FIN DE LA CARRIÈRE DE VOLT A
tration de Tesprit. Ses manières conservaient toujours quelques traces d'habitudes campagnardes contractées dans sa jeunesse. Bien des personnes se rappellent avoir vu Yolta à Paris entrer journellement chez des boulangers et manger ensuite dans la rue, en se promenant, les gros pains qu'il venait d'acheter, sans même se douter qu'on pourrait en faire la remarque. On me pardonnera, je l'espère, ces minutieuses particularités. Fontenelle n'a-t-il pas raconté que Newton avait une épaisse chevelure, qu'il ne se servit jamais de lunettes et qu'il ne perdit qu'une seule dent. D'aussi grands noms justifient et ennoblissent les plus petits détails. » La ville de Côme, reconnaissante à Yolta de la gloire qu'il a fait rejaillir sur sa patrie, lui a élevé une statue sur l'une de ses places publiques (fig. 12) (1).
(1) L'Italie a voulu fêter le centenaire de l'invention de la pile dans une exposition d'électricité qui a été ouverte dans la ville même où Volta fit ses mémorables expériences, à C6me.
Cette exposition, à peine inaugurée, a été la proie d'un terrible incendie, causé, dit-on, par l'électricité même (8 juillet 1899).
En quelques instants, le feu a tout consumé et mis à néant la plupart des souvenirs personnels de Yolta.
La collection de ses manuscrits et, entre autres, les originaux de ses mémoires sur la pile, sa lettre à Barletti (1777), relative à un système de télégraphie électrique, ses premiers appareils et divers objets lui ayant appartenu, toutes ces saintes reliques de la science ont été consumées par les flammes.