APPAREILS MULTIPLES 36S
lettres romaines sur la bande du récepteur. Le télégramme n'a donc plus besoin d'être traduit ; il est immédiatement lisible.
En dépit de son origine anglaise, c'est surtout en France qu'il a obtenu le plus grand succès (1).
Il permet de transmettre 50 à 60 dépêches à l'heure.
Appareils multiples. — Lorsque le développement des communications télégraphiques n'avait pas encore atteint le degré d'intensité qu'il a eu depuis, on n'avait pas à se préoccuper de l'utilisation, à son maximum, de la capacité des lignes. Lorsque celles-ci ont été occupées à leur plein et qu'on a dû envisager la nécessité de poser de nouveaux fils pour satisfaire aux besoins croissants du public, on s'est demandé s'il n'y avait pas mieux à faire que de se résoudre à des installations coûteuses.
Ainsi est née la question des télégraphes multiples, basés sur cette considération que la transmission d'un télégramme n'utilise la ligne que pendant une fraction du temps pendant lequel elle l'occupe, et qu'il est possible d'utiliser les intervalles des émissions d'un télégramme pour en transmettre un ou plusieurs autres.
Il est clair qu'on y parviendra si, au poste de départ et au poste d'arrivée, on peut installer, par exemple, cinq appareils, mis successivement en communication avec la ligne à l'aide de deux frotteurs marchant synchroniquement sur des distributeurs à cinq touches
(1) En raison de l'accueil que son invention a trouvé dans notre pays, M. D.-E. Hughes, qui est mort à la fin de janvier 1900 (il était né à Londres le 16 mai 1831), a légué à l'Académie des sciences de Paris une somme de 100.000 francs, dont le revenu est destiné à récompenser, chaque année, l'auteur de la meilleure invention pratique dans le domaine de la Physique, de l'Électricité et du Magnétisme.
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reliés respectivement aux appareils transmetteurs et aux appareils récepteurs.
Cette disposition est réalisée dans l'appareil imaginé par M. Baudot. Il est trop complexe pour que nous en fassions la description ici.
Il permet d'expédier 165 lettres par minute.
Systèmes duplex et diplex. — Cor. systèmes de transmissions rapides, basés sur une autre considération que la division du temps, permettent d'envoyer simultanément soit deux dépêches de sens opposé (duplex), soit deux dépêches de même sens (diplex).
Le duplex a été imaginé en 1853 par Gintl. Le système consiste ii grouper le manipulateur et le récepteur de chaque station de façon à rendre le récepteur de la station A insensible au manipulateur de la même station et seulement sensible à celui de la station B.
Même disposition pour cette dernière. Les manipulateurs de A et de B peuvent alors fonctionner simultanément sans que leurs récepteurs respectifs soient influencés. Le récepteur de B obéit seulement au manipulateur de A, et réciproquement.
Le diplex a été imaginé par Edison.
Il consiste à employer, au poste A, deux transmetteurs reliés par la ligne à deux relais placés au poste B et reliés en série. Les électro-aimants de ces relais sont calculés pour ne faire fonctionner leurs armatures, le premier que sous un faible courant, le second sous un courant plus intense.
A l'aide de certaines dispositions des manipulateurs on arrive à rendre leurs effets indépendants.
Quadruplex, — On peut combiner le diplex et le duplex de façon à envoyer deux dépêches dans chaque sens. Le système est dit alors quadruplex.
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Rendement des divers télégraphes. — A Taide des systèmes que nous venons d'énumérer succinctement on est arrivé à augmenter considérablement le débit des lignes.
D'après M. E. Gérard, si on représente par 1 le débit du télégraphe Morse, celui du Hughes est représenté par 2,4 ; cehii du Wheatstone par 3, G ; celui du Baudot a 4 claviers par 6,6; celui du Baudot à 6 claviers par 9,6.
Télégraphie sans ûls, — Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans parler d'un nouveau mode de télégraphie qui présente une particularité extraordinaire, c'est que tout en étant un télégraphe électrique, il n'a besoin, entre deux postes, d'aucun lien matériel pour la transmission des signaux.
Dans ce système, l'agent transmetteur manipule son appareil de façon à traduire son télégramme en signes brefs et longs du code Morse. Le récepteur, qui peut être relié à plusieurs kilomètres de distance et qui n'est relié par rien avec le transmetteur, reçoit ces signaux et les enregistre sans le concours de personne, déroulant sa bande dès que l'onde électrique l'atteint, et l'arrêtant lorsque la transmission est terminée.
Le D' Henri Hertz, de Carlsrhue, a exécuté, en 1888, des expériences très intéressantes et d'une portée philosophique considérable parce qu'elles établissent l'analogie, entrevue par Faraday et déjà affirmée par Maxwell, en 1865, entre les ondes électriques et les ondes lumineuses.
L'appareil avec lequel Hertz a fait ces expériences comprend un inducteur y bobine d'induction puissante qui produit des décharges périodiques jaillissant entre deux sphères métalliques qui forment Voscillateur,
Ces oscillations électriques rapides ont des périodes
très courtes dont le nombre peut être évalué à 50.000 millions par seconde. Les vibrations lumineuses sont au nombre de 500 trillions par seconde.
C'est avec ce système que Hertz a reconnu que les ondes électriques jouissent des propriétés des ondes lumineuses, se refléchissant, se réfractant, s'interférant, comme elles.
Quant à leur propagation à distance, elle a été réalisée pour la première fois en 1895, par un savant russe, M. Popoff, puis par M. Marconi (1896).
Un professeur français, M. Branly, a apporté un contingent précieux à ces études par l'emploi d'un tube à limaille, qui est un féçélateur extrêmement sensible, même à grande distance, des courants induits.
M. Branly a reconnu, en 1890, que les substances métalliques discontinues, telles que les limailles, libres ou incorporées dans un isolant, primitivement très mauvaises conductrices, le deviennent dès qu'elles sont frappées par l'onde électrique. Un choc fait disparaître cette conductibilité.
Ce tube de limaille, îippelé radiocond acteur ou vohèreur, est un révélateur incomparable dont la sensibilité se manifeste, non seulement à distance, mais même à travers les murs.
M. Popoff a fait usage du rarfforo/i(/«c7e//r Branly dans ses expériences. Le tube à limaille est accompagné d'un frappeur commandé par le relai qui produit les signaux intermittents du système Morse, de sorte que chaque onde reçue est suivie d'un choc ramenant le radioconducteur à sa résistance initiale.
Aînsiy le système télégraphique sans fil imaginé par M. Popoff comporte un oscillateur à étincelles servant de transmetteur. Les ondes arrivent au cohéreur, le rendent conducteur, ferment le circuit local du relai qui actionne le récepteur. Un frappeur autx)matique