde des dimensions plus considérables. Le bocal en verre a une large ouverture, qui permet de coller à Tintérieur une feuille d'étain semblable à la garniture extérieure : c'est ce qu'on nomme alors nne jarre électrique, Plnsieiïrs jarres, assemblées comme le montre la figure 390 ^ forment une batterie. Alors tontes les garnitures iotérienres communiquent ensemble à l'aide de tiges métalliques, partant du bouton de chacune d'elles et rayonnant vers la boule plus grosse de la jarre centrale : c'est cette dernière boule qu'on
BATTERTES ELECTRIQUES. ^633
met en commuaication avec le conducteur de la machine électrique, <|uaiid ou veut cbnrger la batterie. Quant aux armatures extérieures, elles sont reliées entre elles par leur contact avec une feuille d'étain dont les parois intérieures de la boîte sont recouvertes , et qui comniunitiue elle-même au sol par rinterraédiaire d'une chaîne mélallique,
La charge électrique que ces puissants condensateurs accumulent sur leurs armaUires est considérable, et il faut beaucoup
rig. 390. — Eattfldfl de jirres Dectrîquts,
de temps pour leur fournir, à Taide des machines ordinaii'es, toute 1 electricilc qu'ils sont susceptibles de condenser. On pent rendre Topération plus rapide en divisant une batterie en plusieurs batteries, renfermant chacune deux ou trois jarres, et en les faisant communiquer deux à deux par des tringles unissant les armatures intérieures. C'est ce qu'on nomme la charge par cascade; mais les l)atteries partielles sont alors inégalement chargées, selon Tordre qu'elles occupent àP rapport à la batterie qui est en rapport direct avec la source
d'électricité. Les décharges des baiteries électriques sont d'autant plus dangereuses, que les jarres ont une plus grande surface , et que leur nombre est plus considérable. Une batterie de six éléments de moyenne grosseur donne déjà des commotions très-fortes^ susceptibles de tuer certains animaux, par exemple des lapins, des chiens. Aussi doit-on prendre des précautionSj quand on veut les décharger. On peut employer dans
Pig. 391 • — Eicitaleur tjniversel,
ce but Vexcitatvur nniversely qui sert du reste dans un grand nombre dVxpérienees. Cet appareil est formé de deux tringles en laiton , terminées chacune, d'un côté par un anneau où peut sVngager une chaîne, de Tautre par un bouton. Chaque tringle est isolée par un support en vcrrej et mobile autour d'un genou. Les deux boutons aboutissent aun^essus d'on support, sur lequel on place le corps à travers lequel on veut faire passer la décharge. L^une des chaînes communique avec
EFFETS HES DECHAnGES ELECTRIQUES, eas
le soi, Tautre avec la branche d'un excitateur ordinaire, à Taide duquel on touche alors sans danger le bouton central de la batterie électrique.
Terminons par la description de quelques expériences qui nous feront conuaitre les divers effets mécaniques et physiques de Télectricité accumulée dans les condensateurs»
Dans les expériences du mortier électrique et du thermomètre de Kinnersley, nous avons déjà vu des exemples des ef*
Kig* :i92, » Eipérience du p«rce- carte,
fcts mécaniques que produit la décharge disrujilive. Le déplacement violent des molécules du corps interposé entre les deux conducteurs, est encore rendu manifeste dans le percecarte et le percer-verre.
Une carte est placée entre deux pointes de conducteurs métalliques séparés par un cylindre de verre-On prend à la main une bouteille de Leyde chargée, dont la garniture extérIeuiT est mise en communication avec l'un des condticteui*s par une chaîne métallique; puis, on approche le bouton de la garnilure intérieure d'un point de Taulre conducteur. La décharge a lieu à travers la carte, qu'on trouve percée d*un trou
entre les deux pointes. Ou n'explique pns comment il se fait que, dans Tair, le Irou est plus près de la pointe négative que de la pointe positive, tandis qu'il n'en est plus ainsi dans le vide.
On perce de la même façon une lame de verre de 1 ou 2 millimètres d'épaisseur, placée horizontaletuent entre deux pointes. Il faut avoir soiu seulement, pour éviter que Télectricité se difliiJse sur le verre, d'imbiber d'une goutte dluiile
Fig. 3P3* — EïpértflDce du perce-verre,
chaque pointe métallique. Après la déchai^ge, on aperçoit dans la lame un petit trou rond; le veiTe a été pulvérisé par le passage de rélectricité. Pour que cette expérience réussisse, il est nécessaire d'employer une batterie puissante. Mais, alors même que la décharge n'est pas assez énergiciuc pour percer la verre, la lame se trouve altérée et dépolie au point par où a jailli Tétincelle.
Les effets caloriOques de la décharge électrique ne sont pas moins intéressants que les effets mécaniques. Si Ton réunit