III. PROPAGATION DC SON DAN< LES SOLIDES, LES LIOIIPES ET LES C.AZ
C'est d'abord un fait connu de tout le monde que le son met on temps appréciable à se propager du corps sonore à l'oi^ gane de Touie. Quand nous observons à distance une pei*sonne qui frappe un coup de marteau par exemple, notre œil voit le marteau tomber avant que l'oreille entende le bruit de la percussion. De même, la détonation d'un fusil, d'un canon, parvient à l'oreille après que la flanmic produite per l'explosion a brillé devant nous.
Je me rappelle avoir admiré sur les côtes de la Méditerranée le spectacle curieux d'un navire de guerre qui s'exor(;ait au tir du canon : je voyais la fumée des bordées d'artillerie, puis, sur les crêtes des vagues, les ricochets desbouU^ts allant se perdre dans la mer, bien avant d'entendre le tonnerre de la détonation.
Dans tous ces cas, l'intervalle compris entre la vue du phénomène et l'audition du son marque la ditlerence entre la vitesse de la lumière et celle du son lui-même; mais comme la vitesse de la lumière comparée à celle du son peut être considérée comme infinie, le même intervalle donne sans erreur sensible le temps que le son met à se propager d'un point à un
autre. Il est aussi bien établi par robservation journalière que l'intervalle dont il vient d'être question augmente avec la distance.
Ainsi le son se propage successivement, nous verrons bientôt avec quelle vitesse. Mais quel est le milieu qui sert de véhicule à ce mouvement? Est-ce le sol? Se communîque-t-il par l'intermédiaire des corps solides, des liquides, ou de l'air, ou encore par tous ces milieux à la fois? Voici une expérience qui répondra à ces questions.
Plaçons sous le récipient de la machine pneumatique un ^ mouvement d'horlogerie muni d'un
I timbre sonore, dont le marteau est
^L maintenu immobile par un enclique-
. f^-^ isig^y mais qu'une tige permet de ren-
dre libre à volonté (fig. 94). Avant de faire le vide, on entend très-bien le timbre résonner sous les coups du marteau. Mais à mesure que l'air se raréfie, le son diminue d'intensité; il disparait complètement, dès que le vide est fait, si d'ailleurs on a eu la précaution de placer l'appareil sur un coussin formé de liège, d'ouate,
Fig. 94. - Le son ne se propage ^^ ^j^ fféuéral d'uUC SubstaUCC mollc
pas dans le vide. ^
et peu ou point élastique. On voit alors le marteau frapper sur le timbre, mais on ne perçoit plus aucun bruit, aucun son. Si alors, à la place de Vair que contenait la cloche, on introduit un gaz quelconque, hydrogène, acide carbonique, oxygène, vapeur d'éther, etc., le son s'entend de nouveau.
Ainsi l'air et en général tous les gaz sont des véhicules du son. Mais ils ne possèdent pas tous cette propriété au même degré. Ainsi, d'après les expériences de Tyndall, la conductibilité du gaz hydrogène pour le son est beaucoup moindre que celle de l'air, à égalité dépression, et cependant la vitesse