‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 60 sur 249 · PROPAGATION DU SON · texte numérisé non relu

PROPAGATION DU SON

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de propagatiou est près de quatre fois dans Ttij drogène ce qu'elle est dans Tair.

Les solides eux-mêmes trausmeUeiit le sou, mais dans une mesure ti'ès-variée et qui dépend de leur élasticité. Ainsi dans rexpérieuce précédente, alors môme que le vide est fait, si Ton approche Foreille, on entend un son très-faible, transmis à Tair environnant par le coussin et par le plateau de la machine. Ce qui démontre mieux encore le fait de cette transmission par les solides, c'est que le son du timbre n'est qu'aft'aihli, si Ton pose directement Tappareil sur la platine de verre qui^supporte la cloche.

L'eau, et eu général tous les liquides sont aussi des véhicules du son, et au point de vue de rintensité comme de la vitesse, de meilleurs véhicules que Tair, Un plongeur entend Sîïusl^eau les moindres bruits, par exemple ceux «juc font les cailloux en roulant et se choquant les nus les autres.

Il ne faut pas confondre les sons que nous percevons i>ar Tintermédiaire de Tair avec ceux que nous transmettent les solides, le sol par exemple ou tout autir corps élastique. Si roïi applique l'oreille à rextrémité d'une pièce de bois un peu longue, ou distingue fort bien le bruit que produit le frottemenl d'une épingle, d'un bout de plume à rextrémité oppo- : cependant une persouoe placée vers le milieu, mais Poreille loin de la poutre, n'entend rien. Le tic-tac d'une montre suspendue à rextrémité d'un long tube métallique, s entend distinetement à l'autre bout, sans que les personnes plus rapprochées de la montre perçoivent aucun son. Hassenfratz, « étant descendu dans une des carrières situées audessous de Paris, chargea quelqu'un de frapper avec un marteau eonti'c une masse de pierre qui forme le mur d'une des g^erîes souterraines. Pendant ce temps, il s'éloignait peu à pou du point où la percussion avait lieu, en appliquant une oreille c<>ntre la masse de pierre; bientôt, il distingua deux ions dont l'un était transrais par la pierre et Tautre |»ar Tair. Le premier arrivait à l'oreille beaucoup plus rapidement, h

mesure que l'observateur s'éloignait, en sorte qu'il cessa d'être entendu à la distance de cent trente-quatre pas, tandis que le son auquel l'air servait de véhicule ne s'éteignit qu'à la distance de quatre cents pas. » (Haûy.)

Des expériences analogues exécutées à l'aide de longues barres de bois ou de fer donnèrent le même résultat, quant à la supériorité de vitesse, mais un effet inverse relativement à l'intensité.

Humboldt, décrivant les bruits sourds qui accompagnent presque toujours les tremblements de terre, cite un fait qui prouve la facilité avec laquelle les corps solides transmettent le son à de grandes distances. « A Caracas, dit-il, dans les plaines de Calabozo et sur les bords du Rio-Apure, l'un des affluents de TOrénoque, c'est-à-dire sur une étendue de 130 000 kilomètres carrés, on entendit une efiFroyable détonation, sans éprouver des secousses, au moment où un torrent de laves sortait du volcan Sainte Vincent, situé dans les Antilles à une distance de 1200 kilomètres. C'est, par rapport à la distance, comme si une éruption du Vésuve se faisait entendre dans le nord de la France. Lors de la grande éruption du Cotopaxi, en 1744, on entendit des détonations souterraines à Honda, sur les bords du Magdalena : cependant, la distance de ces deux points est de 810 kilomètres, leur difiFérence de niveau est de 5500 mètres, et ils sont séparés par les masses colossales des montagnes du Quito, de Pasto et de Pbpayan, par des vallées et des ravins sans nombre. Évidemment, le son ne fut pas transmis par l'air; il se prolongea dans la terre à une grande profondeur. Le jour du tremblement de terre de la Nouvelle-Grenade, en février 1835, les mêmes phénomènes se reproduisirent à Popayan, à Bogota, à Santa Marta et dans le Caracas, où le bruit dura sept heures entières, sans secousses, à Haïti, à la Jamaïque et sur les bords du Nicaragua. »

En résumé, la transmission du son du corps sonore à l'oreille peut se faire par l'intermédiaire des corps solides,

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