S IL MULTIPLICATEUR ET GALVANOMÈT RE
Fig. 41 S. — Molti|»licaleur de Schweigger,
Décrivons d'abord l'appareil auquel on donne le nom de mnltiplicateur de Schweigger^ du nom de son inventeur-
C*est un cadre en bois (fig. 415) sur lequel un fil de cuivre s'enroule un grand nombre de fois. Le fil métallique est recouvert dans toute sa longueur d'une substance isolante, gultapercha, soie, coton, de sorte qu'un courant électrique, entrant par Tune des extrémités du fil et sortant par l'autre, ne peut passer d'une spire tt la suivante sans en avoir parcouru toute rétendue; en un mot il est obligé de parcourir toutes les spires successives. Si l'on place le cadi'e verticalenieut sur un de ses eûtes, dans le plan du méridien nuignétique, et si Ton dispose à rintérieur une aiguille aimantée librement suspendue sur un pivot vertieûl, on aura un instrument très-propre à accuser parles déviations de raiguille^ l'existence d'un courant électrique, si faible qu'il soit, 11 suffira pour cela de rattacher les extrémités du fil multiplicateur aux deux réophores de la pile uu de tout autre circuit voltaïque. Dès que le ciixuit sera fermé, la présence du counmt se manifestera pfu* une déviation plus ou moins forte de l'aiguille.
Analysons maintenant ce qui se passe, et voyons comment Faction du courant se trouve multipliée par la disposition que nous venons de décrire. Considérons un des tours du fil autour du cadre : le courant passe de iM eu N, puis en Q, en P, et à partir de R s'éloigne de raiguille. Ur, si Ton se rapporte à Ténoncé d'Ampère, on verra que chacune des quatre portions du courant tend à dévier le pôle austral a en a\ vers lest par conséquent, ou, si Ton veut, en avant de la figure; chacune d'elles
agit comme un courant isolé, ou mieux, comme une portion de courant indéfini voisine de l'aiguille. La déviation totale
sera donc plus forte que si le courant ne faisait que suivre l'un des côtés du rectangle. Or, à la spire suivante, le courant agit de nouveau de la même manière, et il
Fig.416,-Aclionsconcoumntesdes ^U CSt de même pOUr tOUtCS IcS
diverses portions du fil dans le mul- gpireS SUCCeSSivCS, de SOrte aUC SOU tiplicateur. * ' *
influence sur l'aiguille cdmantée se trouve multipliée par le nombre des tours du fil. De là, le nom de multiplicateur donné à l'instrument.
L'aiguille aimantée est ici, comme nous l'avons déjà dit, soumise à deux forces, l'action directe de la Terre, en vertu de laquelle elle se place dans le méridien magnétique, et l'action du courant, qui tend à lui faire prendre une position perpendiculaire à la première. La déviation de l'aiguille est produite par la résultante de ces deux actions. Pour rendre cette déviation plus forte, et donner une sensibilité plus grande au multiplicateur, Nobili a eu l'idée de substituer à l'aiguille aimantée un système de deux aiguilles aimantées parallèles, mais fixées à un même axe, de façon que leurs pôles de même nom soient placés en sens inverse. L'axe étant suspendu à un fil de soie sans torsion, si les aiguilles ont la même force magnétique, leur système sera astatique^ c'est-à-dire restera en équilibre, quel que soit l'angle qu'il fasse avec le méridien. Un système rigoureusement asiatique ne remplirait pas le but qu'on se propose, qui est de mesurer l'intensité des courants par la déviation, puisque alors la déviation atteindrait toujours le maximum de 90®, quelle que soit la faiblesse du courant. Mais si l'une des aiguilles, l'inférieure par exemple, est un peu plus aimantée que la supérieure, le système continuera à être influencé par la Terre ; mais cette action sera très-faible, et dès lors, l'action des courants par l'intermédiaire du multiplicateur sera, au contraire, considérable.
L'ELEGTRO-MAGNÊTISME.
Fig, 417. — Système de deux atguîUes astaliqucs.
L'introduction des aiguilles compensées dans le multiplicateur de Schweigger a conduit Nobili à la construction du galvanomètre y lapparcil le pins sensible pour la coustatation de rexisteace et du sens des courants électriques les plus faibles. Voici comment on se sert de cet instrument (fig. 418)»
Le cadre en ivoire autour duquel s'enroule le fil multiplicateur-, et qu'on voit au-dessous Ju cadrau^ peut se mouvoir dans un plan horizontaL à Faide d'une vis extérieure. On commence par ramener dans un plan tel que le zéro de la graduation du cadran corresponde à l*nne des extrémités de raiguille. Alors ou est sûr que les spires du fil de cuivre sont parallèles aux deux aiguilles du systi'me. Dans son mouvement, le cadre a entraîné une lame rectiuigulaire d'ivoire qui porte deux boutons *\v laiton, à cliacun* desquels aboutit l'une des extrémités du CI du nuiltiplicateur, C*est à ces bon tons qu'un attache les réophores du courant dont ou cherche à constater le sens
et Finlensité. Des que le circuit est fermé, et que, dès lors, le courant parcourt les spires, on voit Taiguille supérieure déviera droite ou à gauche de sa position d'équilibre; le sens de cette déviation indique, d'après la loi d'Ampère, le sens du courant. L'appareil est muni de vis calantes, afin qu'on
Fig, 4J8. — Galvanomètre.
puisse le placer bien horizontalement, et une cloche de verre sert à protéger le fil suspenseur et les aiguilles elles-mêmes contre les agitations de l'air extérieur.
Quant à l'intensité du courant, elle se mesure par l'angle que fait l'aiguille avec le méridien magnétique, ou mieux par l'arc que Tune de ses extrémités a parcouru à partir du zéro de la graduation. On a reconnu que, si la déviation ne dépasse pas 20% elle est sensiblement proportionnelle à l'intensité du courant.