‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 204 sur 249 · III. ACTION DES COURANTS SUR LES COURANTS. — THÉORIE DU MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

III. ACTION DES COURANTS SUR LES COURANTS. — THÉORIE DU MAGNÉTISME

Nous venons de voir quelle est l'action des courants voltaïques sur l'aiguille aimantée, et comment cette influence a été utilisée pour construire un appareil d'une sensibilité extrême, propre à faire connaître le sens et l'intensité d'un courant quelconque. Disons maintenant que les aimants ont sur les courants une action égale à celles qu'ils subissent euxmêmes, mais de sens opposé. Ainsi, quand on place un fort barreau aimanté, AB, dans une position horizontale au-dessus ou au-dessous d'un fil métallique formant un circuit voltaîque (fig.419),et libre de tourner autour des points de suspension, on voit aussitôt le fil se diriger en croix avec le courant, de manière que le pôle austral du barreau se trouve toujours à la gauche de la portion du courant qui en est le plus rapprochée. Qu'on vienne à changer le sens du courant , par l'interversion des réophores qui aboutissent aux deux extrémités du fil, à l'instant le courant fait sur lui-même une rotation de 18(V, laquelle amène son plan dans une position perpendiculaire au barreau aimanté : le pôle austral de ce dernier est donc encore, d'après l'énoncé d'Ampère, à la gauche du courant.

Arrivons maintenant à la belle découverte d'Ampère qui suivit de près, comme nous l'avons dit, celle d'Œrstedt, à l'action des courants voltaïques les uns sur les autres. Nous

ACTIONS RÉCIPROQUES DES COURANTS. 67a

ions bornerons à éiioucer les lois principales qui régissent 1 influence réciproque des courants, lois dont la vérification expérimentale est lacile, dans les nombreux cas particuliers qu elles comprennent. Ampère à démontré que :

1^ Deux courants parallèles^ qui marchent dans la même direction^ s'attirent ; ils se repoussent s* ils marchent en sens contraire;

2" Deux courants non parallèles s'attirent, si tous deux s approchent ou s'éloignent à la fois du sommet de t angle formé par leurs directions ; ils se repoussent^ siVun des cou-

Bépulsion.

Attraclion.

Fig. 41£^. » Action d'ua courint sur un couninl

Fig, 430. — Loi des attractions et répuUioDS d'im courant par un coumnL

rants s'approche du sommet de t angle , tandis que t autre /en éloigne.

La figure 420 représente les trois cas d attraclîun et les deux cas de répulsion^ que mentionnent ces lois.

Ainsi donc, d'une part, les courants électriques agissent sur les aimants, les aimants agissent sur les courants; d'autre part, les courants agissent les uns sur les autres. De là, à assimiler les aimants aux courants, il n*y avait qu'un pas; Ampère le franchit, mais sans cesser d'appeler au secours de la théorie le contrôle de rexpérience. 11 découvrit que la Terre ellemême agit sur les courants, que si Von abandonne a lui-même un équipage rectangulaire semblable à celui de la figure 419

ta

et parcouru par un courant électrique, l'appareil tourne autour de son axe vertical et vient se placer spontanément en croix avec le méridien magnétique: c'est la portion ascendante du courant qui se porte à l'ouest, la portion descendante à l'est. M. Pouillet, à l'aide de dispositions fort ingénieuses, a fait voir qu'un courant vertical isolé, mobile autour d'un axe qui lui est parallèle, se transporte de lui-même à l'ouest ou à l'est magnétique, selon qu'il est ascendant ou descendant, tandis que l'action de la Terre sur les branches horizontales de l'appareil d'Ampère est nulle. S'emparant de ces faits. Ampère a construit des appareils astatiques , c'est-à-dire indifférents à l'action du globe terrestre. Puis, faisant alors agir sur eux un courant fixe, placé horizontalement dans une direction perpendiculaire au méridien magnétique, de l'est à l'ouest, il a vu que l'action de ce courant était précisément la même que l'action de la Terre. II en conclut que l'action magnétique de la Terre sur l'aiguille aimantée est due à des courants électriques qui circulent incessamment, sous l'horizon, perpendiculairement au méridien magnétique, et dont le sens est celui de l'orient à l'occident. Tous ces courants, quel qu'en soit le nombre, peuvent être considérés comme composant un courant unique, et l'expérience montre que, sous nos latitudes, sa position est située vers le sud.

Poursuivant ces belles généralisations. Ampère a fait voir qu'un aimant peut être assimilé à un assemblage de courants circulaires, verticaux, parallèles entre eux et de même sens. Un tel assemblage, en effet — l'expérience va nous le démontrer— étant suspendu librement de manière à pouvoir tourner dans un plan horizontal, soumis à l'action de la Terre, se place de lui-même dans le méridien magnétique : il se conduit de la même façon qu'une aiguille aimantée. Voici comment Ampère a réalisé ce qu'on peut appeler Vliélice ou V aimant électrique.

Il prit un fil métallique, et l'enroulant autour d'un cylindre en spires équidistantes, il lui donna la forme que représente la figure 421, ramenant les deux extrémités des fils longitu-

Page 1