ELIS HA G RAY ET GRAHAM BELL
« A moins d'être sourd et muet, qui que ce soit pourrait se servir de ce mode de transmission, qui n'exigerait aucune espèce d'appareils. Une pile électrique, deux plaques vibrantes et un fil métallique suffiraient. Dans une multitude de cas, dans dévastes établissements, par exemple, on pourrait, par ce moyen, transmettre à distance tel ou tel avis, tandis qu'on renoncera a opérer cette transmission par l'électricité, dès lors qu'il faudra procéder lettre par lettre et à l'aide de télégraphes exigeant un apprentissage et de l'habitude.
« Quoi qu'il arrive, il est certain que, dans un avenir plus ou moins éloigné, la parole sera transmise à distance. J'ai commencé des expériences à cet égard; elles sont délicates et exigent du temps et de la patience, mais les approximations obtenues font entrevoir un résultat favorable. »
Ces paroles prophétiques devaient avoir une confirmation éclatante vingt ans après seulement, et Bourseul, mort, ne pouvait jouir du triomphe de ses prévisions.
Elisba Oray et Orabam Bell, — Malgré l'intérêt
du problème, les années s'écoulèrent, sans que les idées de Bourseul, considérées comme chimériques, et que leur auteur, disparu, ne pouvait plus défendre, donnassent lieu à des travaux décisifs.
En 1874, seulement, M. Elisha Gray, de Chicago, inventa un téléphone musical et entrevit la possibilité de créer un téléphone parlant. Il perfectionna son appareil et déposa, le 14 février 1876, une demande de protection provisoire au bureau des brevets de Washington.
Par une singulière coïncidence, le même jour, M. Graham Bell déposait, au même office de brevets, la demande d'une patente se rattachant au même sujet.
Un vice de forme entraîna la déchéance du brevet
provisoire ou caveat d'Elislia Gray, do sorte que la priorité de l'invention est i'estée a Grabam Boll, bien que, dit Du Monccl (1), sa description relative à la parole articulée fût très vague, alors que celle d'Elisha Gray était complète et accompagnée de nombreux dessins. Quoi qu'il en soit, Grabam Bell continua ses espé-
qui
t couro
nnées d'un succès coi
iplet et
eurent, dès qu'elle
furent
connues en Europe
un im-
mense retentissement.
Elles lui valurent le prix Volta de 50.000 francs décerné par l'Académie des Sciences et, il cette époque, accordé seulement une fois, vingt ans avant, à RubnikorfT pour son invention de la bobine d'induction.
r,e téléphone Bell, que sir William Thomson a qualifié de i( merveille des merveilles », consiste en un barreau aimanté >'S,
Fig. 190. - Téléphone Bdl. do^ !■„„ J^s pùle.S coiffê
d'une bobine E, se trouve en face et presque en contact d'une plaque en fer très mince M qui vibre sous l'action de la voix (fig. 190). Les extrémités du fil de la bobine se relient ii un double conducteur a, b, qui se rend au récepteur, identique iiu transmetteur. Sous l'influence des vibrations que lui imprime la parole, la plaque vibre devant l'aimant et, par les modifications qu'elle détermine dans son état magnétique, engendre dans la bobine un courant d'in-
(I) Le téléphone, par le comte Du Moucel.