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LE TONNERRE

les cas , la détonation est accompagnée d'un roulement prolongé. La cause de cette persistance du bruit de la décharge est due probablement à deux causes. D'abord, on a constaté que les éclaii*s ont souvent plusieurs kilomètres de longueur. Les deux extrémités peuvent être plus voisines l'une que l'autre de la personne qui écoule ; et, bien que le son soit produit au même instant sur toute l'étendue de l'éclair, comme il met une seconde pour parcourir 340 mètres, c'est près de neuf à dix secondes pour une distance de 10 kilomètres. De plus, le bruit se répercute sur les nuages et sur le sol, donnant lieu à des échos plus ou moins prolongés. La forme des éclairs en zigzag explique bien aussi comment il se fait que le roulement du tonnerre ne s'affaiblit pas d'une manière continue , et que, pendant sa durée, on l'entend redoubler de force a plusieurs reprises.

Les efi'ets des coups de foudre ont une parfaite analogie avec ceux que nous avons vus produits par les décharges électriques, dans les machines et les batteries. Seulement, ils sont infiniment plus intenses, comme on peut le prévoir d'après la grandeur prodigieuse de l'échelle sur laquelle opère la nature. Ou les a vus renverser, transporter à distance des masses considérables, des murailles, des blocs de rocher, fondre et' volatiliser les métaux, percer des trous dans le sable , qui se trouve alors vitrifié tout autour et forme une sorte de tube connu sous le nom àa fulgurite. Ce dernier et singulier phénomène a été reproduit à Taide de la grande batterie du Conservatoire des Arts et Métiers, et Ion a obtenu des tubes semblables aux fulgurites, eu faisant passer une décharge à travers une couche formée de sable mêlé de sel.

Nous avons dit plus haut que la foudre renverse quelquefois les pôles des aiguilles dans les boussoles, ou les désaimante complètement : d'autres fois, elle produit un phénomène inverse et aimante les pièces d'acier qu'elle frappe. Ses effets physiologiques ne sont pas moins curieux : malheureusement ils sont souvent terribles. Les hommes et les animaux frappés

de la foudre sont souvent tués sur le coup. Il est vrai qu'on cite deux ou trois exemples, où la commotion produite par elle a guéri des personnes atteintes de paralysie et de rhumatisme. Les nuages orageux, en passant au-dessus des objets situés sur le sol, les électrisent par influence. Telle est la cause des aigrettes lumineuses qu'on voit quelquefois au sommet des pointes des édiflces, des mâts et des vergues des navires. Ces lueurs que les anciens regardaient comme des présages, et que les marins nomment aujourd'hui iefeu Saint- Elmey s'expliquent tout naturellement par la tension électrique considérable que prennent les conducteurs, terminés en pointe.

Nous avons déjà dit un mot du magnifique phénomène connu sous le nom d'aurore polaire , et qui se montre avec toute sa beauté dans les régions boréales et australes de notre globe. Il n'est pas douteux aujourd'hui qu'il y ait une relation entre ce phénomène lumineux et le magnétisme terrestre , c'est-à-dire entre la production de l'aurore boréale et les variations des courants électriques qui sillonnent la Terre. Arago a établi par des observations précises, la coïncidence de certaines perturbations de l'aiguille aimantée avec la production du météore. Ces agitations commencent plusieurs heures avant l'apparition de la lumière et elles sont de plus en plus intenses pendant toute sa durée. Une magnifique expérience de M. de la Rive a mis d'ailleurs hors de doute la nature électrique ou magnétique des aurores.

Les aurores boréales sont visibles jusque dans nos climats ; mais elles y sont rares et de courte durée, ce Dans le Nord, dit M. Charles Martins, le phénomène se montre avec un éclat et une magnificence tels, que rien ne saurait lui être comparé. Brillant et varié comme celui d'un feu d'artifice, ce spectacle change à chaque instant. Le peintre n'a pas le temps de saisir les formes et les teintes de ces lueurs fugitives ; le poëte doit renoncer à les décrire. Jamais une aurore boréale ne

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