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LES PRÉCURSEURS DE GALVANI

comparer à un vaste champ, laissé en friche, plusieurs siècles, ensuite lentement défriché par différentes mains, puis cultivé par quelques mains habiles, enfin, ensemencé pèle-mèle par des mains maladroites.

(( Aussi, encore inculte en divers endroits, en d'autres, on voit pousser quelques belles plantes au milieu de mauvaises herbes.

« Malgré tant de travaux, on sait assez combien ce champ a encore besoin de culture. Elle demanderait un de ces esprits lumineux faits pour s'écarter des routes battues. »

Et Marat d'ajouter : « Heureux, trop heureux, si mes lecteurs trouvent que je n'ai pas eu tort de l'avoir entrepris. »

Ce tableau général, en somme assez exact, de l'état des connaissances électriques à la fin du xviii" siècle montre que le monde scientifique était en quelque sorte dans l'attente de l'événement imprévu qui allait changer la face des choses et orienter les recherches dans une voie plus féconde. Nous avons mi, à la fin d'un chapitre précédent, cette intuition manifestée par un savant d'une plus grande autorité scientifique que Marat et avec une modestie qui contraste avec la prétention, mal déguisée de celui-ci.

En effet les temps étaient proches.

Les précurseurs de Oalvani. — Les expériences de Leyde avaient déterminé dans le monde scientifique un vif sentiment de curiosité et d'étonnement.

Celles de Galvani et de Volta, à la fin du siècle, devaient avoir un retentissement plus grand encore et exercer une influence plus décisive sur l'avenir de l'électricité.

Dans son Histoire du GalvanismCy Sue aîné raconte que Galvani avait eu des précurseurs dans son pays

GALYANI ET VOLTA

e. Il rapporte le fait suivant, cité par le Journal clopédique de Bologne. Un étudiant en médecine, i un jour été mordu à la jambe par une souris, la , et la disséqua. En touchant, avec son scalpel, le intercostal de Tanimal, il éprouva une commotion vive qui lui engourdit la main. M. Vassalli, membre académie royale de Turin, qui en fut informé, se à des expériences, qui furent publiées en 1789, et le but était de démontrer que la nature possède des '/is de conserver et de retenir l'électricité dans cer- 8 parties du corps des animaux, afin de s'en servir ses besoins.

s idées sont la base des doctrines que Galvani fonda es expériences, que propagèrent ses disciples et, en culier, son neveu Aldini, et qui, plus tard, à la suite élèbres controverses avec son compatriote Volta, rent la place à la théorie si féconde des courants riques.

ilvani. — Sa de. — Galvani (Louis) était né le ptembre 1737, à Bologne. Ses dispositions natus le poussèrent vers la médecine. Après avoir couses grades, il se maria avec la (ille du professeur

s premiers travaux eurent pour objet des études itomie comparée, des recherches sur l'appareil urî- ; des oiseaux. Son existence ne fut pas heureuse, fut remplie par l'amertume de sa controverse scienle avec Volta et par le contraste des honneurs que ; ce dernier, alors que lui-même avait été successint privé de ses grades pour avoir constamment é de prêter le serment exigé par les décrets de la iblîque cisalpine. Il avait perdu tous ses proches à ite de maladies presque soudaines. Il s'éteignit luie le 14 frimaire an Vil, à l'âge de soixante ans,

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