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TÉLÉGRAPHIE SANS FILS

frappe sur le tube à limaille, qui est alors prêt à recevoir une onde nouvelle.

M. Ducretet a perfectionné et complété ce système et a rendu le récepteur automatique, ce qui rend la présence du télégraphiste inutile au poste de réception.

M. Popoff avait pu, dans ses premières expériences, franchir des distances de 1.500 mètres, puis de 5 kilomètres en mer. M. Marconi a pu atteindre 5, 16 et 23 kilomètres entre l'île de Wight et Bornemouth, avec des mâts de 25, 30 et 36 mètres de hauteur, le long desquels il place, suivant le dispositif recommandé par M. Popofi, un fil métallique isolé relié à une des électrodes du radioconducteur, l'autre électrode étant à la terre.

Ce système d'antennes augmente la sensibilité de l'appareil.

Depuis les premières expériences de M. PopoiT et de M. Marconi, de nombreux essais ont été faits à des distances croissantes avec des antennes de plus en plus élevées.

M. Ducretet a donné, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences (numéro du 7 novembre 1898), le résumé des expériences faites entre la Tour Eiffel et le Panthéon, dont la distance est de 4 kilomètres.

Le 31 mars 1899, la communication a été obtenue, avec un succès parfait, d'un bord à l'autre de la Manche (46 kilomètres), entre Douvres et Boulogne, avec des antennes de 37 mètres.

En juillet 1900, deux navires de guerre anglais échangèrent des signaux en pleine mer, à 112 kilomètres, avec des antennes de 53 mètres et 60 mètres.

Ces résultats sont plus satisfaisants que ceux qu'on a obtenus en pleine terre. On a amélioré ces derniers en se servant d'antennes très élevées soutenues en l'air par des cerfs-volants ou des ballons.

Ces expériences et un grand nombre d'autres, que nous sommes obligé de passer sous silence, ont permis de mettre en lumière un certain nombre de faits. Les voici :

Pour opérer dans les conditions les plus favorables, il faut que les antennes des deux postes soient égales et parallèles.

La hauteur des antennes, H, doit croître avec la distance D, à franchir, suivant la formule :

a étant un coefficient variable avec le matériel employé.

Ainsi, pour des communications dans la banlieue de Paris, il a fallu des antennes de 12 mètres pour 3 kilomètres de distance, des antennes de 18 mètres pour 9 kilomètres 1/2, des antennes de 24 mètres pour 13 kilomètres 1/2; ce qui vérifie sensiblement la formule.

Les communications sont à peu près les mêmes par le brouillard, la pluie, le vent. Elles sont facilitées par l'humidité du sol et meilleures lorsque les points à relier sont séparés par la mer, que lorsqu'ils sont dans l'intérieur des terres. Dans ce cas, il faut des antennes plus élevées.

Il ne faut certainement pas conclure de faits que nous venons de citer que la télégraphie hertzienne sans fil est appelée à remplacer la télégraphie ordinaire et la télégraphie optique.

Mais, pour être plus modeste, son rôle peut avoir une très grande importance, et l'on peut déjà induire des expériences acquises, qu'elle rendra de grands services pour l'échange des signaux, sans lien matériel, et par tous les temps, entre les forts, les phares^

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