‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 20 sur 209 · MACHINE DU MUSÉE TEYLER · texte numérisé non relu

MACHINE DU MUSÉE TEYLER

grandes étincelles, puis^ tout d'un coup, le savant étant passé plus près du conducteur, il vit un éclair bleuâtre, en forme de boule, en jaillir et frapper Richmann au front, tandis qu'il était lui-même jeté sur le sol au milieu de nombreux débiûs.

Richmann avait été tué sur le coup. Il avait été profondément brûlé au front et à la poitrine. Un de ses souliers était percé d'une large ouverture, comme si la foudre l'avait entièrement traversé du front à la plante des pieds.

Machine du Musée Teyler, — Concurremment avec ces travaux qui ouvraient des voies nouvelles aux recherches des physiciens, d'autres études, d'un ordre théorique moins élevé, étaient entreprises pour perfectionner les machines électriques, augmenter leurs effets et vérifier dans une mesure plus étendue les phénomènes déjà observés.

En 1778, un Hollandais, Pierre Teyler van der Ilulst, légua en mourant, à Haarlem, sa ville natale, des collections importantes d'histoire naturelle et sa bibliothèque, avec une dotation importante, à charge par elle de créer une société de théologie et une académie, dont l'objet serait les études de physique, d'histoire, de littérature, de beaux-arts et d'archéologie.

Cette société prit le nom de musée Teyler. Le soin d'organiser la section de physique fut dévolu a van Marum, qui se préoccupa immédiatement de la construction d'une machine électrique capable de produire des effets très supérieurs à ceux qu'on avait obtenus jusqu'alors.

Cette machine fut construite à Amsterdam, par Cuthberson, et terminée en 1784. Sa partie essentielle (fig. 9) était formée de deux plateaux de glace ayant l'",60 de diamètre, distants de 18 centimètres et montés sur un

i porté par des coIonQes de verre. Ces plateaux étaient de provenance française. Une manivelle, mue par^deux ou quatre hommes, les mettait en mouvement et déterminait leur frottement sur un ensemble de huit coussins recouverts de taffetas ciré.

La machine, haute de 2", 50, était portée sur une table isolée par des pieds de verre.

Le conducteur d'électricité était formé d'un ensemble de tubes de cuivre de 10 centimètres de diamètre dont les

Fig. 9. — Machine Van Horum, du musfc Tcj'ler.

extrémités, courbées à angle droit entre les deux plateaux, portaient une série de pointes métalliques.

La sphère terminant le conducteur était prolongée par une petite bdule de laquelle l'électricité passait à un second conducteur long de 55 centimètres, formé d'un tube de 20 centimètres de diamètre terminé par deux boules de 30 centimètres.

Cette machine avait un pouvoir électrique considérable, tel qu'une personne, placée à 2 mètres, éprouvait sur la figure et les mains, dès qu'elle était mise en mouvement, une sensation comparable au frottement d'une toile d'araignée.

S 'approchait- elle davantage et se plaçait-elle entre les

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