‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 137 sur 209 · TENTATIVES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

TENTATIVES FRANÇAISES

On peut regretter, pour la sécurité de la France et de ses colonies, que cette entreprise ait été si tardivement commencée. Mais elle l'est, et s'il est vrai qu'il n'y a que •le premier pas qui coûte, on peut fonder de légitimes espérances sur ceux qui suivront. .. . .!.;../

: -Tues 'événements se sont d'ailleurs chargés d'apporter avec eux des arguments auxquels il est impossible de rester indifférent, des avertissements auxquels il est impossible de rester sourd? --- . ^ .. .^.

Notre politique extérieure, longtemps « hypnotisée sur la trouée des Vosges », selon une expression célèbre, doit maintenant étendre le champ de ses préoccupations et faire tout ce qui est nécessaire pour protéger et défendre l'empire colonial qu'elle a si laborieusement conquis. . , ... 1

• Sous la pression des faits accomplis, le gouvernement français a compris son' devoir et a présenté (il y a déjà près d'un an) un projet relatif à la création d'un ensemble de nouvelles lignes de télégraphié sous-marine.

La commission de la Chambre, qui a été chargée' de son, examen, s'est arrêtée, après quelques' modifications au réseau initialement projeté, à uii' programme' compre-

- Un cable direct de'Brest h Dakar. (Sjén^gal); '^;/'* * ' '''^''' : - Un cViblé de Kotonou à Libreville pour compléter le réseau occidental, africain ;' 5 c ^ —

Un cable entre Hué et'Amôï;' v.o lix'J":' tlî ^,.yj^\

Un câble de la Réunion à Tamatâve, en 'attendant que Madagascar soit reliée à la France. *> c..*; £.;...-> ,... 1;J-.*

Les communications avec l'Indo-Ghinesont obtenues par l'utilisation dû réseau terrestre russe et celui' du câble de la Compagnie dt^noisé'des Télégraphes dû Nord, qui aboutit à Amoï. . . . .' . . . - J f

Puisse la réalisation de ce premier projet né pas être trop retardée ! .... ......!..

Matériel de la télégraphie sous-marine, — L'élément principal de la télégraphie sous-marine est le conducteur destiné à relier les deux postes. Sa fabrication, aussi bien que sa pose, comportent une série d'opérations qui nécessitent les soins les plus minutieux, car les frais considérables qu'entraîne l'établissement d'un cable peuvent être stérilisés par la moindre négligence.

Etude des fonds, — La constitution d'un câble dépend beaucoup de la nature et de la profondeur du sol sous-marin sur lequel il doit être déroulé. Une étude attentive de ce sol doit précéder tout autre travail.

Depuis l'essor des entreprises de télégraphie sousmarine, l'Amirauté anglaise a fait exécuter de nombreuses campagnes de sondages, et considérablement développé ces études, jusqu'alors i\ peu près localisées aux abords des ports, aux côtes et à l'embouchure des fleuves.

Aujourd'hui, certaines mers, comme la Méditerranée, ont été explorées et sont complètement connues dans leurs profondeurs ; l'Atlantique l'est suffisamment, au moins dans la partie qui sépare les Etats-Unis de l'Europe. Cette partie présente, d'après Huxley, des fonds réguliers, s'é tendant sur une largeur de 400 lieues à une profondeur moyenne de 4.000 à 5.000 mètres, et auxquels on arrive, de chaque côté, par des pentes douces. Ce plateau est éminemment propre à l'établissement des câbles, qui y reposent à Tabri de toute action nuisible, dans une couche de vase farineuse provenant de coquillages microscopiques.

Les grands fonds du Pacifique sont moins accessibles. Au voisinage du Japon, ils présentent une dépression, dite du Tuscarora, où la sonde est descendue à 8.000 mètres. Cette circonstance, jointe à l'éloignement des côtes et à l'absence de tout point d'atterrissemenl

intermédiaire, sera un obstacle sérieux à vaincre pour la traversée de cet immense océan entre les Etats-Unis et l'Asie.

Constitution et fabrication des câbles. — La spécification des câbles dépend à la fois du service auquel ils sont destinés et des conditions spéciales dans lesquelles ils se trouveront au fond de la mer. Mais elle se résume, en définitive, en un ou plusieurs conducteurs de cuivre, formés chacun d'un fil ou d'une cordelette, isolés par une gaîne de gutta-percha (1). Ces conducteurs isolés, dont chacun constitue une ligne distincte, sont juxtaposés et forment ce qu'on appelle rùme du cable. Cette âme est entourée d'une enveloppe en chanvre qui la protège et sur laquelle s'applique une torsade de fils d'acier composant l'armature.

Le tout est environné d'une spirale de toile goudronnée. (Voir les figures précédentes.)

Suivant la profondeur, on fait varier l'armature. Dans

(1) La rareté croissante de la gutta-percha et l'augmeotation de son prix, qui en est la conséquence, ne sont pas sans causer de graves inquiétudes aux constructeurs de cables sous-marins.

Cette matière est, en effet, indispensable pour leur isolement et, jusqu'à présent, on ne voit pas par quoi on pourrait la remplacer. Aussi, depuis un certain nombre d'années, cherche-t-on, dans le monde entier, une plante produisant la gutla, pouvant s'acclimater dans nos colonies, mieux que ne le fait Tarbre à gutta de Java.

M. Jean Dybowski croit avo.r trouvé cette plante dans un arbuste originaire du nord de la Chine et qui s'appelle l'Eucomia.

Il parait qu'il est facilement acclimatable dans les zones tempérées et qu'il fournit, aussi bien par ses fruits que par ses feuilles et ses rameaux, une matière excellente.

L'Eucomia a été étudiée à Londres en 1892 et il semblerait que nos voisins n'aient pas su reconnaître ses qualités.

Le Jardin colonial de Vincennes paraît avoir été plus avisé. Il faut souhaiter que ses prévisions se réalisent' complètement, car sans gulta-pcrcha, l'avenir de la télégraphie sous-marine serait sérieusement compromis.

le voisinage des côtes et dans les bas-fonds, où les cables sont exposés à être dragués par les ancres des navires, cette armature est renforcée. Elle est plus faible dans les grands fonds.

Pose des câbles. — Lorsqu'on a déterminé la spécification d'un câble, on le fabrique en une longueur supérieure à celle des points à réunir, pour tenir compte du mou et permettre ii la ligne d'épouser les sinuosités des fonds.

On arrive à cette longueur totale par une série d'opérations. On fabrique d'abord l'ame, c'est-k-dire l'ensemble des conducteurs de cuivre et de leurs isolants, par longueurs" de 2.500 mètres environ. La Compagnie française des: cables /télégraphiques fait exécuter ;ces âmes par la Société industrielle des téléphones, î\ son usine de* Bezons. De là, les âmes sont expédiées à Calais, où elles * sont soudées les unes* "au^. autres, recouvertes de leur armature protectrice et* finaleitTont enroulées dans les cuves enfer du navire de pose. Les câbles des cuves sont enfin réunis entre eux de façon à lormer, en un tout continu, la longueur de cables. nue Je navire 'posera dans' sa 'campagne . i^r^ us^ s:,^^:',: 7jwi e'ir - •

Les câbles ne" sont emma^msiiiés ''daiis 'les cuvés du bord qu après avoir, ete soumis a des épreuves extrêmement sévères qui portent,* séparément et successivenient, suï' chacun des 'éléments' qui les composent, puis sur leur ensemble. •..• . . T • • • . -T / " **

Les navires destinés à la pose des câbles sont aménagés'd'une façon toute '^spéêialê, en' usine' et laboratoire ambulants. Outre les cuvesj dans lésciuellés lé câT3le est enroulé dans l'eau, ils comportent un "outillage qui permet d'extraire le câble' de la cuve, de le dérouler et de le laisser filer dans la mer, avec une grande récrularite de mouvements et d'efforts assurée par des apjuu'eils

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