PROPRIÉTÉS DES CORPS A L'ÉTAT LIQUIDE
n'a par elle-même aucune forme défiole : elle prend, des au'elle est en équilibre, la forme du vase ou du bassin naturel qui la contient et dont les parois Tempêchent de se mouvoir sous l'action de la pesanteur.
Ce n'est pas à dire pour cela que la cohésion soit tout à fait nulle. En effet, quand une masse liquide est en mouvement, ses molécules changent de place, mais ne sont point isolées, séparées, comme dans une masse pulvérulente: les distances des molécules ne changent pas, et si la forme se modifie, le volume reste invariable. Quand on applique un disque solide à la surface d'un liquide qui le mouille (fig. 32), il faut un certain effort pour les séparer, et la couche liquide que le disque emporte avec lui montre bien que cet effort a été nécessité par la force qui unissait entre elles les molécules liquides. Il en serait de même, si Ton trempait une baguette dans un liquide susceptible de mouiller la substance dont la baguette est formée. En la retirant, on verrait qu'une goutte liquide reste suspendue à son extrémité. Enfin la forme sphérique que présentent les gouttelettes de rosée déposées sur les feuilles, ou de petites gouttes de mercure répandues sur une surface solide ^fig.
33 et 34), ne s'explique que par
la prépondérance de la cohésion moléculaire 5iur la pf?«ari* teur, qui tendrait sans cela à étaler les j>etites ma<^v;s liquides dont nous parlons sur les surfaces qui les soutiennent. Toutefois, la cohésion est très-faible, comme le prouvent la mo-
bililé des molécules et la facilité avec laquelle cette cohésion est vaiDCue : uue masse d'eau projetée d'une certaine liaijteur tombe sur le sol sous une forme pulvérulente due, comme nous l'avons déjà dit, à la résistance de Tair.
Du reste, il y a une grande différence, sous ce rapport, entre les divers liquides* Les uns sont visqueux, et leurs mo-
Fîg. 34* — Cohésioa des moléculej) liquides; gouttelettes de mercure.
lécules ne se déplacent qu'avec lenteur, mettant un certain temps à prendre la forme des vases qui les renferment : telles sont les résines, tel est le soufre à certaines températures. Les corps mous forment ainsi, comme une transition entre les solides et les liquides*. D*autres corps, les éthers, les alcools, possèdent un très-haut degré de liquidité, et même, passent avec la plus grande facilité à Félat de vapeur. Enfin, il en est un certain nombre, comme l'eau, dont le degré de liquidité est moyen entre ces deux extrêmes. Nous verrons plus loin que la chaleur ou la pression ont sur ces divers états une influence très-importante.
Quoi qu'il en soit de ces différences, les phénomènes que nous allons passer en revue se manifestent dans tous les corps liquides, à des degrés qui varient avec leur liquidité plus ou moins parfaite.
H . La cohésion des molécules qui forment les corpf^ solides peut être vaincue par une pression suffisanle. Des expériences d*un grand intt^rèt, dues à M, Tresca, ont mis en évidence ce fail^ en apparence paradoxal que les solides les plus durs, les plus denses peuvent, sans changer d'éiat^ s'écouler à la manière des liquides quand ou les soumet à rie Irès-fortes pressions.
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