DIVERSES EXPÉRIENCES
cher le curé qui se livra à des expériences et, devant une foule rapidement amassée, tira des étincelles de l'appareil.
L'Académie des sciences reçut, quelques jours après, avec la plus vive curiosité, le récit de ce qui s'était passé.
Une semaine plus tard, c'était le tour de Delor Le lendemain, le château de Montbard était visité par la foudre.
Vivement intéressé par ce qu'on lui avait rapporté de ces faits intéressants, le roi désira qu'ils fussent reproduits devant lui. Une installation fut faite par Delor dans la propriété du duc d'Ayen, à Saint-Germain, et permit la constatation de ces phénomènes avec lesquels nous sommes familiarisés aujourd'hui, mais qui,^tout nouveaux alors, excitaient une curiosité extraordinaire.
Autres expériences, — Cette curiosité s'accrut lorsque Lemonnier démontra que l'électricité existait dans l'air, même par un temps serein, plus encore, lorsque Romas, à Nérac, eut l'idée [avant que Franklin n'eût, de son côté, fait la même expérience (1)] d'aller chercher l'électricité dans les nuages au moyen d'un cerfvolant.
On trouve J'écho de l'étonnement général qu'avaient produit ces découvertes dans le récit emphatique que Lacépède consacre à leur commentaire au commencement de son Essai sur l'Electricité naturelle et artificielle,
Après avoir peint le tableau d'un orage, il continue ainsi : « Au milieu de cette consternation universelle,
(1) Romas réclama vainement de Franklin la constatation de sa priorité. Son mémoire, Moyen de se garantir de la foudre dans les maisons, ne parut qu'après sa mort, en 1776.
le philosophe seul, Intrépide, ose aller enchaîner la foudre jusque dans le siège de son empire. Il s'avance seul, un frêle et léger instrument à la main. Les vents élèvent à la hauteur des nuages la faible machine qui va combattre la foudre. A peine a-t-êlle atteint la région de tonnerre que les éclairs l'environnent. Tout l'orage se ramasse et se concentre autour d'elle et à l'aide d'un léger conducteur, le philosophe, à qui la nature entière paraît obéir, le dompte et le dirige. Je le découvre à la clarté des éclairs , garanti , par le fruit de ses expériences et de ses veilles, du danger qui l'environne, conduisant pour ainsi dire, le nuage affreux qui recèle la mort et osant seul affronter l'orage, le maîtriser et observer la nature dans son spectacle le plus imposant. »
Expériences et mort de Ricbmann. — Le danger dont parle Lacépède n'était pas une illusion. Déjà plusieurs expérimentateurs, et entre autres le curé de Marlv, avaient reçu des commotions violentes et des meurtrissures autrement graves que celles qui terrorisaient les savants de Levde. Ses travaux sur l'électricité coûtèrent la vie à Richmann, membre de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg.
Il avait installé sur le toit de sa maison une tige dont la base, soigneusement isolée, pénétrait jusque dans sa chambre.
Le G août 1753, tandis qu'il était en séance à l'Académie, il entendit le roulement lointain du tonnerre; rentrant immédiatement chez lui, il se mit en observation au pied de son appareil. En même temps, il faisait appeler un graveur, Solokoff, qui devait faire les planches de Touvrage qu'il préparait sur ce sujet et qu'il désirait rendre témoin de ses expériences. Au moment ou Solokoff arriva, l'orage s'était rapproché et atteignait sa plus grande intensité. Il aperçut Richmann qui tirait de