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LES AURORES POLAIRES

ressemble à l'autre; elles varient jusqu'à l'infini. » [Du Spitzberg au Sahara.) L'aurore boréale que nous avons reproduite (page 571) dans la planche IX d'après les belles planches du Voyage au Spitzherg et en Laponie, et dont l'observation et la description sont dues à M. Lottin, peut donner une idée de la magnificence du phénomène. Voici du reste une description que nous empruntons à M. Ch. Martins, l'un des savants qui avec MM. Bravais, Lottin, etc., composaient la commission scientipque de l'expédition.

ce Tantôt les aurores, dit-il, sont de simples lueurs difluses ou des plaques lumineuses; tantôt des rayons frémissants d'une éclatante blancheur, qui parcourent tout le firmament en partant de l'horizon , comme si un pinceau invisible se promenait sur la voûte céleste : quelquefois il s'arrête ; les rayons inachevés n'atteignent pas le zénith, mais l'aurore se continue sur un autre point ; un bouquet de rayons s'élance, s'élargit en éventail, puis pâlit et s'éteint. D'autres fois de longues draperies dorées flottent au-dessus de la tête du spectateur, se replient sur elles-mêmes de mille manières et ondulent comme si le vent les agitait. En apparence, elles semblent peu élevées dans l'atmosphère , et l'on s'étonne de ne pas entendre le frôlement des replis qui glissent l'un sur l'autre. Le plus souvent, un arc lumineux se dessine vers le nord; un segment noir le sépare de l'horizon, et contraste par sa couleur foncée avec l'arc d'un blanc éclatant ou d'un rouge brillant qui lance les rayons, s'étend, se divise et représente bientôt un éventail lumineux qui remplit le ciel boréal, monte peu à peu vers le zénith où les rayons, en se réunissant, forment une couronne qui, à son tour, darde des jets lumineux dans tous les sens. Alors le ciel semble une coupole de feu; le bleu, le vert, le jaune, le rouge, le blanc se jouent dans les rayons palpitants de l'aurore. Mais ce brillant spectacle dure peu d'instants. La couronne cesse d'abord de lancer des jets lumineux , puis s'affaiblit peu à peu : une lueur diffuse remplit le ciel ; ça et là, quelques plaques lumineuses, semblables à de légers

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nuages, s'étendent et se resserrent avec une incroyable activité, comme un cœur qui palpite. Bientôt elles pâlissent à leur tour; tout se confond et s'efface; Taurore semble être à son agonie. Les étoiles que sa lumière avait obscurcies, brillent d'un nouvel éclat, et la longue nuit polaire, sombre et profonde, règne de nouveau en souveraine sur les solitudes glacées de la terre et de l'Océan. »

Bravais, en discutant les formes d'un grand nombre d'arcs choisis parmi les plus réguliers, et simultanément observés par deux observateurs, l'un placé à Bossekop, l'autre à Jupvig distant de 1 5 kilomètres de la première station, a fait voir que tous peuvent être considérés comme les perspectives d'anneaux circulaires ayant leur centre sur le rayon de la Terre dirigé vers le pôle magnétique , et leur plan perpendiculaire à ce rayon. 11 en a conclu en outre que la hauteur des anneaux au-dessus de la surface du sol est comprise entre 100 et 200 kilomètres, de sorte que ces météores se ferment dans la région où Ton place les limites extrêmes de l'atmosphère.

L'éclat des plus brillantes aurores est considérable. Bravais pouvait lire à cette lumière une page imprimée on petit texte, presqu'aussi aisément qu'à la lumière de la pleine lune. Les aurores sont donc, pour les rares habitants des régions glacées voisines des pôles, un phénomène bienfaisant, une distraction dans les longues nuits de toute une moitié de l'année; elles contribuent avec les clartés de la lune et du crépuscule, à en détruire la tristesse et la monotonie.

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