LA MACHINE PNEUMATIQUE
duquel on peut, à laide d*un conduit spécial, ne laisser le récipient communiquer qu'avec un seul corps de pompe. L'air qu'il contient encore est refoulé par un autre conduit sous le piston du second corps de pompe, et là, grâce à Taccroissement de pression qui résulte de ce refoulement, il finit par soulever la soupape. Le degré de vide est ainsi reculé à une limite telle^ que la pression de Tair qui reste encore dans le récipient est à peine appréciable au manomèti^e.
La machine pneumatique de M. Bianchi n'a qu'un seul corps de pompe. Mais le piston divise le cylindre en deux compartiments qui alternativement reçoivent et expulsent l'air : c'est, à proprement parler, une pompe à double effet. La figure 85 fera comprendre la manière dont cette pompe foDctionne. Une même tige supporte les deux soupapes coniques mobiles qui se ferment ou s'ouvrent alterna tivement d'après le jeu du piston, ou vrant ou fermant ainsi la communication de chaque compartiment avec le récipient. L'air du compartiment inférieur, comprimé quand le pistou s'abaisse, soulève une soupape maintenue par un ressort à boudins sur
Torifice d'un conduit ménagé dans la tige du pistou: il sechappe au dehors par ce conduit. L'air du conipartinient supérieur s'échappe par une soupape du même genre adaptée au couvercle du corps de pompe. Un système d'engrenage est niisen mouvement par une manivelle ; et comme le rorps de pompe a la liberté d'osciller dans un plan vertical, le mouvement alternatif du piston se trouve commandé par un mouvement continu de rotation, dont la vitesse est réglée par un volant très-pesant (fig. 80). Cette machine permet de faire
Fig. 8i. — Machîue pneumalique de Bianchi; vue extérieure du corps de pcmpe.
rapidement le vide dans des récipients dont la capacité s'accroît avec les dimensions du corps de pompe \
Nous avons eu déjà plusieurs fois l'occasion de décrire des expériences curieuses faites à l'aide de la machine pneumatique : par la suite, nous en verrons d'autres, relatives aux phénomènes de chaleur, de son, d'électricité. Nous nous contenterons donc d'en indiquer encore quelques-unes qui concernent les phénomènes de pesanteur.
Par exemple, on constate que l'eau contient ordinairement en dissohition de l'air que maintient la pression atmosphérique. Dans le récipient, on voit les bulles d'air attachées aux parois grossir à mesure que la pression diminue, et monter à la surface de l'eau. La fumée qui, dans Tatmosphère, s'élève au-dessus des couches inférieures, tombe dans le vide comme une masse pesante. Ce phénomène montre que le principe d'Archimède est vrai pour les gaz, comme pour les liquides, ainsi que le témoigne une autre expérience qu'on exécute avec un petit appareil, appelé baroscopCy dont Otto de Guericke est l'inventeur.
Une balance supporte, à chacun de ses deux fléaux, deux boules métalliques, l'une creuse et à parois minces, l'autre pleine et d'un beaucoup plus petit volume : pesées dans l'air, ces deux boules se font exactement équilibre (fig. 87). Quand on porte l'appareil sous le récipient de la machine pneumatique, on voit l'équilibre se troubler dès que le vide se fait, et le fléau pencher du côté de la sphère la plus volumineuse. Cette sphère perdait donc dans l'air une certaine portion de sou poids, qu'on sait d'ailleurs être précisément égale au poids de l'air déplacé. Ceci nous prouve que, pour avoir le poids
l. Un habile constructeur, M. Deleuil, a fabriqué une machine pneumatique plus spécialement destinée aux usages industriels, dont le piston ne touche pas les parois du corps de pompe. La mince couche d air qui reste dans Tintervalle sert de garniture au piston, de sorte que la résistance due au frottement des pistons dans les corps de pompe ordinaires est annulée. M. Deleuil obtient, dans une cloche de 14 Utres, un degré de raréfaction mesuré par 3 millimètres seulement.