LES POMPES. — LE SIPHON
arrÎTer ? Cest que l'espace vide d*air, que le piston laisse audessous de lui dans sa marche ascendante^ se remplira dVau, d*abord jusqu'à ce que le niveau de IVau soit le même dans le cylindre que dans le réservoir, ce qui aurait lieu en vertu du principe d'équilibre des liquides dans les vases communiquants, quand bleu mtînie il y aurait de Fair sous le piston. Mais Teau monte encore audessus de ce niveau, en suivaut instantanément le piston dont elle tanche sans cesse la section inférieure ; et il est aisé de comprendre que sou mouvement est dû à la pression que Tair extérieur exerce sur la surface liquide du réservoir.
Supposons que le cylindre ait plus de 10 m. 33 d'élévation et que le résen'oir contienne uue quantité d'eau suffisante : la colonne liquide augmentera de hauteur, jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 m. 33 environ. A ce moment, son poids lit équilibre à la pression de Tatmosphère : si le pistou continue à monter* Veau s'arrêtera. C'est précisément la l'obstacle que rencoutrèrent les fontainiers de Florence , et qui fit croire aux physiciens de la cour du grand-duc que la nature cessait d'avoir horreur du vide au delà de 32 pieds.
Telle est, dans son principe, la pompe à laquelle on donne le nom de pompe aspirante^ parce que le piston semble aspirer le liquide, à mesiue qu il monte. Voici maintenant comment est généralement disposé Tappareil pour remplir Vobjel auquel on le destine, c'est-à-dire pour déverser l'eau une fois qu'elle est élevée à une certaine hauteur au-dessus du niveau du réservoir.
F.e cylindre, ou corps de pompe ^ est muni d'un tuyau cylindrique d*un plus petit diamètre, dont Textrémité inférieure
Fig, 74. — Principe de la pompe aspirante.
il4 LIVRE I. — LA PESANTEUR.
plonge dans le réservoir. A l'orifice de séparation est adaptée une soupape qui s'ouvre de bas en haut. Le piston est luimême traversé par une ou plusieurs ouvertures, munies de soupapes dont le jeu a lieu dans le même sens que la première (fîg. 75). On comprendra maintenant ce qui doit se passer lorsqu'on donne au piston un mouvement alternatif dans le corps de pompe. A sa première ascension, le vide se fait au-dessous de lui. L'air du tuyau d'aspiration soulève la soupape par sa pression, et l'eau monte à une certaine hauteur. Quand le piston redescend, l'air qui s'est introduit dans le corps de pompe est comprimé : d'une part, sa pression ferme la soupape inférieure, de l'autre, elle soulève les soupapes du piston et le gaz s'échappe au dehors. A chaque mouvement semblable, l'eau s'élève de plus en plus, et finit par venir en contact avec la paroi inférieure du piston et par passer au-dessus de sa face supérieure. La pompe est amorcée. Il est facile de voir aloi's comment Teau doit s'écouler au dehors par un orifice latéral pratiqué à la partie supérieure du corps de pompe. D'ailleurs, une fois la pompe amorcée, quand le piston monte, le vide se fait au-dessous de lui, et Teau ne cesse de presser contre sa face inférieure. La soupape du tuyau d'aspiration reste constamment ouverte, et Tascensiou de Teau est déterminée par le mouvement de bas en haut du piston.
Les efforts nécessaires pour élever ou abaisser le piston quand la pompe est amorcée, sont faciles à évaluer. Si le piston descend, ses propres soupapes sont ouvertes ; les pressions transmises à ses deux faces par le liquide sont
Fig. 76. — Pompe aspirante.